Les célèbres Bronzes dorés de Cartoceto di Pergola exposés pour la première fois hors d’Italie


Du 7 juillet 2007 au 10 février 2008

Le célèbre groupe des Bronzes dorés de Cartoceto di Pergola  - deux cavaliers accompagnés de deux femmes debout, plus grands que nature - sort d’Italie pour la première fois. Il s’agit là d’un exemple très rare des grands groupes de sculptures en bronze qui nous soient parvenus de la Rome antique. Par leur splendeur et leur majesté, ils sont comparables aux Chevaux de Saint-Marc de Venise et à la statue de Marc-Aurèle de Rome également enrichis de dorure. « Le Musée est très heureux et honoré d’accueillir ces trésors archéologiques en ses murs » a déclaré Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal. « Nous nous réjouissons aussi de cette collaboration avec la communauté italienne de Montréal qui, nous l’espérons, trouvera au MBAM un endroit propice pour revoir et apprécier l’art italien - de l’Antiquité à nos jours - que notre institution abrite et préserve au sein de sa collection permanente. »

Ces bronzes ont été découverts par hasard, en 1946, par deux agriculteurs qui travaillaient dans leur champ près de la localité de Cartoceto di Pergola, dans les Marches. Mis en pièces, ils avaient été jetés dans une fosse peu profonde pour une raison inconnue, échappant ainsi à la fonte, le sort habituellement réservé à ce type d’œuvres pour en récupérer le métal. Gian Mario Spacca, président de la région des Marches, a annoncé : « Ce groupe de bronzes dorés revêt toute la beauté et le mystère de la Rome antique. »  « Leur histoire inconnue et leur découverte fortuite, a-t-il expliqué, illustrent de manière remarquable le miracle de cette terre, les Marches, capable de révéler de véritables œuvres d’art, témoins du talent et de la valeur d’une culture qui se distingue partout dans le monde. »

Transférés au Museo Archeologico Nazionale delle Marche d’Ancône, ils ont été restaurés une première fois entre 1948 et 1959, puis à nouveau entre 1975 et 1986, au centre de restauration de la Soprintendenza Archeologica della Toscana, en observant des critères scientifiques modernes. Ce long processus de restauration et de reconstruction - il y avait des centaines de morceaux à assembler - a permis de présenter ces sculptures au public.

Le groupe de bronzes comprend deux figures masculines à cheval et deux figures féminines debout, manifestement des personnages d’un rang élevé. L’identification de ces bronzes, trouvés hors de tout contexte archéologique, demeure mystérieuse et plusieurs hypothèses ont été émises. Les premières études dataient le groupe du début du Haut-Empire (début du 1er siècle apr. J.-C.) et associaient les figures à la famille des Julio-Claudiens. On reconnaissait dans celle des deux femmes dont les traits sont conservés Livie, épouse d’Auguste, et dans les deux figures masculines Néron, fils de Germanicus, et son frère Drusus, qui furent les victimes du préfet de Tibère, Séjan. Beaucoup plus vraisemblables, des recherches ultérieures ont daté les sculptures du 1er siècle av. J.-C., entre le règne de César et le début de celui d’Auguste (50-30 av. J.-C.). Une hypothèse fascinante suggère que l’un des personnages masculins, ou peut-être les deux, auraient été impliqués dans l’assassinat de Jules César. Après l’accession au trône de son fils adoptif, Octave (que nous connaissons sous le nom d’Auguste), le souvenir des conspirateurs ayant été discrédité, ces sculptures auraient alors été détruites et dissimulées. On pense également qu’elles représenteraient les membres d’une famille influente de rang sénatorial, dont les origines seraient peut-être liées au territoire des Marches.

 

 

Les Bronzes dorés de Cartoceto di Pergola (détail)