«  PAGE PRÉCÉDENTE     2/5     PAGE SUIVANTE  »  
Après plusieurs ensembles intermédiaires (dont font partie certains géants comme Hank Mobley, Wynton Kelly, Victor Feldman et George Coleman), le « second grand quintette » de Miles entreprend sa lente fusion au cours des années 1963 et 1964. Cette formation regroupe Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams (qui n’est âgé que de 17 ans à ce moment). Ils enregistrent alors avec le producteur Teo Macero, font des tournées dans le monde entier jusqu'en 1968 et connaissent une réussite sans précédent dans le jazz moderne sur le plan artistique et commercial.

1968 sera une année de catastrophes et de changements pour Miles et pour l’Amérique, une année de bouleversements. L’escalade de la guerre dans l'Asie du sud-est, l’assassinat de Martin Luther King et de Robert Kennedy, ainsi que la montée du mouvement Black Power constituent certains des facteurs qui ont entraîné la musique de Miles vers une pulsion plus électrique (amplifiée). Durant cette période, Miles est à la recherche du « son » qui hante la musique de James Brown, de Jimi Hendrix et de Sly Stone. Ce qui commence à transparaître en 1968 dans le quintette de Miles, au moment où il intègre discrètement un piano électrique et une guitare, se métamorphose et devient une formation rock complète sur l’album double intitulé Bitches Brew paru en 1969. Cet enregistrement représente une innovation majeure (un événement qui lui permet d’ailleurs d’apparaître sur la couverture du Rolling Stone, devenant ainsi le premier musicien de jazz à figurer sur la page de couverture d’un magazine. Très cool.)

Au cœur de Bitches Brew, dont les séances ont lieu en août 1969, une semaine après le festival de Woodstock, se trouve le dernier petit ensemble considéré comme le « troisième grand quintette », rassemblant Wayne Shorter, Chick Corea, Dave Holland et Jack DeJohnette – auxquels se joignent John McLaughlin, Larry Young, Joe Zawinul, Bennie Maupin, Steve Grossman, Billy Cobham, Lenny White, Don Alias, Airto Moreira, Harvey Brooks et les anciens membres du quintette, Herbie Hancock et Ron Carter.

Six mois plus tard, en février 1970, Miles donne le coup d’envoi des séances d’enregistrement de Jack Johnson, réunissant de nouveau plusieurs des mêmes instrumentistes au cours des deux mois qui suivent. Viendront s’ajouter Sonny Sharrock, Steve Grossman, Michael Henderson, Keith Jarrett et certains autres. Nul doute que le mouvement de fusion jazz-rock est lancé et que l'esprit de Miles imprègne les trois groupes dominants qui ont distillé le rock (comme il l’a lui-même fait) sur la scène du Fillmore East et du Fillmore West (et de bien d’autres salles) au cours des années soixante-dix et après : Weather Report, Return To Forever et le Mahavishnu Orchestra.

Ces années, marquées par son style de vie libre et ses incursions énergiques dans les rythmes du funk et du R&B, sont suivies, au début des années soixante-dix, d’une période de déclin de sa santé. Il disparaîtra complètement de la scène en 1975, après avoir offert (ce qui est devenu) son dernier concert au Festival de musique de Central Park à New York, ce même été.  Afin de combler le vide laissé par son absence, une série d'albums enregistrés en spectacle (mis en vente aux États-Unis ou importés du Japon) et certains autres enregistrements provenant d’archives datant des années cinquante et soixante sont édités au cours des cinq années suivantes.

Jusqu’aux années quatre-vingt, la réputation de Miles à titre d’extraordinaire découvreur de talent n’a jamais été remise en question. En 1981, il revient au-devant de la scène plus fort que jamais avec l’album The Man with the Horn accompagné par un ensemble de jeunes instrumentistes, parmi lesquels mentionnons Mike Stern, Marcus Miller, Bill Evans (aucun lien de parenté), Al Foster et Mino Cinelu (qui ont tous connu du succès dans leur propre carrière).  Il s’agit du premier album de Miles à se classer dans les cinquante premières places au Billboard depuis la parution de Bitches Brew. Le groupe sera ensuite capté en spectacle pour l’album suivant, paru en 1982 et intitulé We Want Miles. En 1983, sur Star People, cet ensemble demeure inchangé (soutenu toutefois par John Scofield). La formation se métamorphose ensuite pour l’enregistrement de Decoy en 1984, alors que Miller est remplacé par Daryll « Munch » Jones, que Robert Irving III se joint à l’ensemble aux synthétiseurs et à la programmation et que Branford Marsalis partage les parties de saxophones avec Evans.

«  PAGE PRÉCÉDENTE     2/5     PAGE SUIVANTE  »  
© 2010 Musée des beaux-arts de Montréal.  Tous droits réservés.
Miles Davis, festival Newport à Paris, Palais des Sports, Paris, 15 novembre 1973. D'après photo © Christian Rose
Avis important : droits d'auteurs et droits de reproduction
http://www.mbam.qc.ca/milesdavis

PARTAGEZ ]

1968 sera une année
de catastrophes et
de changements pour Miles
et pour l'Amérique, une
année de bouleversements.

Bitches Brew, Miles Davis
Pochette du double album 33 tours
Columbia GP 26, États-Unis, 1970
Illustration : Mati Klarwein
Collection Paul Maréchal, Montréal
HAUT DE PAGE cite de la musique Festival International de Jazz de Montreal Financiere Sun Life Metro Astral Media Archambault Cyberpresse The Gazette Radio-Canada Air Canada Association des benevoles du MBAM 2 CD Edition speciale Le calendrier musical de Montreal Le calendrier musical de Montreal Espace Musique Hotel Le Germain Montreal