MBAM
Entrevue avec Jean Paul Gaultier
Le Musée des beaux-arts de Montréal présentera, du 17 juin au 2 octobre 2011, La planète mode de Jean Paul Gaultier: de la rue aux étoiles, la première grande exposition consacrée au célèbre couturier français qui débuta dans le prêt-à-porter en 1976 avant de fonder sa maison de haute couture en 1997. « Plus que sur tout autre couturier, je voulais réaliser une exposition sur Jean Paul Gaultier pour son humanité », explique Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée. « Au-delà de la virtuosité technique résultant de l'exceptionnel savoir-faire des différents métiers de la haute couture, d'une imagination débridée et de collaborations artistiques historiques, il offre une vision ouverte de la société, un monde de folie, de sensibilité, de drôlerie et d'impertinence où chacun peut s'affirmer comme il est, un monde sans discrimination, une « couture fusion» unique. Il y a chez ce créateur, sous couvert d'humour et de légèreté, une vraie générosité et un message social très fort. »

Thierry-Maxime Loriot, commissaire de l'exposition, s'est entretenu avec Jean Paul Gaultier sur ses liens, tant personnels que professionnels, avec le Québec qui l'ont conduit à accepter de revisiter ses trentecinq ans de mode dans le cadre d'une exposition initiée et organisée par le Musée.

—————



Vous avez toujours refusé qu'un musée produise une exposition sur l'ensemble de votre travail, pourquoi avoir accepté de le faire avec le Musée des beaux-arts de Montréal?

Jean Paul Gaultier. J'étais à la fois surpris et flatté lorsque Nathalie Bondil m'a proposé de faire cette exposition. Je croyais que c'était quand même un peu tôt pour avoir une rétrospective, car je ne suis pas si vieux que ça! Je le vois comme un compliment. Je connaissais déjà certaines expositions produites par le Musée des beaux-arts de Montréal, mais c'est vraiment lorsque j'ai rencontré l'équipe, il y a deux ans, que je me suis lancé dans cette nouvelle aventure. Je préférais aussi l'idée d'une présentation thématique plutôt que chronologique, une expérience ludique qui ne serait pas cloisonnée, ce qui correspond à mon univers. Une approche chronologique classique aurait donc évoqué en quelque sorte une fin, ce qui n'est pas le cas, car ma maison de couture est toujours bel et bien active.




Parcours de l'exposition
Entrevue avec J. P. Gaultier
Mannequins animés
Catalogue
Organisateurs/artisans
Notes biographiques
Tournée internationale
Jean Paul Gaultier
Jean-Baptiste Mondino
© Jean-Baptiste Mondino
 
Qu'est ce que le grand public et ceux qui sont moins familiers avec votre travail vont découvrir dans cette exposition?

J. P. G. Ma vie c'est mon travail, donc avec cette exposition, je crois que vous allez tout savoir de moi! C'est une nouvelle aventure, car mes modèles seront présentés d'une nouvelle façon. Ce sera en quelque sorte le plus grand défilé que j'aurai fait, mais aussi ma plus grande collection dans un certain sens, car l'exposition sera divisée en six thèmes qui reviennent souvent dans mon travail. Ce ne sera pas un défilé certes, mais une installation; c'est ainsi que nous avons travaillé ensemble avec l'équipe du Musée. C'est une nouvelle manière de présenter mes créations et, surtout, de donner un accès à la haute couture qui malheureusement n'est jamais montrée au grand public. Vous verrez mes principales « obsessions », qui se sont dégagées de mes collections au cours des trente-cinq dernières années — même plus, quarante, car ma première robe à l'époque de chez Cardin, avant que je lance ma propre marque de prêt-à-porter, sera exposée! Les corsets, la sexualité ; le masculin-féminin et le féminin-masculin, mais aussi les métissages qui rapprochent les cultures du monde. C'est vraiment excitant de pouvoir présenter ce projet partout à travers le monde: mes vêtements deviennent mon passeport pour visiter toutes les villes où elle sera présentée !




Vous aviez des liens avec le Québec avant de travailler avec l'équipe du MBAM?

J. P. G. J'ai toujours eu une attirance pour la culture, la musique et le cinéma québécois — ah, et aussi la cuisine! La première fois que je suis venu au Québec dans les années 1980, je suis tombé amoureux de l'endroit, des gens. Montréal, c'est un peu comme venir à la maison parce qu'il y a un peu de Paris, mais aussi le côté grande ville nord-américaine comme New York. J'ai travaillé avec plusieurs mannequins québécois, notamment Ève Salvail pour plusieurs de mes défilés et la première publicité de mon parfum Classique, avec Francisco Randez pour mes publicités de parfum Le Male, et plusieurs autres modèles pour mes défilés tels Marc Parent et Yasmeen Ghauri dans les années 1980, mais aussi Emmanuel Rosado et Judith Bédard.




PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY-MAXIME LORIOT
   
Une exposition initiée et réalisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec la Maison Jean Paul Gaultier.

Au centre : Jean Paul Gaultier © Photo Francisco Garcia 2011. De gauche à droite : Collection Barbès, prêt-à-porter Femme automne-hiver 1984-1985. Archives Jean Paul Gaultier.
Collection La Brute et le Raffiné, prêt-à-porter Homme printemps-été 1994. © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier. Collection Les Vierges (ou Les Madones), modèle Apparitions, haute
couture printemps-été 2007. © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier. Collection Les Indes galantes, modèle Lascar, haute couture printemps-été 2000. © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier
Image de gauche : Collection Les Actrices, robe Étoiles et toiles. Haute couture automne-hiver 2009-2010 © P. Stable/Jean Paul Gaultier
© 2011 Musée des beaux-arts de Montréal. Tous droits réservés. Avis important : droits d'auteurs et droits de reproduction.

PARTAGER +
Musee des beaux-arts de Monreal ACCUEIL haut de page FACEBOOK TWITTER