Parallèlement à l’exposition Grandeur nature : peinture et photographie des paysages américains et canadiens de 1860 à 1918, le Musée des beaux-arts de Montréal présente Frédéric Back, une nature témoin, du 18 juin au 27 septembre 2009. Le Musée a en effet jugé important de faire connaître l’œuvre exceptionnelle de cet artiste, peintre, illustrateur et cinéaste qui, par la qualité de ses images et de ses films, s’efforce inlassablement de sensibiliser le public à la beauté de la nature et à l’importance de la protéger. Militant écologiste de la première heure, préoccupé des humains, des animaux, des environnements naturels et des rapports qui les lient, Frédéric Back, tout au long de sa vie, a mis son crayon au service de la défense de ses convictions pour livrer un message urgent, celui du respect de la nature et de sa sauvegarde. « J’étais très affecté par l’industrialisation sauvage, la pollution et la destruction des trésors naturels, des animaux. J’ai illustré ces thèmes d’une manière compréhensible et d’une façon qui était acceptable… »
Cette exposition rétrospective, réunit 2 carnets de dessins, 54 gouaches et dessins et 19 montages en séquence d'acétates originaux des films L'homme qui plantait des arbres et Le fleuve aux grandes eaux. Plusieurs de ces œuvres n’ont jamais été présentées auparavant.
Répondant avec enthousiasme à cette idée d’exposition, Frédéric Back a créé, pour l’occasion, une œuvre intitulée L’horreur boréale, un grand paysage dénudé, glauque, qui témoigne sans ambiguïté des conséquences dramatiques d’une déforestation incontrôlée.
Les thèmes de l’exposition
L’exposition s’articule autour de trois grands thèmes. Dans L'artiste engagé, on voit l’engagement social de Frédéric Back à travers des affiches créées pour des organismes tels que la Coalition Eau Secours, de même que des dessins satiriques qui traitent, entre autres, des mauvais traitements infligés aux animaux ou des effets de la pollution industrielle. Le témoin de la nature présente – pour la première fois – des gouaches de paysages du Québec, une source inépuisable de fascination, réalisées depuis 1948, des études à l’encre représentant des animaux de la faune québécoise ainsi qu’un carnet de dessins exécutés lors d’un séjour au lac à la Loutre, dans les Laurentides. Un autre carnet de dessins, datant de 1949, illustre le voyage de Frédéric Back dans l'Ouest canadien jusqu’aux iles de la Reine-Charlotte. Plusieurs aquarelles et une huile sur toile évoquent les grandes forêts de séquoias, de cèdres et la culture haïda; d’autres exécutions, au crayon de couleur de bois et pastel sur acétate, reprenant cette même iconographie, sont autant de séquences originales du film Mémoires de la terre (2002)qui compose l’un des pôles de la section Le cinéaste d'opinion. Cette dernière section aborde le thème de l'eau, de la précarité de sa faune face aux abus, au moyen d’acétates originaux – inédits jusqu’alors – montés en séquence du film Le Fleuve aux grandes eaux (1993). La démonstration s’étaye de quatre planches illustrées du livre « Les bélugas ou L'adieu aux baleines », écrit par le biologiste Pierre Béland, de même que de quelques encres et dessins au crayon gras de la Nouvelle-Écosse et de la Gaspésie, ces dernières images constituant autant de sources de référence pour l’artiste. De la même manière, des séquences d’acétates originaux de L'homme qui plantait des arbres (1987)traduisent l’engagement de l’artiste sur les questions environnementales. Enfin, un montage de courts extraits de ces trois films ainsi que de Tout-rien (1978) complètent la présentation.
Notes biographiques
Né le 8 avril 1924 à Sarrebrück, Frédéric Back passe son enfance à Strasbourg et ses étés à la ferme où il développe un amour profond des animaux. Il étudie à Paris à l’École Estienne, puis entre à l’École des beaux-arts de Rennes où enseigne Mathurin Méheut, peintre et illustrateur de grande renommée. Cette fabuleuse rencontre marquera Frédéric pour la vie, au niveau humain et artistique. Il débute alors une carrière de peintre et expose notamment ses œuvres au Salon de la Marine, à Paris en 1946 et 1947. En 1948, Frédéric Back part pour le Canada et s’installe à Montréal où il enseigne à l’École du Meuble et à l’École des beaux-arts de Montréal. En 1952, il entre à Radio-Canada à titre d’illustrateur, créateur d’effets visuels, de décors et de maquettes. L’artiste va trouver avec la pratique du cinéma d’animation une autre façon de mettre de l’avant ses convictions, pratique qu’il poursuivra au studio d’animation de la SRC de 1968 à 1993. Deux de ses films d’animation – Crac et L’homme qui plantait des arbres – lui rapporteront des oscars. Adoptant une approche plus poétique et globale, une bonne partie de cette production traite des questions environnementales, sonne l’alarme et propose des façons de modifier nos comportements de vie et de pallier les effets désastreux de nos inconséquences. Que l’on songe aux premiers films tels Illusion (1975) ou Tout-rien (1978), à certaines scènes de Crac ! (1981), à son œuvre emblématique L’homme qui plantait des arbres (1987), tiré d’une nouvelle de Jean Giono, ou encore au Fleuve aux grandes eaux (1993), Frédéric Back dit de ses films : « Sans prévoir leur parcours, je les avais faits afin qu’ils servent simplement d’outils de motivation pour des gestes bénéfiques dont notre fragile planète a grand besoin. »
L’engagement de Frédéric Back envers la nature n’a d’égal que sa passion pour l’art. Derrière les causes défendues, l’artiste poursuit une démarche créatrice. Il expérimente, il enrichit sa palette d’habileté en s’appuyant sur ses crayons pour développer des techniques personnelles devenues sa signature.
Richard Gagnier, chef du Service de la restauration au Musée des beaux-arts de Montréal, est le coordinateur de l’exposition.
L’exposition Frédéric Back, une nature témoin bénéficie de l’appui de la Cinémathèque québécoise, de la Société Radio-Canada, de la fiducie Frédéric Back et du concours de l’artiste.
L’entrée à l’exposition est libre en tout temps.
Pochette de presse (PDF)
Rétrospective des films d’animation de Frédéric Back à la Cinémathèque québécoise (PDF)
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