Le monde fantastique d'Érik Desmazières


Du 10 septembre 2009 au 3 janvier 2010


Présentée du 10 septembre 2009 au 3 janvier 2010, Le monde fantastique d'Érik Desmazières estla première rétrospective canadienne des œuvres de l’artiste français Erik Desmazières, l’un des graveurs contemporains les plus émérites et les plus fascinants. Elle comprend une soixantaine d’œuvres représentatives de la carrière de l’artiste, depuis ses premières estampes, dont Les astronomes de 1972, jusqu’à ses créations les plus récentes comme Rembrandt Kunstcaemer de 2007.

Desmazières est né à Rabat, au Maroc, en 1948. Il a étudié à l’Institut d’études politiques de Paris dont il est sorti diplômé en 1971, avant d’apprendre la gravure dans des cours du soir donnés par la Ville de Paris. C’est là que s’est révélée sa vocation pour la taille-douce, et en particulier pour l’eau-forte sur cuivre, une technique qui l’a amené à  dessiner avec plus de rigueur et à atteindre une grande précision dans la définition des formes. Travaillant la composition de ses œuvres en dessinant à la plume, il s’est attaché à étudier les maîtres anciens. Alors que, depuis l’enfance, Desmazières est fasciné par le monde de l’imaginaire, son œuvre est aussi profondément marquée par sa passion de l’architecture et son admiration pour un grand nombre de graveurs illustres qui se sont, par le passé, spécialisés dans la technique de la taille-douce. Piranèse et Callot l’ont influencé tout au long de sa carrière; il s’est d’ailleurs inspiré de La Tentation de saint Antoine de Callot pour créer, en 1993, une gravure de grand format à l’eau-forte, à l’aquatinte et à la roulette. Mais ses œuvres vont également puiser à des sources aussi diverses que Marcantonio Raimondi, l’École de Fontainebleau (XVIe siècle), Goya, Martin, Meryon, Doré et les natures mortes hollandaises. La photographie et le cinéma sont à l’origine de ses manipulations de la perspective et des points de vue originaux qui caractérisent ses compositions. Ses sujets de prédilection peuvent être aussi simples que des études de coquillages, de coloquintes, de vieux livres ou de têtes; mais Desmazières excelle également dans la représentation de créatures fantastiques et de vues imaginaires, intérieures ou extérieures, d’architecture monumentale. Sa célèbre série des « Passages parisiens » en est un bon exemple, de même que celle de « L’atelier de René Tazé », où l’on peut voir une impressionnante presse à eau-forte.

Les œuvres d’Erik Desmazières ont été exposées à travers le monde, et elles figurent dans les collections de plusieurs grands musées d’art de renommée internationale, comme le British Museum, le Fitzwilliam Museum (Cambridge), le Rijksmuseum (Amsterdam), la Bibliothèque Nationale de France (Paris) et le Metropolitan Museum of Art (New York). Le Musée des beaux-arts de Montréal et l’Université McGill ont acquis des œuvres de l’artiste.

Érik Desmazières a été lauréat du Grand prix des Arts de la Ville de Paris (1978).  Depuis 2006, il est président de la Société des peintres-graveurs français. En 2008, il a été élu membre de l’Académie des beaux-arts (section gravure). 
  
Hilliard T. Goldfarb, conservateur en chef adjoint et conservateur des maîtres anciens au Musée des beaux-arts de Montréal, est responsable de la présentation de l’exposition Érik Desmazières.

 

 

Autoportrait, 1976, Eau-forte, 38 x 28,5 cm (feuille), Collection Freda et Irwin Browns , FF 20, © Érik Desmazières / SODRAC (2009), Photo MBAM