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L’exposition mettra en lumière le rôle de Stern à la galerie Dominion qu’il a dirigée pendant près d’un demi-siècle – d’abord rue Sainte-Catherine, puis, à compter de 1950, rue Sherbrooke –, un lieu déterminant dans la diffusion de « l’art vivant », c’est-à-dire l’art des peintres modernes canadiens. Né en 1904, à Münchengladbach, en Allemagne, d’un père collectionneur et marchand d’art, Max Stern étudie l’histoire de l’art dans les villes de Cologne, Berlin et Vienne, avant d’obtenir un doctorat de l’Université de Bonn en 1928. Il acquiert ensuite son expérience à la galerie de son père à Düsseldorf. En 1935, l’année suivant la mort de ce dernier, Max étend son champ d’intervention en ouvrant une galerie à Londres, avec le concours de sa sœur Heidi et d’un historien de l’art néerlandais. Devant la montée du nazisme, Stern vend la galerie de Düsseldorf, en 1937, et s’établit à Londres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est interné dans un camp de réfugiés, en tant que citoyen allemand. En 1941, il choisit d’émigrer au Canada où il demeurera détenu dans des camps pendant presque deux ans.  |
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En 1942, Max entre à la Dominion Gallery of Fine Arts, fondée à Montréal l’année précédente, par Rose Millman. Il devient son associé en 1944, puis en 1947, avec sa femme Iris, il acquiert la galerie. Après la guerre, Stern est en mesure de récupérer certaines œuvres de maîtres anciens confisquées par les nazis à Cologne. Celles-ci seront exposées puis revendues à la galerie. À l’arrivée de Stern à Montréal, le marché de l’art est dominé par quelques galeries conservatrices. Sur les conseils de Maurice Gagnon et de John Lyman, Stern décide de diffuser les œuvres d’artistes canadiens vivants. Il fait signer à plusieurs d’entre eux – Roberts, Lyman, Cosgrove, Dallaire, Scott – des contrats d’exclusivité, une formule qui permet à la galerie de contrôler le marché, et d’offrir une assurance financière aux artistes. Le Groupe des Sagittaires et la Société d’art contemporain sont au nombre des associations d’artistes modernes que présente la galerie. En 1944, a lieu la première exposition commerciale d’Emily Carr qui connaît un grand succès. Stern s’intéresse également aux artistes européens, surtout français, tel Kees Van Dongen dont il se porte acquéreur de plusieurs œuvres Il sera le premier marchand à vendre des Kandinsky au Musée d’art moderne de New York. Au milieu des années 1950, il rencontre le Britannique Henry Moore qui lui présente d’autres sculpteurs modernes, et dès lors la galerie Dominion développera ce nouveau créneau. Il obtient également l’exclusivité de la vente des œuvres de Rodin au Canada. La Galerie Dominion a trouvé un nouvel acquéreur en l'an 2000. Max et sa femme, Iris Westerberg, vont au fil des ans amasser une collection d’œuvres qu’ils offriront à certaines institutions publiques du pays et de l’étranger. Montréal compte parmi les principaux bénéficiaires de cette générosité. Au total, 160 œuvres d’artistes canadiens mais également européens sont ainsi offertes au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée d’art contemporain de Montréal et à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia. Le premier don montréalais remonte à 1959; les autres se poursuivent au rythme régulier d’une ou plusieurs œuvres par année jusqu’au décès du galeriste. Dans son testament, Max Stern lègue la moitié de sa collection au MBAM et au MACM. Le catalogue de l’exposition, intitulé Max Stern, marchand et mécène à Montréal, a été réalisé conjointement par le Musée des beaux-arts de Montréal et la Galerie Leonard & Bina Ellen qui propose aussi une exposition hommage, Max Stern : le goût d’un marchand. L’ouvrage contient trois essais : « L’art vivant » et son marchand, rédigé par Édith-Anne Pageot, se penche sur le rôle de Stern à l'égard des peintres modernes canadiens et celui des intervenants marquants qui ont orienté les choix du marchand. Le deuxième essai, Le goût classique de Stern, signé François-Marc Gagnon, cerne les éléments fondateurs de ce goût et leurs incidences sur ses choix comme marchand et collectionneur. Il y a aussi un texte de Michel Moreault. Les co-commissaires de l’événement au Musée des beaux-arts de Montréal sont Édith-Anne Pageot, commissaire invitée, et Jacques Des Rochers, conservateur de l’art canadien (avant 1945). Le commissaire invité de l’exposition à la Galerie Leonard & Bina Ellen est Michel Moreault. L’exposition au MBAM coïncidera avec l’inauguration du Jardin de sculptures dédié aux donateurs Max et Iris Stern, devant les pavillons Michal et Renata Hornstein, et Liliane et David M. Stewart. « L’art vivant » et son marchand : œuvres choisies de la donation Max et Iris Stern à Montréal, bénéficie du soutien du ministère de la Culture et des Communications du Québec, et du Programme d’aide aux musées du ministère du Patrimoine canadien. L’exposition a été réalisée en partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal et la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia. Elle jouit aussi de l’appui financier de la Succession Max Stern. |