Cecil Buller (1886-1973) : une rétrospective


Du 21 avril au 12 juin 2005

Du 21 avril au 12 juin 2005, Cecil Buller (1886-1973) : une rétrospective présentera quelque 50 œuvres représentatives de la longue carrière de cette artiste couronnée de nombreux prix, qui a pratiqué aussi bien la gravure que l’illustration, le design, l’aquarelle et la peinture. Ces œuvres proviennent du Musée des beaux-arts du Canada, de l’Université Carleton, de la collection du Dr Sean Murphy et de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal, organisateur de cette exposition, la plus importante jamais consacrée à Buller dans sa ville natale de Montréal.

Fille du docteur Frank Buller, ophtalmologue renommé, et d’Elizabeth Langlois de Québec, elle étudie d’abord avec William Brymner à l’Art Association of Montréal (devenue le Musée des beaux-arts de Montréal). Elle poursuit ses études à l’Art Student’s League de New York, avant de partir en 1912 en compagnie de Edwin Holgate à Paris, où elle suit les cours de Maurice Denis. Ces années parisiennes vont profondément marquer le développement de son style. Denis et ses contemporains, Félix Vallotton et Émile Bernard, sont alors à l’avant-garde de la renaissance de la gravure sur bois. Influencés par Gauguin, ils composent des œuvres aux grands aplats de couleur, avec des personnages cernés de puissants contours linéaires qui renforcent le contenu émotif et la sensualité du dessin. On sent l’influence de ces artistes, aussi bien que celle de Cézanne, dans les premières gravures sur linoléum réalisées par Buller durant cette période. En 1916, la jeune femme part à Londres étudier avec un graveur très suivi à l’époque, Noël Rooke, où elle rencontre son futur mari, l’artiste John Murphy. C’est à ce moment-là qu’elle expérimente la gravure en creux.

De retour en Amérique du Nord, malgré de fréquentes visites à Montréal, le couple s’installe dès 1918 à New York. Buller s’y construit une réputation enviable grâce à ses gravures sur bois, une technique adoptée à partir de 1922 qui dominera le restant de son œuvre, malgré des incursions réussies dans l’art de la lithographie, et ce particulièrement dans les années 1930. Son style intègre également le cubisme dans les années 1920. Les personnages de ses gravures sur bois, souvent des nus stylisés, se présentent sous des formes sculpturales composées à base de grands blocs qui se projettent agressivement sur la page en un mouvement dynamique. Un moirage très affirmé suggère les ombres et les textures. Durant les années 1920 et 1930, les œuvres de Buller sont exposées aux côtés de celles des plus grands graveurs américains à New York. La rétrospective du Musée comprendra entre autres une remarquable série d’illustrations exécutées en 1929 pour le « Cantique des cantiques ». L’artiste pouvait aussi réaliser des illustrations de mode dans un style Art déco tout aussi élaboré, mais plus conventionnel; c’était également une peintre paysagiste et une aquarelliste de talent.

Dans les années 1930, ses voyages en Europe, où son fils Sean faisait ses études, ont renouvelé son appréciation des thèmes classiques. L’exposition inclut des ébauches datant de cette période pour un projet d’illustration de Phèdre qui ne s’est finalement pas concrétisé. Dans les années 1940, Cecil Buller continue à expérimenter une foule de techniques dans des réalisations parfois à grande échelle où l’influence du surréalisme et de l’expressionnisme est alors évidente dans son œuvre. Enfin, dessins et peintures échelonnés tout au cours de sa carrière viennent compléter le large éventail de gravures présenté dans cette exposition.

Le conservateur de l’exposition Cecil Buller (1886-1973) : une rétrospective est Hilliard T. Goldfarb, conservateur en chef adjoint et conservateur des anciens maîtres au Musée des beaux-arts de Montréal.