La muse symboliste
Une sélection d’estampes du Musée des beaux-arts du Canada
Du 16 juillet au 21 octobre 2010
Jusqu’au 21 octobre 2010, le Musée des beaux-arts de Montréal présente, dans son Centre d’arts graphiques, l’exposition La muse symboliste. Une sélection d’estampes du Musée des beaux-arts du Canada. Elle rassemble plus d’une cinquantaine de chefs-d’œuvre de l’estampe réalisés des artistes illustres et influents comme Paul Gauguin, Odilon Redon, Édouard Vuillard, Maurice Denis, Edvard Munch, Maximilian Kurzweil, Max Klinger, Félicien Rops, Franz von Stuck et James Ensor, ainsi que, pour certaines de leurs œuvres, Auguste Rodin, Henri Fantin-Latour, Henri de Toulouse-Lautrec, Félix Vallotton, Pierre Bonnard et le jeune Pablo Picasso. L’exposition a été organisée et mise en circulation par le Musée des beaux-arts du Canada. L’entrée à l’exposition est libre en tout temps.
Le symbolisme est un mouvement artistique qui a pris naissance dans la seconde moitié du XIXe siècle et atteint son apogée dans les arts visuels à la fin de ce siècle. Il tire son origine des œuvres de l’écrivain américain Edgar Allan Poe ainsi que des poésies de Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, parues dans les années 1860 et 1870 et qui ont mené au Manifeste symboliste de Jean Moréas, publié dans Le Figaro en 1886. S’il prolonge dans une certaine mesure la glorification de l’individu et des émotions personnelles propre au mouvement romantique du début du XIXe siècle, le symbolisme n’embrassa aucun idéal. Il chercha plutôt, par l’entremise de thèmes hautement métaphoriques, obscurs, ambigus et oniriques – parfois même macabres voire sexuels et tabous – à exciter l’imagination et la sensibilité spirituelle du spectateur. La synesthésie, qui consiste à stimuler un sens pour en exciter un autre – en utilisant par exemple l’ouïe pour stimuler la vue ou vice-versa −, constituait un dessein primordial du symbolisme, glorifié par l’antihéros du roman influent et controversé À rebours de Joris-Karl Huysmans, publié en 1884. Deux textes d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray et une pièce tardive, Salomé, témoignent également d’intentions symbolistes. Les pièces de Maurice Maeterlinck ainsi que l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy sont aussi des œuvres profondément symbolistes. Ce n’est pas un hasard si le mouvement coïncida avec un regain d’intérêt du public pour les religions orientales et avec la naissance de la psychanalyse freudienne. Unis dans leur réaction contre la trop grande importance accordée au monde matériel par les réalistes et les impressionnistes au milieu du siècle, les symbolistes étaient moins liés par une uniformité stylistique que par une philosophie. Les artistes symbolistes utilisaient une iconographie personnelle, intime et obscure ainsi que des couleurs évocatrices pour parler dans des termes délibérément ambigus de l’âme individuelle.
Hilliard T. Goldfarb, conservateur en chef adjoint du Musée et conservateur des maîtres anciens, est en charge de la présentation de cette exposition.
Libre
Entrée libre
Pavillon Jean-Noël Desmarais
Niveau S2

Paul Gauguin,
Les vieilles filles,
Avant 1889,
Zincographie sur papier vélin jaune,
45,9 x 62,8 cm,
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, acheté en 1975