Van Dongen
Un fauve en ville
Du 22 janvier au 19 avril 2009
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| Portrait d’une chanteuse de cabaret |
Coproduite par le Musée des beaux-arts de Montréal et le Nouveau Musée National de Monaco en collaboration avec le Museu Picasso de Barcelona, Van Dongen : un fauve en ville, est la première rétrospective majeure de l'œuvre du peintre Kees Van Dongen (1877-1968) en Amérique du Nord. Présentée du 22 janvier au 19 avril 2009, elle regroupe quelque 200 œuvres, plus d’une centaine de tableaux ainsi qu’une quarantaine de rares dessins, des estampes et autres documents d’archives et photographiques, et pour la première fois une douzaine de céramiques fauves. De l’anarchiste du tournant du siècle jusqu’au « peintre des névroses élégantes de l’entre-deux-guerres, c’est l’œuvre d’un moraliste qui est ici mis en avant, l’observateur d’une société des bas-fonds aux demi-mondaines de l’ « époque cocktail ». Pour la première fois, un audioguide musical a été produit par le Musée. Il offre une promenade que font de concert l’œil et l’oreille sur les toiles du peintre et les ambiances sonores qu’elles évoquent, qu’elles suscitent ou dont elles témoignent.
« On m’a reproché d’aimer le monde, de raffoler de luxe, d’élégances, d’être un snob déguisé en bohème – ou un bohème déguisé en snob. Eh bien oui ! J’aime passionnément la vie de mon époque, si animée, si fiévreuse… »
Kees Van Dongen
L’exposition Van Dongen : un fauve en ville confirme la place déterminante occupée par Van Dongen au début du XXe siècle et son rôle unique comme portraitiste parmi les peintres fauves. L’exposition veut rétablir la place d’un fauve oublié en Amérique du Nord. Son art caustique, urbain, scandaleux, diffère du fauvisme de paysage qui y est habituellement considéré. Ses œuvres, éclatantes et impudiques, comparées à de « prodigieuses débauches de lumière, de chaleur et de couleur », témoignent de l'affirmation de son propre style dans l'art moderne, aux côtés de ses compagnons Matisse et Picasso.
À la lumière de nouvelles recherches, et d'œuvres jusqu'à maintenant peu connues, la carrière de l'artiste est retracée depuis ses débuts en Hollande, puis son installation à Paris, sa participation au fameux Salon d'automne en 1905, qui établit le fauvisme comme une nouvelle voie de l'art moderne. Des tableaux saisissants représentant des nus et des figures féminines vêtues avec coquetterie, qui conservent la somptueuse palette et le riche empâtement de ses œuvres fauves, sont étudiés sous l'angle des thèmes de l'exotisme, des spectacles et de l'orientalisme. L'exposition comprend également un groupe important de grands portraits chics des plus célèbres personnalités de l'époque des années folles illustrant sa période de maturité. L’exposition, présentée à Monaco puis à Montréal, ira ensuite à Barcelone, au Museu Picasso.
Des œuvres majeures
La présentation montréalaise de l’exposition montre pour la première en sol américain l’ensemble exceptionnel d’œuvres de Van Dongen récemment acquis par le Nouveau Musée national de Monaco, telles que la magistrale Chimère pie (1895-1907) et les Lutteuses de Tabarin (1907-1908), une œuvre-manifeste qui n’avait pas été montrée depuis plus de cinquante ans, ou Le tango de l’archange (1922-1935). Le Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, ainsi que le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, ont concédé pour cette occasion des prêts nombreux et exceptionnels, tels le célèbre Tableau qui avait fait scandale en 1913 ou l’Autoportrait en Neptune (1922). De nombreuses collections publiques ou privées d’Europe et d’ailleurs, ont également collaboré avec des prêts importants et nombreux. La présentation montréalaise de l’exposition s’est attachée aussi à montrer des œuvres provenant de collections américaines.
Les thèmes de l’exposition
Les thèmes de l’exposition offrent aux visiteurs l’opportunité de découvrir une production artistique riche et variée en suivant le parcours de l’artiste, de Rotterdam à Paris où il participe pleinement à l’avant-garde du début du XXe siècle. Du nord au sud : « Paris m’attirait comme un phare » (1895-1904), où l’on découvre les premières œuvres de Van Dongen, de sa passion pour Rembrandt aux peintures néo-impressionnistes ; Van Dongen illustrateur et anarchiste (1895-1904), où se révèle la place essentielle du jeune Hollandais inspiré, défendu par Félix Fénéon, occupée par le dessin dans son art ; Van Dongen : « Le Kropotkine du Bateau-Lavoir » (1904-1910), lorsque le style du peintre évolue au contact des artistes de l’avant-garde Matisse et Picasso, sa notoriété à la suite de sa participation au fameux Salon d’automne de 1905, et son intérêt particulier comme peintre fauve pour le portrait, le monde urbain des cabarets, des spectacles forains, son obsession pour la femme ; Exotisme et orientalisme (1910-1914), où l’inspiration suscitée chez le peintre par des séjours en Espagne, au Maroc et en Égypte, le mène à créer de nouvelles harmonies de couleurs et à explorer une nouvelle pureté de formes ; L’atelier du peintre : « le moraliste des Salons » (1914-1929), période au cours de laquelle Van Dongen, désormais célèbre, fait partie du Tout-Paris mondain, et « du tout ce que vous voudrez » des années folles. Ses portraits qui constituent la chronique de la société de cette époque ; enfin quelques Paysages (années 1950) terminent ce parcours et reviennent sur la fortune critique du peintre avec documents d’archives et photographiques à l’appui.
Notes biographiques
Cornelis Theodorus Marie (Kees) Van Dongen naît le 26 janvier 1877 en banlieue de Rotterdam. Après avoir étudié à l’Académie des arts et des sciences de Rotterdam, il séjourne à Paris en 1897 où il exerce divers petits métiers pour survivre. Après un bref retour en Hollande, il s’installe à Paris en 1899. Ses dessins illustrant les exclus de la société sont publiés avec succès dans divers journaux satiriques, dont L’Assiette au beurre et la Revue Blanche. En 1904, il rencontre Picasso, Derain et Vlaminck, et la même année, il présente sa première exposition personnelle chez Ambroise Vollard, l’une des grandes galeries de l’époque. Il participe au Salon d’automne en 1905, aux côtés de Matisse, Derain et Vlaminck. C’est là que le journaliste Louis Vauxcelles prononcera la formule de « cage aux fauves ». Le fauvisme est désormais établi comme nouvelle voie de l’art moderne. En 1906, Van Dongen s’installe à Montmartre, au Bateau-Lavoir, où il retrouve son ami Picasso, dont la compagne Fernande Olivier deviendra son premier modèle. En 1908, il expose chez Kahnweiler, l’un des plus importants marchands d’art de Paris, ainsi qu’à Düsseldorf et à Moscou. C’est le début d’une reconnaissance internationale. Au cours de 1910-1911, il se rend en Espagne et au Maroc. En 1913, la marquise Luisa Casati l’introduit auprès de la haute société dont il va rapidement jouer le rôle de chroniqueur. Il devient bientôt le portraitiste le plus recherché de Paris. En 1919, Van Dongen acquiert la nationalité française. Si la crise de 1929, qui marque la fin des années folles, entraîne une baisse des commandes de portraits, celles-ci reviennent en 1936. En 1940, alors que Paris est occupé, il participe au voyage en Allemagne nazie organisé par Arno Becker, avec des artistes tels que Derain, Vlaminck, Dunoyer de Ségonzac, voyage qui leur seront à tous reproché. Il s'installe à Monaco en 1949. De nombreuses expositions et rétrospectives lui sont consacrées à l'étranger. En 1959, il participe à la grande exposition Le fauvisme français et les débuts de l'impressionnisme. Il meurt le 28 mai 1968 à Monaco.
Les commissaires
Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, et Jean-Michel Bouhours, conservateur en chef au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou et ancien directeur du Nouveau Musée national de Monaco, sont les commissaires de l’exposition. Anne Grace, conservatrice de l’art moderne au Musée des beaux-arts de Montréal, est la commissaire associée. Le comité scientifique de l’exposition réunit Christian Briend, conservateur en chef au Cabinet d’art graphique du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou ; Anita Hopmans, conservatrice en chef de l’art moderne et contemporain à l’Institut néerlandais d’histoire de l’art à La Haye ; et Daniel Marchesseau, conservateur général du patrimoine à la Direction des musées de France et directeur du Musée de la vie romantique de la Ville de Paris.
La scénographie de l’exposition a été réalisée par Jasmin Oezcebi. Le graphisme est de Philippe Legris.
Le catalogue
Un livre, plutôt qu’un catalogue, abondamment illustré, a été publié en coédition par le Musée des beaux-arts de Montréal, le Nouveau Musée national de Monaco et par Hazan, Paris, en versions française et anglaise séparées. Cet ouvrage de 354 pages a été édité sous la direction de Nathalie Bondil et de Jean-Michel Bouhours. Il comprend beaucoup de documents inédits grâce au concours de la famille de l’artiste. Premier livre important publié en anglais sur Van Dongen, il réunit des essais rédigés par une équipe de spécialistes, incluant pour la première fois des historiens de l’art américains.
Un audioguide musical
Innovation muséologique, un audioguide musical accompagne les visiteurs selon un parcours musical conçu en fonction des différentes sections de l’exposition. On y trouve diverses pièces musicales choisies par Marie-Claude Sénécal, musicienne et réalisatrice. Le visiteur cheminera en musique de toile en toile, pas à pas, note à note, depuis les canaux de Hollande, bercé par des chants de marin, jusqu’aux trottoirs de Paris, se frayant un passage parmi les poètes, les chanteuses réalistes, les danseuses de cancan et les compositeurs impressionnistes. Il passera devant l’Opéra, le Moulin-Rouge et le Moulin de la Galette, avant de vibrer à l’heure de l’Espagne, de l’Orient, du swing et du tango.
Les commanditaires
Le programme d’expositions internationales du Musée des beaux-arts de Montréal bénéficie de l’appui financier du fonds d’expositions de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et du fonds Paul G. Desmarais.
Le Musée tient à souligner l’appui indéfectible de l’Association des bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal. Il remercie également tous ses membres ainsi que les nombreuses personnes, entreprises et fondations qui lui accordent leur soutien.
Le Musée souligne également le soutien du Conseil des arts de Montréal et du ministère du Patrimoine canadien, dans le cadre du Programme d’indemnisation pour les expositions itinérantes au Canada. Sa gratitude va en outre au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec pour son appui constant.
Enfin, le Musée remercie Air Canada ainsi que La Presse et The Gazette, ses partenaires médias.

Kees Van Dongen (1877-1968); Portrait d’une chanteuse de cabaret; Vers 1908; Huile sur toile; 54 x 44 cm; Collection particulière; © Succession Kees Van Dongen/SODRAC (2008)