Grands maîtres italiens de Raphaël à Tiepolo
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Du 24 avril au 4 août 2002, l'on a pu voir dans le pavillon Jean-Noël Desmarais du Musée l'exposition Grands maîtres italiens de Raphaël à Tiepolo : la collection du Musée des beaux-arts de Budapest. Cette présentation remarquable réunissait des chefs-d'œuvre de la peinture italienne réalisés par certains des plus grands noms associés au patrimoine artistique de la péninsule. Les écoles les plus importantes de l'art italien du quinzième au dix-huitième siècle étaient représentées dans cette sélection de quarante-trois tableaux d'artistes de renom, tels Lorenzo Monaco, Sassetta, Filippino Lippi, Bernardino Luini, Raphaël, Titien, Sebastiano del Piombo, Lorenzo Lotto, Pordenone, Tintoret, Véronèse, Bernardo Strozzi, Annibal Carrache, Bernardo Cavallino, Johann Liss, Sebastiano Ricci, Bernardo Bellotto et Giambattista Tiepolo. L'exposition a été réalisée exclusivement pour Montréal par le Musée des beaux-arts de Budapest. Après leur présentation de trois mois au Musée, les précieux tableaux sont retournés directement à Budapest. Le plus ancien de ces chefs-d'œuvre était un grand crucifix, découpé dans la forme du Christ en croix; il avait été réalisé par un peintre florentin du quinzième siècle, Lorenzo Monaco, dont les œuvres sont souvent émouvantes et lyriques. Parmi les tableaux les plus célèbres de l'exposition, mentionnons La Madone Esterházy de Raphaël, une œuvre célèbre dans le monde entier nommée d'après la famille aristocratique de collectionneurs hongrois à qui elle a déjà appartenu. Cette exquise et intime représentation de La Vierge et l'Enfant avec le petit saint Jean se détache sur un paysage d'une exceptionnelle beauté. Cette œuvre, rarement prêtée, fut exécutée mais non tout à fait achevée par le maître en 1508, lorsqu'il quitta Florence pour Rome. Dans ce panneau de la Renaissance classique superbement conservé, le dessin préparatoire est visible à quelques endroits : révélant le talent exceptionnel de peintre et de dessinateur de Raphaël, il donne des indices sur sa façon de travailler la composition. L'exposition présentait une autre étude intime et pleine de tendresse de la Vierge et de l'Enfant, réalisée par l'un des plus grands peintres florentins de la fin du quinzième siècle, Filippino Lippi. Titien fut le plus grand peintre de la Renaissance vénitienne, et avec Raphaël, l'un des deux plus grands portraitistes italiens de l'époque. Son portrait du doge Marcantonio Trevisani illustre parfaitement la façon dont Titien utilisait le pinceau avec nervosité et témoigne de la maestria de son style achevé pour rendre l'impression de son sujet. Ce tableau était accompagné d'autres portraits raffinés et sensuels exécutés par des sommités de l'art vénitien tels Sebastiano del Piombo et Véronèse. Un portrait d'homme réalisé par le peintre brescian Romanino offrait, par opposition, une représentation nettement plus naturaliste de son élégant sujet. D'autres œuvres se distinguaient par leur puissance dramatique ou leur exploration émouvante des sensibilités humaines. Mentionnons parmi ces tableaux Saint Thomas d'Aquin en prière de Sassetta, qui incite au recueillement, la tragique Mort de Lucrèce du Sodoma, Diane et Actéon du Cavalier d'Arpin, Hercule chassant le faune du lit d'Omphale du Tintoret, Danaé d'Antonio Bellucci, le tendre Christ et la Samaritaine d'Annibal Carrache, le puissant Judith avec la tête d'Holopherne de Johann Liss, la monumentale Rencontre à la Porte d'or de Bernardo Cavallino, la saisissante Montée au Calvaire de Jacopo Bassano, Le Christ mort avec deux anges d'Alessandro Allori, le magistral Denier de César, une œuvre à grande échelle de Bernardo Strozzi, et le magnifique et théâtral Archange Michel vainqueur des anges rebelles de Giuseppe Maria Crespi. Le clou de l'exposition était La Vierge avec six saints, une ravissante orchestration de coloris du dernier grand génie de l'école de peinture vénitienne, Giambattista Tiepolo.
Cette présentation unique de tableaux inoubliables du musée de Budapest offrait aux visiteurs la chance extraordinaire d'admirer de près les joyaux des nombreuses écoles italiennes réalisés sur une période de quatre siècles. Grands maîtres italiens de Raphaël à Tiepolo : la collection du Musée des beaux-arts de Budapest était une coproduction du Musée des beaux-arts de Budapest et du Musée des beaux-arts de Montréal, rendue possible grâce à la collaboration de Miklós Mojzer, directeur général du Musée des beaux-arts de Budapest. Les œuvres avaient été sélectionnées par Hilliard T. Goldfarb, conservateur en chef adjoint et conservateur des maîtres anciens au Musée des beaux-arts de Montréal, commissaire de l'exposition. Un catalogue reproduisant l'ensemble des œuvres de l'exposition accompagnait la présentation. Il contenait des essais de Vilmos Tátrai, directeur des collections et d'Ildikó Ember, directrice de la collection des maîtres anciens du Musée des beaux-arts de Budapest. Le Musée des beaux-arts de Montréal remercie ses partenaires médias, La Presse, The Gazette, 105,7 RYTHME FM, CJPX et CJAD. Sa gratitude va également au ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi qu'au ministère du Patrimoine canadien pour leur appui constant. Le programme d'expositions internationales du Musée des beaux-arts de Montréal jouit de l'appui financier du Fonds d'expositions de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et du Fonds Paul G. Desmarais. Cette exposition était présentée par la société Gestion de fonds AIM Inc. |