La ballade pour la paix de John & Yoko
2 avril - 21 juin 2009 - Entrée libre
« Henry Ford savait comment vendre des voitures en faisant de la publicité. Je vends de la paix, Yoko et moi sommes juste une grosse campagne publicitaire. Cela fait rire les gens, mais cela peut aussi les faire réfléchir. Vraiment, nous sommes M. et Mme La Paix », affirmait John Lennon lors du fameux Bed-in de Montréal en 1969, véritable coup d’envoi de leur campagne en faveur de la paix. Après leur mariage à Gibraltar au consulat britannique, le 20 mars 1969, John Lennon et Yoko Ono s’envolèrent pour Paris puis Amsterdam, pour consommer leur lune de miel lors du premier Bed-in du 25 au 31 mars 1969, à l’hôtel Hilton d’Amsterdam. Leur second Bed-in, qui ne peut se tenir aux États-Unis, John Lennon y étant interdit de séjour, se tient donc à Montréal, dans la chambre 1742 de l’hôtel Reine Elizabeth du 26 mai au 2 juin 1969 et accueille Timothy Leary, le pape du LSD, la chanteuse Petula Clark, le rabbin montréalais Abraham Feinberg et des centaines de journalistes. Étant convaincus que leur lune de miel serait la proie des paparazzis – déjà en 1964 deux hommes d’affaires avaient racheté à un hôtel de Kansas City les draps dans lesquels les Beatles avaient dormi, pour les découper en 160 000 morceaux et les vendre un dollar pièce ! –, John Lennon et Yoko Ono décidèrent d’en faire un événement public consacré à la paix. Le lit, l’endroit le plus privé, devint une scène publique, une tribune, une arène, d’où ils reçurent en pyjama des centaines de journalistes, auxquels ils exposèrent leur point de vue sur la guerre du Viêtnam. Tout en s’inscrivant dans la tradition de la résistance passive d’un Martin Luther King ou d’un Gandhi remis au goût du jour par la mode hippie des sit-ins à la fi n des années soixante, ils s’en distinguent néanmoins par la dimension conceptuelle de ce qui apparaît, à l’heure où les « attitudes deviennent formes », comme une performance questionnant les notions d’identité et d’intimité, d’espace et de temps. La chambre, tour à tour tribune politique, scène d’art expérimental, se transforme également lors du Bed-in de Montréal en studio d’enregistrement avec l’hymne pacifiste qui fera le tour du monde, « Give Peace a Chance », enregistré le 1er juin 1969 en compagnie des adeptes d’Hare Krishna.