Van Dongen - January 22 to April 19, 2009

Exposition


For the first time, the Museum has produced an audioguide that provides exhibition visitors with a feast for both eyes and ears, as it features musical selections reflecting the atmospheres evoked by the painter's works. Visitors to this exhibition can take advantage of an innovative audioguide to wend their way through the exhibition accompanied by musical selections chosen by musician and producer Marie-Claude Sénécal. Step by step, painting by painting, note by note, this musical soundtrack to the exhibition takes visitors from the canals of Holland and the shanties of its sailors to the streets of Paris and the lyrics and melodies of its poets, popular divas, cancan dancers and Impressionist composers, moving from the Opéra to Montmartre's Moulin Rouge and Moulin de la Galette, with a final nod to the stirring rhythms of Spain, the Orient, swing and the tango.

 

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Audioguide listing

 

Track Title Album Performer Composer Instrument Label UPC Code Year Total Cover File
101 Rotterdam Harbour Genuine Folk Music from Holland Hans Bos Hans Bos Accordion AV MUSIC AVCD-719 00:01:46
101 Verdomme Veerboot Orchestre international du Vetex: Flamoek fantasy Vetex International Orchestra Thomas Morzewski Orchestra Via Lactea VLR-002 2007 00:02:04
101 Paramaribo Les musiques de la fête, Brest 92 Liereliet vocal ensemble Collective Voice Chasse-Marée SCM-023 1992 00:02:10
101 EDAM Genuine Folk Music from Holland Hans Bos Hans Bos Accordion AV MUSIC AVCD-719 00:01:05
102 Quand j'suis paf... Chansons toxiques Marguerite Deval Victor Alix, Maurice Lupin Voice Spef SPMS-2001 1932 (1997) 00:02:07
103 Gnossienne no 2 17:05 Michel Fournier Piano Michel Fournier Érik Satie Piano Myr Prod-001 2008 00:02:30
104 Depuis le jour ou je me suis donnée Charpentier, G. : Louise Ninon Vallin, Les Chœurs Raugel and Orchestra, Paris, Eugène Bigot, conductor  Gustave Charpentier Voice and orchestra Naxos Historical 8110225 1935 (2004) 00:01:13
104 Eccerpts from Louise Louise Opéra-Comique de Paris Orchestra and Chorus, Jean Fournet, conductor Gustave Charpentier Voice and orchestra Philips PHILIPS-4420822 00:02:33
105 Madame Arthur Nos plus belles chansons, Vol 1 -1890-1905 Yvette Guilbert, Irène Aitoff Paul de Kock, Yvette Guilbert Voice and Piano Marianne Melodie MM1298 1934 (1994) 00:03:15
106 Cancan Wurlitzer & Mechanical Mechanical Organ Jacques Offenbach Mechanical organ Carlin 106 00:01:57
107 La complainte de la butte Albert Thierry : Chanteur des rues Albert Thierry Georges Van Parys et Jules Renoir Voice and hurdy-gurdy Auvidis A-6218 00:02:06
201 Le Chat noir Aristide Bruant - Poètes & Chansons Aristide Bruant Aristide Bruant Voice EPM EPM-980552 1910 (2002) 00:01:41
201 Le Chat noir Les refrains de la mémoire Vol 1-2 Romane Swing Trio Gitan Aristide Bruant Instrumental ensemble Salabert SCD-9403 1994 00:00:31
202 The Dutch Circus Dance Genuine Folk Music from Holland Hans Bos Hans Bos Accordion AV MUSIC AVCD-719 00:01:20
202 Carnaval The Dutch Street Organ vol 1 MHS 512675 00:01:09
203 La Mattchiche Anthologie de la chanson française vol. 1: 1920-1930 Félix Mayol Paul Briollet, Borel-Clerc, Léo Lelièvre Voice EPM VC-1012 1924 (2007) 00:01:05
203 Il m'a vue nue Bravo à Mistinguett et a Marie Dubas Mistinguett Freg Pearly Chagnon Voice CBS CBS-4633972 1926 (1989) 00:03:11
204 La Diva de l'empire Jean-Yves Thibaudet : The Magic of Satie Jean-Yves Thibaudet Érik Satie Piano Decca 028947029021 2002 00:02:14
204 Scaramouche, op 165B Encores for two pianos Guher Pekinel and Suher Pekinel Darius Milhaud Piano Berlin Classics 0011182 1995 00:02:04
204 Plaisir d'amour Roland Dyens: Chanson française, vol 2 Roland Dyens Jean-Paul Egide Martini Guitar Empreinte Digit ED-13053 1995 00:02:29
205 Les Berceaux, op 23 no 1 Fauré/Debussy/Poulenc: Nuits d'étoiles - Gens Véronique Gens
Roger Vignoles
Gabriel Fauré Voice and piano Virgin 5453602 2000 00:00:43
205 Les Berceaux, op 23 no 1 Naturally Faure Thérèse Ryan, Francine Chabot Gabriel Fauré Cello and piano Atma ACD-23002 2008 00:01:43
205 Plaisir d'amour Zampano Magic Circus Florence Caillon Jean-Paul Egide Martini Instrumental ensemble Kosinus KOS-105 2002 00:00:25
301 Pavane pour une infante défunte Cadenza: Alain Lefèvre Alain Lefèvre Maurice Ravel Piano CBC MVCD-1129 2001 00:04:45
302 Coeur de Parisienne Arletty: Les 50 ans de la chanson Française Arletty Seyder, J. Choux, Eugène Sablon Voice Kangouroo KA-70026 1931 (1995) 00:02:35
303 Près des ramparts de Séville LAGQ Latin: Los Angeles Guitar Quartet Los Angeles Guitar Quartet Georges Bizet, livret de Ludovic Havely et Henri Meilhac Guitar Telarc CD-80593 2002 00:01:40
303 Sombreros et Mantilles Anthologie de la chanson française enregistrée - année 38 Rina Ketty Jean Vaissade, Chanty Voice and orchestra EPM VC-1029 1938 (2005) 00:00:51
304 Ululation by Morrocan women Cheb I Sabbah: La Kahena Haddarates Traditional Moroccan Six Degrees 6570361111 2005 00:00:10
304 Ashku Al-Gharama Malouf Tunisien Lofti Bouchnak Traditional Tunisian Voice and orchestra MCM W-260053 1994 00:00:23
304 Ghazali Tal Jahri Du temps et de l'instant Jordi Savall, Ferran Savall, Ariana Savall, Pedro Estevan Traditional Vielle, theorbo, harp, percussion Alia Vox AV-9841 2005 00:01:34
304 Danse of the Seven Veils, Excerpt from Salome Welte-Mignon Piano Roll, vol 2 Richard Strauss Richard Strauss Mechanical piano Naxos Historical 8110678 2004 00:01:02
305 La Flûte de pan, Excerpt from Trois chansons de Bilitis Berlioz/Ravel/Debussy/Poulenc - Crespin, soprano Régine Crespin
John Wustman
Claude Debussy, Pierre Louys Voice and piano Decca 4609732 1999 00:01:15
305 Grande cage à oiseaux Es war eimal... Speildosen-und drehorgelklange Mechanical Instrument Mechanical instrument Claves CD-50-0815 1989 00:00:22
305 Gymnopédie no 3 Satie: Orchestral Works - Kaltenbach Orchestre symphonique  et lyrique de Nancy, Jérôme Kaltenbach, conductor Érik Satie Orchestra Naxos 8554279 1999 00:02:08
306 En avant les p'tits Gars Anthologie de la chanson Française 1900-20 vol 4 Fragson Fragson Voice and piano EPM VC-1004 1913 (2007) 00:00:58
401 Charleston Django Reinhardt, vol 3 - Swing Guitars Hot Club de France Quintet, Django Reinhardt, Stéphane Grapelli, Pierre Baro Ferret, Marcel Bianchi, Louis Vola James P. Johnson, Cecil Mack Guitar, violin, bass Naxos Jazz-8120686 1937 (2004) 00:02:47
401 Frou-Frou Nos plus belles chansons vol 1 - 1890-1905 Berthe Sylva Henri Chateau, Lacosta Monreal, M. Blondeau Voice Marianne 941298 1930 (2006) 00:01:10
402 Je te veux The Eccentrics : Selected Works by Erik Satie Vol. 1 Double Duets Ma. Gr. Ig. Al. Érik Satie, Henry Pacory Instrumental ensemble X5-music 2008 00:01:53
402 La Fille aux cheveux de lin Les ondes musicales au temps des impressionnistes Geneviève Grenier, Sylvie Genet Claude Debussy Ondes Martenot and piano Société nouvelle d'enregistrements SNE-642 1998 00:02:07
402 Mon Homme Mistinguett: Chanson Française Mistinguett Maurice Yvain, Albert Willemetz, Jacques Charles Voice and orchestra Kangouroo KA-70023 1938 00:01:43
403 Volver Carlos Gardel: le créateur du tango argentin Carlos Gardenas Carlos Gardel, Alfredo La Pera Voice and orchestra Forlane UCD-19032 1935 (1994) 00:01:29
403 Menilmontant Django Reinhartd: intégrale, vol 17 Django Reinhardt, Stéphane Grapelli, Gianni Safred, Carlo Percori, Aurelio de Carolis Charles Trenet Guitar, violin, piano, bass, drums. Fremeaux & Ass FA-317 1949 (2005) 00:02:57

 

La genèse de l’exposition

Entretien avec Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal et commissaire de l’exposition


Voir aussi « ¡Cuba! Art et histoire de 1868 à nos jours »

 

Question - Comment est né ce projet ?

Andrés García Benítez
Couverture de la revue « Carteles »,
La Havane, 21 mai 1939

Vicki Gold Levi Collection, New York

Nathalie Bondil : En 2005, j’avais répondu avec Stéphane Aquin à une invitation du Museo Nacional de Bellas Artes, le grand musée des beaux-arts de La Havane. Comme beaucoup de Canadiens, je connaissais certains aspects du Cuba touristique et culturel, mais la découverte des collections d’art cubain du Museo, récemment rénové, m’avait impressionnée. Situé au carrefour des mondes européen, caribéen et nord-américain, l’art de cette île s’en est trouvé profondément enrichi. Et pourtant, cette école cubaine avait su construire et imposer, en un siècle seulement, son identité particulière. J’aime beaucoup voyager, faire découvrir d’autres formes de culture ; aucune exposition majeure n’avait été consacrée à l’art cubain, jamais. Bien sûr et comme toujours, la qualité des équipes du Museo, la détermination et le dynamisme de sa remarquable directrice, Moraima Clavijo Colom, bref l’enthousiasme et la confiance entre nous ont fait le reste. Une exposition, c’est aussi une aventure humaine.

Q. Mais pourquoi l’art cubain est-il resté aussi longtemps méconnu ?

N.B. Des publications existent, plusieurs d’entre elles sont d’ailleurs signées par d’importants historiens ou critiques cubains, vivant à Cuba ou à l’extérieur du pays. Cependant, cet art est longtemps resté en dehors du circuit des grandes expositions, à l’exception de la scène contemporaine, l’une des plus intéressantes du monde actuel. Monter une telle exposition d’envergure ne pouvait s’envisager sans les collections cubaines, qui sont de toute évidence les plus riches. La récente volonté de Cuba de développer le tourisme, et notamment de promouvoir son patrimoine culturel, a encouragé de telles initiatives. Pour autant, le Musée des beaux-arts de Montréal n’est pas une vitrine promotionnelle ! Nous avons travaillé en équipe dans un esprit de respect, d’ouverture et d’indépendance, notre but commun étant de défendre l’art et les artistes de ce pays. Cuba est profondément une terre de culture, la littérature et la musique y sont tout simplement exceptionnelles, on le sait. Il était temps de faire découvrir son histoire de l’art.

Q. D’où viennent les œuvres de l’exposition ?

N.B. Je dirai que plus de la moitié des œuvres viennent de Cuba. La majorité des tableaux et beaucoup d’œuvres graphiques appartiennent au Museo, qui a consenti pour l’occasion le prêt de certaines œuvres considérées comme des « trésors nationaux», ce pour quoi nous leur en sommes très reconnaissants. La Fototeca de Cuba a aussi été un collaborateur privilégié : son fonds photographique est incroyable, en grande partie inédit ! Les autres œuvres proviennent de collections publiques et privées, principalement américaines. Le MoMA s’est montré très généreux : depuis les années 1940, et ce grâce à la perspicacité de son brillant directeur Alfred Barr, jusqu’à ses acquisitions récentes en art contemporain, ce musée s’intéresse à l’art cubain. Je dois dire que pour cette exposition, les prêteurs se sont montrés particulièrement touchés et heureux de collaborer. Au-delà des frontières, tous ces passionnés aiment l’art cubain.

Anonyme
Champ de canne à sucre
Musée des beaux-arts de Montréal

Q. Il s’agit d’une exposition d’art, mais aussi d’histoire ?

N.B. Oui, une histoire de Cuba racontée du point de vue des arts plastiques. Il fallait choisir un angle pour traiter 150 ans de production artistique : une telle exposition-fleuve doit être canalisée. Tout le monde sait le parcours passionnant et turbulent de Cuba, une île dont l’histoire a traversé les principaux enjeux du XXe siècle : décolonisation, quête identitaire d’une nation, guerres d’indépendance et révolution, utopies politiques en chantier, confrontations des idéologies Est-Ouest et Nord-Sud... Toutes ces problématiques, nous les connaissons, appartiennent aussi à notre histoire.

C’est pourquoi l’exposition s’articule autour de riches cabinets photographiques et documentaires, qui ponctuent cette narration historique. Ces images, souvent inédites, parfois iconiques, accompagnent une chronologie des événements ; l’école photographique cubaine compte d’ailleurs des artistes remarquables, peu connus en dehors de l’île comme Blez ou Arias, ou bien célébrissimes comme Salas, Corrales et Korda... Leurs clichés sur la Révolution ont fait le tour du monde !

Q. Depuis 1868 jusqu’à nos jours, quelle est donc cette histoire racontée par les artistes ?

N.B. C’est l’histoire d’un jeune pays mais dont la culture est ancienne. Depuis ses premières guerres d’indépendance, les artistes ont participé à la définition d’une nouvelle identité nationale spécifique. Ils ont questionné la cubanidad. Entre réévaluation du passé colonial et ouverture aux avant-gardes, ils ont su inventer un art de synthèse profondément original, en s’inspirant des héritages baroque et académique, de leurs racines hispaniques et africaines, des diverses spiritualités catholique et syncrétistes... Vécu tantôt comme moteur de l’action politique collective, tantôt comme expression d’individualités face à l’histoire, l’art cubain aborde des questions essentielles sur la place et le rôle de l’artiste dans une société, des questions que l’école contemporaine continue de poser avec pertinence.
En quelques mots, racontez l’exposition.

N.B. Il était une fois une île, « la plus belle que l’œil humain ait jamais contemplée » avait dit Christophe Colomb… L’insularité est un thème central de l’exposition : la mer est en même temps une limite et un horizon sans limites. Si l’insulaire a une connaissance physique des frontières de son territoire, il porte toujours en lui la conscience de l’immensité du monde.

Q. Quelles sont les grandes étapes de ce parcours ?

N.B. C’est d’abord un art colonial très pittoresque qui, au-delà de l’illustration d’une île devenue prospère grâce au café, au sucre et au tabac, révèle en fait une société fortement contrastée, entre une classe privilégiée qui cherche ses références en Europe, et la multitude bigarrée et métissée, les Noirs esclaves en particulier. Comme ailleurs, au Canada par exemple, c’est de la peinture du paysage que naîtra le sentiment d’appartenance à un territoire.

La première avant-garde cubaine naît pendant l’entre-deux-guerres. Son modernisme militant correspond à cette période d’essor des idéologies dans le monde. Pogolotti est l’un de ces artistes méconnus qui m’a particulièrement saisie par sa puissance ; rarement vue hors de Cuba, son œuvre sera l’une des découvertes de l’exposition. Puis, l’art cubain prend son envol, non seulement en assimilant ses racines nationales mais en s’en affranchissant. Wifredo Lam, qui est assurément l’un des grands artistes du XXe siècle, accomplit génialement cette synthèse, pour dire vite un afro-cubanisme mâtiné de surréalisme qui ouvre les portes à l’abstraction. Évidemment, une salle de l’exposition lui est consacrée.

Q. Et après la Révolution ?

Domingo Ramos
Le flamboyant
Museo Nacional de Bellas Artes, La Havane

N.B. En 1959, les artistes cubains avaient déjà acquis la maîtrise de toutes les syntaxes formelles. C’est donc une école pleine de vitalité qui s’engage dans un art collectif rayonnant, où tous les styles sont librement invoqués, lyrisme, expressionnisme ou pop, à la différence de l’Union soviétique où seul le réalisme socialiste était admis. Réalisée par près d’une centaine d’artistes d’horizons divers, l’énorme murale de 1967, que nous avons la chance d’exposer, en est un extraordinaire témoignage.

Depuis les années 1980, les nouvelles générations d’artistes ont considéré cette identité cubaine et cet héritage historique plutôt du point de vue de l’individu, tout en introduisant des pratiques formelles résolument contemporaines. Après la chute du système soviétique en 1991 et jusqu’à aujourd’hui, les artistes ont poursuivi cette réflexion, en établissant une sorte d’archéologie du présent.

Q. Et la fête cubaine ?

N.B. Une section assez drôle du parcours montre les stéréotypes d’un « Cuba, isla de fiesta y de siesta » grâce aux prêts de Vicki Gold. Mais bien sûr, la musique, les chansons font partie au premier plan de l’identité cubaine et se retrouvent dans l’exposition : elles sont entrées au répertoire universel !