Afrique Sacrée. Arts anciens de l'Afrique subsaharienne. Œuvres des collections du Cirque du Soleil, du Musée des beaux-arts de Montréal et du musée Redpath, Université McGill
Au moment où le musée du quai Branly à Paris, consacré aux arts premiers, ouvre ses portes – un événement majeur – le Musée des beaux-arts de Montréal met à l’honneur l’art du continent africain avec, dès le 6 juin 2006, la présentation d’une cinquantaine d’œuvres de très grande qualité, Afrique sacrée : arts anciens de l’Afrique subsaharienne. Œuvres des collections du Cirque du Soleil, du Musée des beaux-arts de Montréal et du musée Redpath, Université McGill. Cette sélection comprend principalement des objets, des sculptures et des masques, particulièrement remarquables sur le plan esthétique, qui font référence à l’époque traditionnelle de ces pays d’Afrique.
Avec trente-six objets, le Cirque du Soleil devient le principal partenaire de ces nouvelles salles d’art africain au Musée des beaux-arts de Montréal. Son fondateur et chef de la direction, Guy Laliberté, a entrepris, il y a presque dix ans, de réunir un corpus de qualité muséale, qui constitue un parcours représentatif et classique d’œuvres de l’Afrique subsaharienne. Toutes ces acquisitions ont été faites selon des critères rigoureux d’ancienneté, d’authenticité et de qualité esthétique. Elles proviennent d’anciennes collections, parfois historiques, réunies par des amateurs européens et américains célèbres, tels que Paul Guillaume, Charles Ratton et Helena Rubinstein, parmi d’autres. Parmi les œuvres figure une rarissime statuette féminine gouro, achetée en 1949 à Paris par le peintre américain John Graham et son ami, le collectionneur new-yorkais Max Granick. Ces sculptures de l’art ancien réalisées entre le milieu du dix-neuvième siècle et le début du vingtième siècle, sont présentées pour la première fois au public montréalais.
Le premier objet d’art africain est entré au Musée des beaux-arts de Montréal en 1940, grâce à F. Cleveland Morgan, amateur éclairé et conservateur des arts décoratifs du Musée des beaux-arts de Montréal, de 1917 à 1962. Une dizaine d’œuvres de la collection du Musée figurent dans cette présentation, dont une figure n’duléri majeure du peuple dogon (Mali) sculptée entre le dix-septième et le dix-huitième siècle, représentant un personnage dont les ornements suggèrent un rang élevé.
La majorité des pièces faisant partie de la collection du musée Redpath de l’Université McGill proviennent d’Afrique centrale (Angola et Congo) et furent collectées à la fin du dix-neuvième siècle. Cinq œuvres importantes de cette collection sont présentées, pour une durée de deux ans, dans Afrique sacrée, parmi lesquelles une figure nkondi, en provenance du Congo, réalisée au dix-neuvième siècle, dans le corps de laquelle sont enfoncés des pointes et des objets métalliques.
« Le Musée est privilégié d’accueillir des œuvres d’un tel intérêt, de surcroît prêtées pour une longue période, grâce à la générosité du Cirque du Soleil et surtout de Guy Laliberté. Une sélection complémentaire d’objets de cette collection, illustrant les approches plastiques d’autres peuples du continent africain, sera présentée dans deux ans, dans le cadre de ce partenariat exceptionnel entre le Musée des beaux-arts de Montréal et le Cirque du Soleil. À cette collection d’entreprise s’ajoute également des œuvres d’une collection universitaire, celle de l’Université McGill. Les visiteurs pourront ainsi se familiariser avec un art qui a inspiré les plus grands peintres et sculpteurs occidentaux du vingtième siècle » a déclaré Guy Cogeval, ex-directeur du Musée des beaux-arts de Montréal. Une sculpture en bronze de Julio Gonzáles, Homme cactus no 1 (1930-1940), a été installée à la fin du parcours de cette présentation. Elle rappelle ces fétiches hérissés de clous, dont un très bel exemplaire en provenance du Congo a été prêté par le musée Redpath.

Galerie d'art africain
Pavillon Jean-Noël Desmarais
Musée des beaux-arts de Montréal
Photo : Christine Guest