Art international ancien et moderne

Par sa taille, sa diversité et sa qualité, la collection d’art international du MBAM est unique au Québec et compte parmi les trois plus importantes au Canada. Elle sera réinstallée dans le nouveau Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, ce qui permettra de montrer ses forces et sa richesse autour des grands moments de la civilisation. Les œuvres de la donation Hornstein seront intégrées à la collection existante selon une articulation chronologico-thématique qui permettra de présenter les 600 œuvres d’art international sur quatre niveaux. Par ailleurs, la collection napoléonienne de Ben Weider, actuellement isolée, sera également intégrée au parcours de ce pavillon de manière fluide et cohérente.

Visitez la collection au pavillon Jean-Noël Desmarais

En savoir plus sur cette collection

Avec ses 1 430 peintures, sculptures, portraits en miniature, dessins et gravures, la collection est dotée de chefs-d’œuvre signés François Boucher, WilliamBouguereau, Pieter Bruegel le Jeune, Canaletto, Emanuel de Witte, le Greco, Henri Fantin-Latour, Thomas Gainsborough, Francisco Goya, Nicolas de Largillierre, Andrea Mantegna, Nicolas Poussin, Rembrandt, Gerard ter Borch, Giovanni Battista Tiepolo, James Tissot et Véronèse.

Grâce à ces artistes majeurs, la collection offre un aperçu des principaux styles et périodes de l’histoire de l’art entre le Moyen Âge et le milieu du XIXe siècle. Une des particularités de la collection demeure dans les 138 peintures hollandaises et flamandes du XVIIe siècle, faisant du MBAM un important dépositaire d’œuvres issues du riche contexte artistique de l’âge d’or flamand. En plus de raconter l’histoire de l’art, la collection reflète la grande générosité de nombreux éminents donateurs du Musée, en tête de liste desquels figurent Michal et Renata Hornstein.

Du Moyen Âge à la Renaissance

Le Moyen Âge, du Roman au Gothique

L’Église est le principal commanditaire de la production artistique, dont la première fonction est de rendre grâce à Dieu. Cette section rassemble divers objets religieux et décoratifs (vase sacré, chandelier, plats, coffrets, détrempes, plaques, fragments architecturaux et vitraux) pour la plupart anonymes et créés du XIIIe au XVIe siècle aussi bien en France, en Espagne, en Angleterre, en Italie qu’en Russie.

Du Gothique à la Renaissance

L’art gothique italien, représenté dans cette section par deux détrempes sur panneau ayant pour sujet La Vierge et l’Enfant réalisées par Giovanni del Biondo et Andrea di Bartolo, est le reflet fidèle d’une valorisation et d’une compréhension profonde de la sculpture classique. L’époque, qui coïncide avec l’émergence des universités, du commerce international, et donc de la bourgeoisie, vit également l’essor d’un art séculier et des premiers portraits modernes. Le Portrait d’homme (vers 1480) d’Hans Memling exposé dans cette section en est un digne représentant.

L’art de la Renaissance

Les origines du style qu’il est convenu d’appeler Renaissance remontent au début du XVe siècle à Florence, en Italie. Elles se caractérisent par une forte valorisation de l’Antiquité classique enrichie du naturalisme et de l’expression individualisée des sentiments hérités de la période gothique tardive. Dans cette section, les visiteurs peuvent admirer les chefs-d’œuvre comme : La Vierge et l’enfant avec Saint-Michel et Saint Blaise (vers 1475) de Neri di Bicci; Portrait d’un homme de la maison de Leiva (vers 1580-1585) du Greco; Le Christ couronné d’épines (vers 1584-1585) de Véronèse; Portrait d’un membre de la famille Foscari (vers 1555-1560) du Tintoret.

Les bronzes et médailles de la Renaissance

La faveur dont jouissent les petits bronzes et les médailles auprès des collectionneurs italiens de la Renaissance témoigne du regain d’intérêt pour l’Antiquité. Les artistes italiens Galeazzo Mondella, dit Moderno (L’Adoration des Mages, 1490) et Valerio Belli (Jésus parmi les docteurs de la Loi, vers 1532) ainsi que Pietro Tacca (Satyre, n.d.) et Alessandro Vittoria (Mercure, n.d.) en sont est de beaux exemples.

Le maniérisme

Plus on avance dans le XVIe siècle, plus les paradigmes artistiques se modèlent sur les œuvres du passé − depuis l’Antiquité jusqu’aux créations récentes de Michel-Ange et de Raphaël − mais, contrairement à l’art de la Renaissance, en faisant moins de place au monde naturel et en renonçant à l’exploration des émotions. Cette section comprend cinq œuvres peintes, dont deux huiles sur panneau par le peintre belge Hendrick de Clerck et représentant le même sujet, soit Moïse frappant le rocher (vers 1610).

Le Siècle d‘or - L’âge du Baroque et du Classicisme

Le caravagisme

Le style de Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage (1571-1610), peintre italien dont l’art révolutionne la peinture, tant sur le plan formel qu’iconographique, durant la première moitié du XVIIe siècle se répand dans toute l’Europe. Les caravagesques hollandais établis à Rome comme Gerrit Van Honthorst (Le duo, 1623-1624), Godfried Schalcken (Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste, vers 1700) et Matthias Stom (Le Christ et la femme adultère, vers 1630-1633), chez les Français, Valentin de Boulogne, dit Valentin, et les Italiens Mattia Preti (Tobit bénissant Tobie, vers 1660) et Bernardo Strozzi (Ératosthène enseignant à Alexandrie, vers 1635) en sont des exemples éloquents.

L’art baroque

Le mouvement baroque autorise tout autant le classicisme que le réalisme théâtral du Caravage et de ses émules, ou encore le naturalisme des peintres flamands comme Pieter Boel avec l’huile sur toile Nature morte au gibier et aux chiens (vers 1600) ou chez les peintres hollandais représentés ici avec des huiles sur toile réalisées notamment par Jan Both, Paysage méridional avec voyageurs (vers 1645-1650), Jan Baptist Weenix, Paysage fluvial avec un bac (vers 1650), Jacob von Ruisdael, Champs de blanchiment près de Haarlem (vers 1670) et Abraham Bloemaert, Rentrée de la moisson (vers 1625-1630).

L’âge d’or hollandais

Le « Siècle d’or » témoigne de la prolifération des genres picturaux et de la spécialisation des artistes. Des natures mortes telles Jeune fille et nature morte (vers 1620) de Floris Van Schooten et Nature morte au chandelier (entre 1660 et 1685) de Pieter Van Roestraten; des scènes de la vie quotidienne d’Emanuel de Witte, Intérieur avec une femme jouant du virginal (vers 1660-1667) et de Jacob Duck, Intérieur d’une auberge avec un cavalier et une femme endormie (vers 1645); des portraits réalisés par Gerard ter Borch, Portrait de femme (vers 1676-1677) et par Rembrandt, Portrait de jeune femme (vers 1688), ainsi que par son élève Nicolaes Maes, L’Adoration des bergers (1658) en sont des pièces exemplaires.

La France et le classicisme

Louis XIII accède au trône de France en 1617. Contrairement au Baroque qui lui est contemporain, le classicisme propose une vision claire et ordonnée. L’Antiquité apparaît comme un modèle de grandeur et la ville de Rome, le passage obligé de nombreux artistes français. Mentionnons des toiles de Laurent de La Hyre, Paysage au porcher (1648), de Jean Lemaire, Sénateurs et légats romains (1645-1655), de Philippe de Champaigne, Le denier de César (1663-1665), de Claude Lorrain, Les filles d’Hélios cherchant leur frère Phaéton (1658), de Sébastien Bourdon, Ruines classiques dans un paysage (vers 1635), ainsi que le paysage idéalisé aux effets atmosphériques lyriques de Nicolas Poussin dont Paysage avec un homme poursuivi par un serpent (1637-1639).

Le Siècle des Lumières et la Galerie Empire

Le rococo

Au XVIIIe siècle, le style baroque tardif est généralement appelé « rococo », terme issu de la fusion de l’italien baroque et du français rocaille, une forme de décor alors très populaire utilisant des coquillages et des galets. Ces traits sont notamment illustrés dans cette section par la gestuelle intense et les expressions tendres de L’Assomption de la Vierge (vers 1758-1760) de François Boucher, le colorisme lyrique et la délectation dans la représentation des motifs et des surfaces du Portrait d’une femme en Astrée (vers 1710-1712) de Nicolas de Largillierre et la légèreté teintée d’érotisme d’Apelle peignant le portrait de Campaspe (vers 1726) de Giovanni Battista Tiepolo.

Le néoclassicisme

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les fouilles archéologiques à Herculanum et Pompéi suscitent une vague d’anticomanie en Europe. Cette section illustre le style néoclassique en présentant les œuvres d’artistes français telles que le Portrait de Madame Mercier (vers 1780) de Jean-Baptiste Greuze, Jeunes filles dansant autour d’un obélisque (1798) d’Hubert Robert, Un intérieur de forêt (1826) de Jean-Victor Bertin et Portrait d’un jeune homme avec une cape rouge et un grand chapeau (1795-1800) de François-Xavier Fabre.

Le portrait britannique

Le portrait est l’un des genres picturaux les plus populaires de la période rococo et jouit d’une vogue particulière en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle. Dans les années 1700, presque tous les grands artistes britanniques, dont beaucoup sont représentés dans cette salle, seront célèbres pour leurs portraits au format imposant. Mentionnons les peintures de Joshua Reynolds, Portrait de jeune femme au turban tenant une lettre (vers 1760-1765), John Opie, Portrait de John Elliot (vers 1785-1790), Henry Raeburn, Portrait de Monsieur D. (vers 1790), Thomas Gainsborough, Portrait de Madame George Drummond (1779-1782) et John Romney, Portrait de Madame Anthony Wright (1781).

La Galerie Empire

La galerie Empire présente une centaine d’œuvres en lien avec Napoléon ou son époque – orfèvrerie, mobilier, beaux-arts, artéfacts personnels – assemblées grâce au don de la collection du mécène montréalais Ben Weider. Un écritoire de voyage (1805) et l’un des bicornes portés par l’empereur – celui de la campagne de Russie (1812) – font partie de cet ensemble majeur à l’échelle nord-américaine. Nombre de ces objets ont été convoités par les musées internationaux.

Du Romantisme à la Belle Époque

Le sentiment romantique

Apparu en Angleterre et en Allemagne dès la fin du XVIIIe siècle, le « mal du siècle », selon Alfred de Musset, se répand en Europe après l’extravagante épopée napoléonienne. Le romantisme incarne un courant pittoresque riche en détails historiques représenté par des œuvres d’Alexandre Évariste Fragonard, François 1er dans l’atelier de Benvenuto (1820-1830) et d’Henri Leys, La charité (1850). La nature inspire également un sentiment lyrique tel qu’en témoignent les paysages et scènes marines de Georges Michel, Paysage (avec marine) (vers 1820-1830) et d’Eugène Isabey, Scène de la côte bretonne (1860). La quête du sublime et de l’irrationnel est illustrée dans les oeuvres de Théodore Chassériau, Jeune fille pleurant sur une stèle (1840), de Paul Delaroche, Ludmille Komar, princesse de Beauvau-Craon (1849), ainsi que dans les œuvres sculptées de Jean-Jacques Feuchère, Léda et le cygne (vers 1850) et Pierre-Eugène-Émile Hébert, Et toujours!! Et jamais!! (1860).

L’orientalisme

L’orientalisme s’impose comme mouvement artistique après la campagne d’Égypte de Bonaparte, en 1798, et surtout au XIXe siècle, à l’ère des conquêtes coloniales européennes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La première génération romantique d’artistes, représentée dans cette section par des œuvres d’Alexandre-Gabriel Decamps et d’Eugène Fromentin, rêvait de retrouver dans l’Orient une Antiquité exaltée par les couleurs de la vie, tandis que la deuxième génération d’artistes accorde davantage d’attention à la véracité ethnologique, parfois prise au piège de la facilité d’un Orient de bazar : Jean-Joseph Benjamin Constant, Le soir sur les terrasses (Maroc) (1879) et Alberto Pasini, Entrée au bazar du Caire (1880-1890).

Les réalismes

Les « peintres de la réalité » décrivent chacun, de leur point de vue, des sujets contemporains, sans mimétisme ni convention. Les œuvres rassemblées de Gustave Courbet, Aimé-Jules Dalou et Honoré Daumier démontrent l’attention nouvelle accordée par les artistes envers les travailleurs, que sous-tend parfois une intention politique républicaine. L’utilisation extensive du noir caractérise leur style. Cette utilisation est manifeste dans les œuvres peintes d’artistes français comme François Bonvin, Nature morte (vers 1870), Gustave Courbet, Le ruisseau du Puits noir (vers 1855), Henri Fantin-Latour, Pivoines (1876) et Théodule Ribot, La toilette du matin (L’orphelinat) (vers 1863).

L’école de Barbizon

En lisière de la forêt de Fontainebleau, non loin de Paris, une colonie d’artistes pratique la peinture en plein air, rendue possible par les inventions techniques, notamment le tube de peinture. S’inspirant des paysagistes hollandais du XVIIe siècle, ils fondent une « école moderne du paysage » qui ouvre la voie vers l’impressionnisme. Ils mettent en scène une vie paysanne simple parfois nostalgique, éloignée des vices d’une nouvelle société urbaine et industrielle : Camille Corot, L’île heureuse (vers 1865-1868), Charles François Daubigny, Lever de lune à Auvers (1877), Henri-Joseph Harpignies, Paysage de la Côte d’Azur (1865) et Charles-Émile Jacque, Moutons au pâturage ( après 1848).

De Daumier à Picasso - L‘impressionnisme et l’art moderne

La force de la collection repose dans plusieurs œuvres produites à Paris, berceau de l’art moderne, et à d’autres associées à l’expressionnisme allemand. Parmi les artistes représentés, on retrouve aussi bien Paul Cézanne, Gustave Courbet, Salvador Dalí, Honoré Daumier, André Derain, Alberto Giacometti, Wassily Kandinky qu’Henri Matisse, Joan Miró, Claude Monet, Pablo Picasso, Auguste Rodin et Alfred Sisley, qui comptent parmi les personnalités les plus influentes et audacieuses de l’époque moderne.