Il était une fois Walt Disney. Aux sources de l'art des studios Disney - Du 8 mars au 24 juin 2007
Claude Coats; Fantasia. L'Apprenti sorcier (détail); 1940; Étude préliminaire; Huile sur papier; Burbank, Californie, Walt Disney Feature Animation and the Animation Research Library; © Disney Enterprises, Inc.
Exposition


Il était une fois Walt Disney se compose de sept sections thématiques :

 

Blanche-Neige et les Sept Nains : Blanche-Neige
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Tout a commencé avec une souris
L’exposition invite tout d’abord à explorer les œuvres du début, notamment les premiers dessins et maquettes de Mickey, créés par Iwerks et rarement présentés jusqu’à maintenant, de même que les scénarimages (storyboards) pour Steamboat Willie (1928) et La Fanfare (The Band Concert) [1935], mettant en scène Mickey pour la première fois en technicolor. Les peintures originales créées pour Blanche-Neige et les Sept Nains — le succès international qui a marqué la naissance d’un genre qui rivalisera bientôt avec le cinéma hollywoodien — occupent ici une place de choix. On peut également y admirer, accompagné de sept petits oscars, l’oscar spécial que Disney a reçu de l’Académie cette année-là.

Cette première section propose ensuite un portrait du rôle crucial qu’ont joué les artistes pionniers des studios Disney. Encore jeune, Disney lui-même avait renoncé à dessiner, puisque son véritable talent était de trouver les bons artistes et de découvrir les sources littéraires et artistiques de ses films. C’est ainsi qu’il a recruté quelques-uns des meilleurs illustrateurs européens émigrés aux États-Unis, notamment le Suisse Albert Hurter (1883-1942), le Suédois Gustaf Tenggren (1896-1970) et le Danois Kay Nielsen (1886-1957). Formés dans les académies d’art de leurs pays respectifs, ces dessinateurs ainsi que leurs collègues américains nés aux États-Unis ont réussi, par leur travail, à sensibiliser le public à des artistes français aussi célèbres qu’Honoré Daumier, Gustave Doré et Jean-Jacques Grandville, aux romantiques allemands, aux symbolistes, aux préraphaélites, de même qu’aux primitifs flamands et italiens.

Dirigés de main de maître par Disney, les artistes dessinateurs du studio ont su mettre en commun toutes ces influences des vieux pays. Grâce à leur apport culturel respectif, à leur connaissance du folklore et à une inspiration toute contemporaine, ils ont réussi à créer un monde magique qui a donné naissance à certains des plus grands dessins animés de tous les temps.

 

Frankenstein
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Sources littéraires et cinématographiques
La deuxième section de l’exposition traite en premier lieu de l’influence qu’a eue sur Walt et Roy Disney leur séjour en Europe en 1935. Ils ont entrepris ce voyage majeur, armés d’une liste de suggestions des artistes de leur studio, qui, pour mieux les orienter dans leurs recherches et leurs acquisitions, les avaient mis sur la piste des contes populaires et fantastiques des frères allemands Jacob et Wilhelm Grimm ainsi que du Français Charles Perrault.

Les œuvres littéraires que les frères Disney ont rapportées de leur voyage ont fourni des sujets et des réserves d’images qui ont inspiré de nombreux films. C’est ainsi que leurs premiers efforts ont porté sur les Fables d’Ésope et Pinocchio dont les aventures étaient tirées des contes de l’auteur italien Carlo Collodi. Les contes de fées de Perrault ont donné les histoires de La Belle au Bois Dormant et de Cendrillon, tandis que Le Livre de la Jungle de l’auteur britannique Rudyard Kipling a servi pour le film éponyme. Cette section de l’exposition donne à voir plusieurs dizaines d’éditions originales ou rares, comportant des illustrations de Gustave Doré, de Jean-Jacques Grandville, de Heinrich Kley, de Ludwig Richter, de Moritz von Schwind et d’Arthur Rackham. Ces ouvrages font toujours partie de la collection du Walt Disney Imagineering’s Information Research Center à Los Angeles.

Mad Doctor
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Bien entendu, Walt Disney s’est également inspiré de cinéastes, d’artistes et d’écrivains. L’exposition établit des liens entre l’un des premiers dessinateurs d’animation, Edwin G. Lutz, le photographe Eadweard Muybridge, le cinéaste français Émile Cohl et le pionnier américain Winsor McCay, qui a réalisé Little Nemo (1905) et Gertie le dinosaure (1914), en juxtaposant des exemples de leurs œuvres et des extraits de films de Disney. En outre, sur deux grands écrans sont projetés des films des années 1920 et 1930, illustrant comment le court métrage de Disney The Mad Doctor (1933) reprend avec humour des scènes du Frankenstein (1931) de James Whale ou comment les mésaventures de Donald dans Modern Inventions (1937) ressemblent étrangement aux gaffes de Charlie Chaplin dans Les Temps modernes (1936). Le cinéma expressionniste allemand a aussi exercé une très grande influence, comme en témoigne l’empreinte du Faust (1926) de Friedrich Murnau, qui est omniprésente dans plusieurs séquences de Fantasia (1940).

 

Décors et paysages
L’exposition aborde ensuite les sources d’inspiration quant aux décors et paysages des films animés de Disney. On y voit clairement comment des éléments architecturaux et des scènes de paysages européens ont servi de modèles pour la plupart des toiles de fond de Disney. Le château de La Belle au Bois Dormant (1959), par exemple, est un croisement entre les enluminures des Très Riches Heures du duc de Berry (1413-1416), les dessins de Viollet-le-Duc, architecte et théoricien de la reconstitution gothique du XIXe siècle, et les extravagances architecturales des châteaux de Louis II de Bavière (vers 1869-1886). Dans les films des studios Disney, les forêts s’inspirent notamment de la peinture chinoise du XVe siècle, des estampes japonaises et des forêts anglaises. Pour leur part, les vues à vol d’oiseau empruntent aux peintres régionalistes américains Grant Wood et Thomas Hart Benton. On reconnaît bien également l’influence de paysages de Caspar David Friedrich et d’Arnold Böcklin dans Fantasia, ainsi que celle des primitifs flamands et italiens dans les décors de La Belle au Bois Dormant.

 

Anthropomorphisme : animaux et végétaux sous des traits humains
Cette section nous fait découvrir comment certains artistes et illustrateurs des XIXe et XXe siècles, comme Jean-Jacques Grandville, Honoré Daumier, Gustave Doré, Benjamin Rabier, Heinrich Kley et Beatrix Potter, ont inspiré la création de nombreux personnages de Disney. Si celui-ci traite ses animaux et plantes anthropomorphisés avec bienveillance, il est des films où cette métamorphose — celle des arbres en particulier — engendre répulsion et terreur, comme dans cette scène de Blanche-Neige où l’héroïne s’enfuit dans la forêt après avoir failli être abattue par un chasseur.

 

Statue-colonne d'Uta
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Les sources des personnages
Walt Disney a lui-même joué un rôle très actif dans le processus complexe de la genèse de ses personnages. Il lui arrivait de fixer les principaux traits de caractère de certains personnages ainsi que leur apparence physique, lorsqu’il n’était pas satisfait des propositions des dessinateurs. Ces échanges et la combinaison de plusieurs sources — historiques, picturales et cinématographiques — ont mené à la création de personnages qui ont, par la suite, été animés soit à partir de planches de modèles (model sheets), sur lesquelles chaque personnage était dessiné dans toutes les poses et avec toutes les expressions imaginables, soit avec des prototypes en plâtre.

Blanche-Neige et les Sept Nains : la Reine assise sur son trône
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Cette section est centrée sur la genèse des personnages dans dix films, répartis sur quatre décennies, allant de Blanche-Neige jusqu’au Livre de la Jungle. On y découvre, par exemple, que Disney avait d’abord suggéré que la méchante reine dans Blanche-Neige fût un mélange de Lady Macbeth et du Grand Méchant Loup. Le visage du vilain personnage a finalement pris les traits de l’actrice américaine Joan Crawford, et la silhouette qu’on lui a donnée était inspirée d’une statue-colonne du portail de la cathédrale gothique de Naumburg, en Allemagne. La transformation de la reine en sorcière est empruntée aux différentes versions cinématographiques de Docteur Jekyll et Mister Hyde, alors que la sorcière elle-même reprend la tradition iconographique développée au cours du XIXe siècle. Dans l’exposition, des espaces sont réservés aux plus célèbres dessins animés de Disney, notamment Pinocchio, Peter Pan, Alice au Pays des merveilles et Les 101 Dalmatiens. La présentation au public, pour la première fois, d’une marionnette originale en bois de Pinocchio, redécouverte il y a deux ans dans une armoire de sous-sol des studios, est certainement une des pièces de résistance de l’exposition.

 

Salvador Dalí : l’aventure de Destino
Walt Disney et le peintre surréaliste espagnol Salvador Dalí, qui se vouaient une admiration réciproque, ont collaboré à un film appelé Destino. Bien que le film n’ait pas été réalisé de leur vivant, il a été néanmoins achevé en 2003 sous la direction de Roy E. Disney, neveu de Walt. L’exposition permet d’apprécier un bon nombre des dessins et des peintures spectaculaires, issus de cette collaboration, qui ont été conservés. Le film est également présenté.

 

Tout recommence avec une souris : Disney revisité par l’art contemporain
Au milieu des années 1960, les films de Disney ont connu une immense popularité dans le monde entier. Depuis la sortie de Blanche-Neige, toute une génération a été élevée au rythme de ses films et en ont gardé la mémoire. Grâce au Pop Art, Mickey et Donald sont devenus des icônes, et, même de nos jours, les artistes continuent de s’inspirer de l’héritage du grand Walt. Cette section propose la découverte d’une trentaine de créations à partir des personnages de Disney, réalisées par des artistes modernes et contemporains, dont Gary Baseman, Christian Boltanski, Bertrand Lavier, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg, Peter Saul et Andy Warhol. Comme le résumait le peintre français Robert Combas en 1979 : « Mickey n’est plus la propriété de Walt, il appartient à tout le monde. »