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Parcours de l'exposition
Les sections de cette exposition multimédia offrent une approche thématique de l'univers créatif de Jean Paul Gaultier, traçant l'itinéraire imaginaire du couturier qui cherche son inspiration depuis le pavé parisien jusqu'à l'univers de la science-fiction. Miroir sociétal qui marque plusieurs époques, ce parcours, que Gaultier considère comme « son plus grand défilé », est ponctué par de nombreux extraits vidéo, parfois inédits, ainsi que de nombreux tirages pour la plupart jamais exposés, provenant des plus grands noms de la photographie de mode et des arts, notamment Andy Warhol, Cindy Sherman, Robert Doisneau, Richard Avedon, Herb Ritts, Pierre et Gilles, Mario Testino, Mert Alas et Marcus Piggott, Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, Ellen Von Unwerth et Bettina Rheims, pour en nommer quelques-uns.

      1. L'Odyssée de Jean Paul Gaultier
      2. Le boudoir
      3. À fleur de peau
      4. Punk Cancan
      5. Jungle urbaine
      6. Métropolis



Parcours de l'exposition
Entrevue avec J. P. Gaultier
Mannequins animés
Catalogue
Organisateurs/artisans
Notes biographiques
Tournée internationale

1. L'odyssée de Jean Paul Gaultier

 
Jean Paul Gaultier est né en 1952 à Arcueil, en banlieue parisienne. Adolescent, il dessine deux collections par année en s'inspirant des magazines de mode, des films de l'entre-deux-guerres et d'émissions de télévision sur la mode des années 1960 telles que Dim, Dam, Dom. Sa grand-mère maternelle possède un téléviseur, ce qui est peu fréquent en France à cette époque, et le laisse libre de regarder ce qui lui plaît. Il développe son sens critique et analytique sur la mode et son propre vocabulaire. Fasciné par les Parisiennes singulières, Jean Paul Gaultier créé une nouvelle silhouette et privilégie les beautés atypiques : « Enfant, mon oeil était toujours attiré vers celles qui n'étaient pas comme les autres… »

Autodidacte, il découvre dès 1970 chez Pierre Cardin et Jean Patou la tradition et le savoir-faire de la haute couture. Il s'émancipe avec la nouvelle génération de « créateurs » et se lance dans le prêt-à-porter femme en 1976, puis dans le prêt-à-porter homme en 1983. Vingt ans plus tard, Jean Paul Gaultier maintient le cap de l'élégance parisienne en ouvrant sa propre Maison de haute couture, dont il présente désormais deux collections par année. Entre 2004 et 2010, en plus de ses quatre collections annuelles de prêt-à-porter, il en crée deux autres pour Hermès.

Réglementée par la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, la haute couture est présentée exclusivement à Paris. Elle obéit à un cahier des charges très précis concernant sa production, la présentation des modèles et les ventes. Contrairement au prêt-à-porter, produit de façon industrielle, la haute couture est un métier d'art qui offre des pièces uniques d'une virtuosité exceptionnelle. La réalisation de certains modèles exige parfois des centaines d'heures de travail. Ils doivent être entièrement réalisés à la main, accessoires, broderies, dentelles, jusqu'aux finitions. Bien que très médiatisée, la haute couture est rarement accessible au grand public.
 
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2. Le boudoir

 
Avec ses seins coniques bricolés, l'ourson Nana est le témoin touchant des premiers pas créatifs de Jean Paul Gaultier qui, petit garçon, était déjà fasciné par le charme désuet des corsets, une passion qui remonte à ses souvenirs d'enfance. Sa grand-mère maternelle, Marie, l'initie très jeune à la mode féminine et lui fait découvrir Falbalas, un film de Jacques Becker racontant l'ascension d'un jeune couturier, qui le marque profondément. Gaultier exhume des placards de son aïeule des corsets du début du siècle et des guêpières des années 1940, pour créer de nouveaux classiques comme les dessous portés dessus et les soutiens-gorges obus. Ses robes-corsets deviennent un symbole de pouvoir et de sensualité dans la garde-robe de la femme moderne.

Le couturier, qui a été élevé par des femmes fortes, ne croit pas au mythe du sexe faible. Par dérision, il réinterprète avec humour les signes d'enfermement du corps féminin. Les cages à crinolines du XIXe siècle emprisonnaient symboliquement la femme dans sa condition d'épouse et de mère; le corset du XIXe siècle servait notamment à dissimuler les ventres arrondis par les grossesses, une vision alors jugée indécente en raison de considérations religieuses. Jean Paul Gaultier, lui, choisit de créer un corset soulignant au contraire la plénitude de la femme enceinte moderne. En retravaillant ce vêtement, il offre à celles qui en sont privées les attributs de la féminité. Dans le défilé de sa collection Le Dadaïsme (printemps-été 1983), la poitrine exacerbée déploie le symbole de fertilité des totems africains, affirmant la puissance de la femme. Il donne aussi la possibilité aux hommes de revêtir le corset à nouveau, comme les dandys et les militaires anglais du XIXe siècle, qui le portaient afin d'améliorer tonus et endurance.

Les femmes corsetées de Gaultier sont apparues comme la négation des combats féministes des années 1960 et 1970. En réalité, le couturier provoquait davantage une libération postféministe au chapitre de l'apparence. De nombreuses stars porteront les déclinaisons de ses corsets aux surpiqûres concentriques : Madonna en tête, avec les iconiques corsets du Blond Ambition World Tour en 1990, mais aussi Catherine Ringer, Cindy Sherman, Grace Jones, Dita Von Teese et Kylie Minogue. Loin d'être un instrument de torture emprisonnant le corps de la femme, le corset incarne désormais la nouvelle puissance du féminin et sculpte le contrepoint du veston d'homme, lointain dérivé de l'armure du chevalier.
 
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3. À fleur de peau

 
La peau et le corps sont les inépuisables sources d'inspiration de Jean Paul Gaultier. Dans ses mains, les matières deviennent des « secondes peaux ». Il explore les possibilités du trompe-l'oeil avec des imprimés de corps écorchés vifs ou tatoués. Sa fascination pour la peau nourrit son imagination et guide ses créations, qui marient romantisme et fétichisme.

À la dictature de la minceur, il oppose la sensualité de la taille XXL et lance un formidable message : soyez vous-même, quelles que soient les particularités dont la nature vous a doté ! Au lieu de la Scandinave blonde et diaphane, il impose le mannequin de caractère. Pour ses défilés, il organise ses premiers castings sauvages et recrute par le biais des petites annonces : « Créateur non conforme recherche mannequins atypiques — gueules cassées ne pas s'abstenir. »

Dès le début des années 1980, Jean Paul Gaultier propose la multiplicité des genres, un vaste éventail qui englobe même l'hypersexué et le transgenre. Lui qui, enfant, a souffert de sa différence sexuelle, offre à tous la liberté de revendiquer ses choix : la femme-macho, l'homme-objet… Dès l'été 1985, le créateur écrit une nouvelle page de l'histoire de la mode avec sa collection Une garde-robe pour deux, qui marque l'exploration des codes masculin, féminin, androgyne, alternatif. Il propose un style postmachiste avec la jupe pour homme, qui retrouve les lettres de noblesse du vestiaire masculin ancien ou exotique.

Gaultier crée ainsi l'« homme couture ». Avec L'Homme moderne, une collection haute couture encore unique à ce jour, il enrichit la garde-robe masculine de matières délicates et raffinées. Le style Gaultier propose un télescopage entre classicisme et excentricité, un mélange de rock et de tradition qui inspire la plupart de ses collections. Il donne aux hommes un nouveau droit, celui de séduire en exprimant leur fragilité et leur sensibilité, ce que les femmes semblent apprécier.

À l'opposé, il présente une femme capable d'imposer un tempérament viril. Ainsi, pour son Confessions Tour en 2006, il transforme Madonna en écuyère dominatrice, entourée de danseurs-esclaves bardés de sangles. De nombreuses allusions au bondage et au classé X ponctuent son parcours : latex, cuir, résille, attirail sadomaso vont habiller les nouvelles amazones avec des vêtements « prêt-à-baiser », scandaleux pour certains, élégants pour d'autres, proches dérivés du mouvement de power dressing de la fin des années 1970.
 
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4. Punk cancan

 
Jean Paul Gaultier est né en banlieue parisienne, mais son cœur bat à la fois au rythme du Paris canaille et de la rock attitude de Londres. Il est fasciné par le Paris de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres, le Paris de Toulouse-Lautrec et du Moulin Rouge, par la foule colorée de Barbès et, bien sûr, la tour Eiffel. Il aime la capitale des cartes postales qui ravive le souvenir des personnages de Brassaï, des « Parigotes » et des « titis » qui fréquentent ses bistrots et ses cabarets. Tous ces Paris plantent le décor pour le personnage aux multiples facettes que courtise inlassablement Jean Paul Gaultier : la Parisienne.

La Goulue, Arletty, Micheline Presle et Juliette Gréco en sont pour lui des figures emblématiques. Il détourne ses icônes : le béret, le trench-coat, le fume-cigarette et le pied-de-poule, le carreau vichy et la baguette de pain. Au Charme coincé de la bourgeoisie (automne-hiver 1985-1986), il oppose l'insolence de La concierge est dans l'escalier (printemps-été 1988). Sa Parisienne se métamorphose tour à tour en existentialiste des années 1940, en cliente haute couture des années 1950. Elle traverse d'un pas nonchalant le Paris des faubourgs bigarrés jusqu'aux cercles étincelants de la haute société. En alliant ces territoires opposés, il ennoblit le vêtement vulgaire et se moque de la suffisance des B.C.B.G.

Apprenti couturier auprès de Cardin en 1970 et 1974, Jean Paul Gaultier devient ensuite styliste indépendant et interprète de l'agitation de la rue. En janvier 1997, il revient à l'aristocratie du métier en ouvrant sa maison de haute couture, un choix audacieux pour assurer la pérennité de la tradition et des métiers d'art propres au domaine. En 2004, le quartier général de Jean Paul Gaultier s'installe dans l'ancien Palais des arts de l'Avenir du prolétariat dans le 3e arrondissement, loin des quartiers bourgeois et des autres maisons de couture.

Enfant, il écoute les histoires de guerre que lui raconte sa grand-mère. Pour faire face à la pénurie, les femmes s'adonnaient déjà à la récupération : les costumes d'homme étaient retaillés en vêtements féminins, les pantalons devenaient jupes. Il enrichit ses objets recyclés, qui basculent dans le magnifique. De riches doublures transfigurent un vêtement militaire en tenue habillée, tandis qu'un tissu de camouflage donne naissance à une robe du soir.

Au début des années 1970, il voyage à Londres et découvre la mode des punks de Trafalgar Square qui, avec leur art du détournement, vont inspirer les codes esthétiques. La politique antimatérialiste de ce mouvement va l'influencer et lui permettre d'explorer une mode anticonformiste. Il trouve son inspiration et de nouveaux matériaux dans l'énergie de la rue, la boutique SEX de Vivienne Westwood et Malcolm McLaren, et le mouvement glam rock, avec en tête un David Bowie transformé en Ziggy Stardust. Couturier à l'âme punk, il adopte cette idée du décalé et du recyclage, le dénuement l'obligeant à être inventif. La rébellion totale, l'aspect trash et destroy, l'attirent : « …le côté brut du punk avec ses coiffures de Mohican, ses maquillages presque tribaux, sa touche sexe, les bas résille déchirés, le noir, les kilts, les sangles, le mélange des genres, les matières… tout cela me parlait et me correspondait plus que certains codes figés de la couture. »
 
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5. Jungle urbaine

 
Fasciné par les différences, Jean Paul Gaultier voit dans les mondes intouchés par la standardisation de la mode des terrains d'exploration stylistique. Par transpositions, détournements et assemblages, il donne forme à des métissages transfrontières. Les mondes et les individus séparés par le barrage de la langue, des coutumes et de la géographie se mélangent dans un univers où le passeport est tamponné « Planète Gaultier ». Le couturier orchestre par le vêtement le dialogue entre les cultures.

Dès la collection Le Retour de l'imprimé (printemps-été 1984), Gaultier crée ce mélange inédit d'Afrique et d'Europe en drapant des minijupes en boubou et en coiffant ses mannequins de chéchias. Sa collection Barbès (automne-hiver 1984-1985) s'engage plus radicalement dans le choc des cultures. Avec elle, le créateur réinvente les accidents heureux observés dans les rues de ce quartier parisien qu'il ne se lasse pas de parcourir. Il le voit comme « un creuset populaire, et ce brassage, cette coloration magnifique, symbolise le nouveau Paris ».

Le couturier efface les frontières qu'il reconnaît dans la jungle urbaine et ses multiples tribus : Bédouins de Barbès, geishas du Louvre, marabouts africains, rabbins chics, Chinoises en danseuses de flamenco, icônes russes, maharajahs de Bollywood. Il invente une nouvelle esthétique qui rejoint le métissage des grandes villes et la mixité des peuples. On retrouve dans sa garde-robe des pantalons de satin broché chinois, des kimonos, des blouses roumaines, des gilets de Mongolie, des jupes bouzouki grecques, des colliers Massaïs, des sarouels, des fez et des turbans. Il explore également l'exotisme du monde animalier en créant des corps hybrides par un procédé de réinterprétation surréaliste : la femme se transforme en perroquet, se pare d'un pelage de léopard perlé en trompe-l'œil, se glisse dans une peau de python clouté, une combinaison en galuchat ou une robe en plumes de poulette.

Dans un contexte de mondialisation des marchés, où la majorité impose une mode générique et où des minorités s'enferment dans les ghettos, quand la pensée multiculturelle doute d'elle-même face aux défis de l'intégration, Jean Paul Gaultier rassemble les parties d'un tout pour laisser place à une personnalité multiethnique. Il imagine une société cocktail, mélangée, brassée, épicée, panachée, décloisonnée. Résultat d'un melting-pot décliné au singulier, ce ne sont plus des groupes qui se côtoient dans l'indifférence, mais des individus qui racontent chacun notre diversité.
 
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Le Musée tient à remercier
Denis-Carl Robidoux
qui a gracieusement prêté
sa prise de vue de Montréal
la nuit pour la projection
de la salle Jungle Urbaine.

6. Métropolis

 
Enfant, Jean Paul Gaultier se passionne déjà pour le cinéma et le music-hall, et c'est à travers le petit écran qu'il nourrit sa culture d'autodidacte. La mode l'intéresse alors pour la possibilité d'en faire un spectacle. Il imagine le défilé comme un happening, une invitation au voyage avec sa bande-son originale, ses décors et son casting singulier. En coanimant l'émission Eurotrash, il devient le premier couturier-vedette de la télévision. Ce nouveau statut dans les médias concorde avec la montée en puissance de la mode comme expression phare de la société de l'image.

Dès la fin des années 1970, Gaultier emprunte aux univers de la science-fiction et des nouveaux sons comme la new wave et la musique house. Il demeure à l'avant-garde des modes en introduisant des matières « techno » dans le prêt-à-porter, tels le skaï, le lycra et le néoprène. Il innove en créant des mélanges de matières, comme du cuir néopréné, des textiles 3D, et même des tissus gonflables ! Il lance également ses premiers bijoux électroniques, créés par son compagnon et collaborateur Francis Menuge.

Sensible aux préoccupations écologiques et au recyclage, il réalise dans un esprit ludique des vêtements réalisés à partir de sacs-poubelles récupérés pour sa collection High-Tech (automne-hiver 1980-1981). Des tampons à récurer deviennent des colliers, des boîtes de conserve se transforment en bracelets. L'hommage au mouvement artistique russe constructiviste de sa collection prêt-à-porter automne-hiver 1986-1987 est davantage une histoire de métissage de matières : cuir, vinyle, paillettes et jersey s'entrechoquent.

Cette vision futuriste de la mode se reflète aussi dans ses collaborations mémorables avec des stars de la scène pop-rock, qui portent ses créations sur scène ou dans leurs vidéoclips. De nombreux artistes font appel à son talent de metteur en style : Tina Turner, Nirvana, Lady Gaga, Les Rita Mitsouko, Red Hot Chili Peppers, Niagara, Neneh Cherry, Depeche Mode, Beyoncé, Yvette Horner, Mylène Farmer, Boy George, Cameo, Kylie Minogue et, bien sûr, Madonna.

Entre 1983 et 1993, Jean Paul Gaultier crée les costumes de seize ballets de la chorégraphe française Régine Chopinot. Cet échange artistique de longue durée est un laboratoire pour le couturier, la structure et les matières de ses créations suggérant ou même imposant les rythmes et la gestuelle aux danseurs. Comme en témoignent les extraits et les croquis de costumes, il poursuit cette collaboration exceptionnelle avec le monde de la danse et travaille avec Angelin Preljocaj, Karole Armitage, Maurice Béjart et Joaquìn Cortès. Au cinéma, ses costumes soutiennent l'intensité dramatique du film tout en restant fidèles à son vocabulaire de créateur. Il collabore avec Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet (La Cité des enfants perdus), Peter Greenaway (Le Cuisinier, le Voleur, sa femme et son amant), Luc Besson (Le Cinquième Élément) et, surtout, Pedro Almodóvar (Kika, La Mauvaise Éducation et, récemment, La Peau que j'habite).
 
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Une exposition initiée et réalisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec la Maison Jean Paul Gaultier.

Au centre : Jean Paul Gaultier © Photo Francisco Garcia 2011. De gauche à droite : Collection Barbès, prêt-à-porter Femme automne-hiver 1984-1985. Archives Jean Paul Gaultier.
Collection La Brute et le Raffiné, prêt-à-porter Homme printemps-été 1994. © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier. Collection Les Vierges (ou Les Madones), modèle Apparitions, haute
couture printemps-été 2007. © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier. Collection Les Indes galantes, modèle Lascar, haute couture printemps-été 2000. © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier
Image de gauche : Collection Les Actrices, robe Étoiles et toiles. Haute couture automne-hiver 2009-2010 © P. Stable/Jean Paul Gaultier
© 2011 Musée des beaux-arts de Montréal. Tous droits réservés. Avis important : droits d'auteurs et droits de reproduction.

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