Edwin Holgate
Du 26 mai au 2 octobre 2005
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| Ludivine |
Conçue par le Musée des beaux-arts de Montréal, l’exposition Edwin Holgate, présentée du 26 mai au 2 octobre 2005, constitue la rétrospective la plus importante de l’œuvre de cet artiste (1892-1977), une figure majeure de la communauté artistique montréalaise et de l’histoire de l’art canadien. Elle rassemble 165 œuvres réunies pour la première fois depuis sa mort, tableaux, dessins, aquarelles, estampes, carnets, illustrations de livres et photographies d’archives. L’exposition fera l’objet d’une tournée dans quatre musées canadiens, le Glenbow Museum, la McMichael Canadian Art Collection, le Musée des beaux-arts du Canada et la Beaverbrook Art Gallery.
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| Les baigneuses |
Renommé pour ses portraits et ses études de nus, Edwin Holgate était également apprécié pour ses paysages du Québec : les Laurentides, la région de Charlevoix et les villages reculés de pêcheurs situés à proximité du Labrador. Il s’est révélé, d’autre part, un maître de la gravure sur bois. L’exposition traitera plusieurs aspects de sa production artistique : ses premières œuvres réalisées à Montréal, sa formation à Paris, les portraits qu’il réalisa de sa famille et de son cercle d’amis montréalais; les tableaux et gravures de son voyage à la rivière Skeena, en Colombie-Britannique, en 1926; ses dessins et tableaux d’artiste militaire, lors des deux guerres mondiales. La présentation explorera également sa place dans l’art canadien à titre de huitième membre du Groupe des Sept.
Né en 1892 à Allendale, en Ontario, Holgate arrive avec sa famille à Montréal en 1894. Dès l’adolescence, il débute sa formation artistique à l’école de l’Art Association of Montreal (devenue le Musée des beaux-arts de Montréal), puis il se rend à Paris où il suit, de 1912 à 1914, les cours de deux artistes français renommés, Lucien Simon et René Ménard, puis, de 1920 à 1922, ceux d’Adolf Milman, formé en Russie. De retour à Montréal cette même année, Holgate y poursuit sa carrière d’artiste. Dans les années 1920 et 1930, il figure parmi les meilleurs spécialistes canadiens du portrait et de la représentation du corps humain, alors installés à Montréal. Holgate est l’un des « anciens » du groupe de peintres de Beaver Hall qui compte plusieurs femmes, dont Prudence Heward et Lilias Torrance Newton. Sa maîtrise du français lui permet de se lier d’amitié avec Jean Chauvin, écrivain et critique d’art renommé, et d’être introduit dans les cercles littéraires et artistiques francophones. Professeur apprécié et respecté, Holgate enseigne à l’École des beaux-arts de Montréal de 1926 à 1935, ainsi qu’à l’école de l’Art Association of Montreal, de 1934 à 1936 et de 1938 à 1940. Il compte parmi ses élèves les plus talentueux Paul-Émile Borduas, Jean Paul Lemieux et Stanley Cosgrove.
Impressionné par le renouveau de la gravure sur bois en Europe, Holgate commence à faire des estampes au début des années 1920; on l’a qualifié de chef de file de la gravure canadienne moderne. Cet intérêt l’a conduit à faire des illustrations de livres pour un certain nombre d’auteurs québécois, surtout des gravures sur bois pour l’édition anglaise de Vieilles choses, vieilles gens (1928) de Georges Bouchard et le poème Metropolitan Museum (1931) de Robert Choquette. Beaucoup de ses estampes furent exposées à la Société canadienne des arts graphiques dont il était un des membres fondateurs.
L’affiliation de Holgate au Groupe des Sept commence avec son amitié pour A.Y. Jackson, qu’il accompagne lors d’un voyage d’un mois à destination de la rivière Skeena (Colombie-Britannique) en 1926. Holgate peint alors des paysages de la côte Nord-Ouest, des portraits des autochtones et des vues de leurs villages. En 1929, il est invité à se joindre aux artistes du Groupe des Sept, à titre de huitième membre, qui admirent ses portraits et ses études de nus dans le paysage.
Enrôlé pendant les deux guerres mondiales, Holgate remplit ses carnets de croquis de scènes des champs de bataille. Au cours de la Seconde Guerre, il illustre les activités des forces armées à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et celles des chantiers navals de Sorel, au Québec. C’est à titre d’artiste militaire officiel du gouvernement canadien, qu’il dessine les pilotes et les officiers dans leurs activités quotidiennes dans deux bases de l’Aviation royale du Canada en Angleterre.
À son retour à Montréal après la guerre, Holgate, moins à l’aise dans les cercles artistiques de la ville, décide de se soustraire à l’agitation urbaine et s’installe à Morin Heights dans les Laurentides, où il continue de peindre. Dans les années 1960, lorsque le Groupe des Sept voit son prestige s’accroître, il est désormais admis que Holgate a participé à l’apport du groupe à l’art canadien. Il meurt en 1977 à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.
Un catalogue abondamment documenté et illustré accompagne l’exposition. Il constitue la première publication importante sur Edwin Holgate depuis son décès en 1977. On y trouve des essais sur des aspects de l’œuvre de l’artiste encore inexplorés : les premières influences qui ont agi sur sa carrière; ses œuvres de la rivière Skeena; ses paysages québécois; ses nus; son activité en tant que graveur; ses portraits ainsi que l’incidence de ses expériences militaires sur son art. Publié en versions française et anglaise, cet ouvrage comprend une chronologie complète de la vie de l’artiste, une liste d’expositions ainsi qu’une bibliographie exhaustive.
L’exposition est organisée par Rosalind Pepall, conservatrice des arts décoratifs au Musée des beaux-arts de Montréal, auparavant conservatrice de l’art canadien, en collaboration avec Brian Foss, professeur d’histoire de l’art, Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia, Montréal.
La scénographie de l’exposition a été réalisée par Christiane Michaud.
L’exposition itinérante Edwin Holgate est présentée grâce au soutien de la Financière Sun Life.
Elle a aussi reçu le soutien du ministère du Patrimoine canadien par le Programme d’aide aux musées. Le Musée des beaux-arts de Montréal remercie Air Canada ainsi que ses partenaires médias La Presse et The Gazette. Sa gratitude va également au ministère de la Culture et des Communications du Québec et au Conseil des arts de Montréal pour leur appui constant.

Edwin Holgate
Allandale (Ontario), 1892 – Montréal 1977
Les baigneuses
1937
81,3 x 81,3 cm
Huile sur toile
Achat, fonds Robert Lindsay
Collection du Musée des beaux-arts de Montréal
Edwin Holgate
Allandale (Ontario), 1892 – Montréal 1977
Ludivine
1930
Huile sur toile
76,3 x 63,9 cm
Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada, legs de Vincent Massey, 1968
Inv. 15478