• Le Musée des beaux-arts de Montréal
    Un musée humaniste, innovant et audacieux

    Le MBAM, vivant, citoyen, pluridisciplinaire, vise dans ses activités et ses stratégies à créer des liens avec le public, ses membres et ses partenaires.

Le succès du Musée repose sur son caractère novateur et sur sa capacité à se renouveler et à sortir des sentiers battus. Il grandit dans sa ville; il est le reflet de sa société :

  • Il a la capacité et la volonté de se transformer pour demeurer pertinent
  • Il innove, bouscule, réinvente, ose, entreprend, agit
  • Il ouvre le discours à toutes les disciplines : arts visuels, histoire, musique, sciences, ethnologie, sociologie, etc.
  • Il ose une lecture actuelle des objets en la liant à des enjeux sociaux contemporains
  • Il est perméable aux apports de son milieu grâce à des partenariats avec des artistes, des artisans, des créateurs, des experts
  • Il croise les disciplines et développe des dimensions éducatives

Manifeste pour un Musée humaniste

Le 9 novembre 2016, à un an de l’ouverture du Pavillon pour la Paix, d’art international et d’éducation Michal et Renata Hornstein, nous dévoilions nos performances éducatives, nos actions pour un musée socialement engagé, nos partenariats novateurs et surtout, notre vision du futur Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, le plus grand complexe dans un musée d’art en Amérique du Nord.

C’était une soirée vraiment unique, en présence du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, des ministres Hélène David (Culture et Communications), François Blais (Éducation, Enseignement supérieur et Recherche), Robert Poëti (Transports et responsable de la région de Montréal), ainsi que du maire de Montréal, Denis Coderre. C’était un parterre de rêve : « Un rêve qu’un jour l’art, l’éducation et la santé ne fassent qu’un ! », disait Michel de la Chenelière. Étaient présents de nombreux amis, partenaires et mécènes du monde universitaire, éducatif, scientifique et communautaire, dont certains ont témoigné avec éloquence de nos collaborations tous azimuts.

« L’impressionnante panoplie de projets en cours montre à quel point le Musée des beaux-arts de Montréal a fait de l’éducation et de l’art-thérapie un vecteur de dynamisme lui permettant d’aller à la rencontre du public. Par ses contenus novateurs et son esprit rassembleur, le Musée constitue un modèle inspirant autant chez nous qu’à l’international », notait Hélène David, notre ministre de la Culture qui, de par son passé universitaire, est fermement convaincue par la cause de l’éducation : « Le musée n’est pas seulement un lieu où l’on va regarder des objets, nous sommes nous-mêmes des sujets qui observons ce musée, et qui est un modèle évidemment pour tous les autres musées, non seulement au Québec, mais au Canada aussi, à travers le monde. » Le premier ministre – un neurochirurgien, ne l’oublions pas – nous félicitait avec humour pour concevoir un musée autrement en citant Picabia : « Une chance que nos têtes soient sphériques parce que de cette façon nos idées peuvent changer de direction. Alors donc quand je vois ce que vous êtes en train de faire avec le musée, ce grand musée du Québec, j’en suis très fier. »

Véritable laboratoire d’innovation, le MBAM fait figure de précurseur en s’entourant d’experts de l’éducation, de la santé, de la recherche, des services sociaux, des milieux universitaire et communautaire, soutenus par le monde des affaires et de la philanthropie. Cette vision était un manifeste d’engagement social pour un musée humaniste. Elle favorise de nouvelles approches de l’art à 360 degrés, et non plus sous le seul angle disciplinaire. Les recherches, notamment en neurosciences, démontrent ses bienfaits pour le mieux-être, et même pour la thérapie : les circuits entre notre être à 100 % biologique et à 100 % culturel sont toujours mieux définis. Notre compréhension de la nature humaine, dans sa dimension sensible et émotionnelle, s’enrichit grâce aux recherches scientifiques et aux pratiques lors de visites ou en atelier.

Je suis persuadée qu’au XXIe siècle, la culture sera pour la santé ce que le sport a été au XXe. Je suis convaincue que notre action innovatrice et pluridisciplinaire, soutenue par nos multiples partenariats, anticipe les besoins de l’humanité de demain. Je suis certaine que la culture, et donc les musées, incarne une mission supra-ministérielle qui répond à de vastes enjeux sociaux – réussite scolaire, inclusion, diversité, vieillissement démographique… – au-delà du 1 % budgétaire.

Nathalie Bondil

Implication communautaire

Avec le programme, toujours novateur, du Musée en partage, nous collaborons avec plus de 450 organismes communautaires liés aux clientèles immigrantes, réfugiées, défavorisées, handicapées, âgées et à risque. Suite au premier don majeur de Michel de la Chenelière, nous avons opéré un bond qualitatif et quantitatif puisque nos espaces éducatifs et communautaires ont doublé en 2012. Nous avons engagé des projets pilotes en santé et en éducation. Nous avons imaginé le premier documentaire de la série « L’art fait du bien ».

Résultat, le Musée performe en tête des musées canadiens en 2015, avec 307 000 participants aux programmes éducatifs, culturels et communautaires, soit une croissance de 207 % en trois ans !

Un Musée engagé socialement

Le Musée accueille les enfants défavorisés avec notamment les Petits Bonheurs, la Fondation du Dr Julien, le Club des petits déjeuners, et plus de 5 000 élèves, chaque année, dans le cadre du programme Une école montréalaise pour tous. Il soutient aussi la persévérance scolaire avec Fusion Jeunesse, Atelier 850, la Société de Saint-Vincent-de-Paul et DAREarts.

Le Musée lutte contre la violence et l’exclusion sociale en aidant les jeunes victimes d’intimidation à l’école (Fondation Jasmin Roy, LOVE) et en proposant de nombreux programmes aux clientèles itinérantes (Dans la Rue, Le Centre Saint-James, Old Brewery Mission, Chez Doris, L’Itinéraire), pour l’alphabétisation des adultes (Le Tour de lire et le Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri) et la réinsertion des personnes atteintes de déficience intellectuelle (Centre d’éducation des adultes de LaSalle) ou gravement handicapées (Action Autonomie Handicap, L’Amitient, Handicap International).

Le Musée valorise le « vivre-ensemble » de notre diversité culturelle par l’éducation des filles (Fondation 60 millions de filles), l’insertion des femmes autochtones (Foyer pour femmes autochtones de Montréal) et l’interculturalité (Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Vision Diversité, Diversité artistique Montréal, Fondation Michaëlle Jean pour les jeunes des communautés noires). Notre résidence Empreintes, créée avec le Conseil des arts de Montréal, pour les artistes issus de la diversité, est un projet pilote. En 2017, une aile sera dédiée aux cultures du monde, enrichies de programmes interculturels inédits (musique et banquet).

Le Musée collabore à titre d’expert avec six universités du Québec pour la recherche en santé, éducation et société : UdeM (usage de la technologie au collégial), UQAM (pédagogie de l’art dans un contexte multiculturel), McGill (prévention de la radicalisation avec le CSSS de la Montagne et le Centre Sherpa), UQTR (enseignement de l’univers social au primaire), UQAT (artthérapie, autisme, syndrome post-traumatique, jeunes victimes d’agressions sexuelles) et Concordia (certificat en éducation et médiation muséale).

Enfin, le Musée milite pour la paix avec l’Université Concordia grâce à un riche partenariat autour de ce thème (paix sociale et psychique, lutte contre la violence et l’exclusion) : huit projets sont co-créés avec les enseignants de sa Faculté des arts (histoire de l’art, éducation en art, art-thérapie). La paix et la concorde s’unissent dans la ville de la Grande Paix, Montréal, multiculturelle et inclusive.

Un Musée pour la santé

Le Musée innove avec des partenaires de la santé sur des projets pilotes et de recherche pour valider et contrôler les impacts de la visite, par des pratiques d’ateliers et même l’insertion professionnelle dans le processus de guérison des pathologies suivantes :

  • Alzheimer avec la Société Alzheimer de Montréal, Alzheimer Group, Centre Évasion, Centre Cummings.
  • Anxiété post-traumatique avec l’Hôpital Sainte- Anne de Bellevue (post-traumatisme de guerre) et suicide (Université Concordia)
  • Troubles du rythme cardiaque avec l ’Institut de Cardiologie de Montréal
  • Autisme, en première mondiale, avec la Fondation Miriam, La Fondation Les Petits Rois, Giant Steps School et l’école Irénée-Lussier.
  • Plusieurs projets pilotes dont un pour déstigmatiser la déficience intellectuelle et l’autisme auprès des visiteurs et favoriser l’insertion professionnelle. Deux jeunes adultes font partie de l’équipe du Musée.
  • Troubles alimentaires dont l’anorexie nerveuse avec l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et l’Université Concordia

  • Troubles psychologiques et santé mentale avec le CHU Ste-Justine, le Centre d’Apprentissage Parallèle, Les Impatients, l’Hôpital général Juif, le Centre d’intégration à la vie active, La Porte Jaune, Relax Action ainsi que l’Université McGill.

Le Musée est un espace de mieux-être pour les aînés avec le Réseau Sélection et Défi Santé, et les convalescents (Hôpital général juif), en offrant des parcours santé dans nos galeries. Il aide à briser leur isolement en favorisant leur forme physique et mentale.

Le Musée s’expose dans les centres médicaux grâce à un partenariat avec le Conseil des arts du Canada pour trois expositions de la collection de la Banque d’œuvres d’art dans le nouveau CLSC des Faubourgs. Elles voyageront ensuite dans des organismes de santé.

Le MBAM est un partenaire fondateur de la Chaire de recherche UQAM pour le développement de pratiques innovantes en art, culture et mieux-être avec le Centre Hospitalier Universitaire de Montréal (CHUM) et l’organisme communautaire Exeko. Il siège au nouveau comité consultatif du Centre d’exposition du Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM).

Un Musée-Laboratoire pour le XXIe s.

Grâce à un deuxième don exceptionnel de Michel de la Chenelière, le Musée peut accroître ses ambitions éducatives, sociales et thérapeutiques à un degré inédit. Avec ses 38 620 pieds carrés, l’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie sera le plus grand complexe éducatif dans un musée d’art en Amérique du Nord. Dès novembre 2016, il accueillera nos clientèles communautaire, scolaire et familiale avec des lieux pour la médiation numérique, une cafétéria santé, un Lounge des familles, des galeries d’exposition, un débarcadère sécuritaire pour les autobus... et 12 ateliers.

Deux espaces seront consacrés à l’art-thérapie, une première mondiale dans un musée, grâce au soutien de Bell. Le premier se destine aux groupes pour nos projets de recherche clinique (salle de consultation et aires privées pour assurer la confidentialité). Le second sera un atelier ouvert d’art-thérapie dans un contexte communautaire, avec Concordia et son réseau des Ruches d’art.

Le Musée veut éduquer à l’échelle du Québec avec ÉducArt, un ambitieux projet pilote soutenu par le Plan culturel numérique du Québec. Cette plateforme novatrice est créée en collaboration avec les enseignants pour s’insérer dans les programmes de l’école québécoise, toutes disciplines confondues (univers social, science, français, mathématique, éthique et culture religieuse...). Pour 2017, 17 projets pédagogiques transdisciplinaires sont conçus avec 17 écoles partenaires des 17 régions du Québec à partir de notre collection encyclopédique, un patrimoine national.

Michel de la Chenelière souligne : « J’entends, je reçois des témoignages poignants d’écoliers, d’étudiants, de familles défavorisées et de personnes souffrant de diverses maladies physiques et mentales qui, grâce au Musée, se sentent moins isolés, moins exclus, regagnent une volonté de vivre, découvrent leur voie dans la vie... L’art fait du bien... nous le constatons quotidiennement au Musée. » Grâce à ce mécène remarquable, le Musée a doublé ses espaces éducatifs en 2012, et les aura triplés en 2016. Cet entrepreneur des éditions scolaires veut rendre à l’éducation et au Québec ce qu’il a reçu sa carrière durant : au nom de toute l’équipe et de tous nos visiteurs, bravo !

Laissons les mots de la fin à sa fille Évelyne, auteure et comédienne bien connue, présente ce soir-là avec sa sœur Véronique et leurs familles : « Vous souvenez-vous de vos sept ans ? Mon père s’en souvient très bien, lui. Mon père a soixante-six ans et demi, et son enfance est toute proche. Elle s’est imprimée si fortement en lui qu’on peut la lire. Il n’a pas besoin de la convoquer pour s’en souvenir, elle se rappelle à lui tous les jours. Elle s’est installée à demeure en lui, et fait de mon père un homme qui éprouve très fortement le réel. Quand on regarde mon père, on peut voir l’enfance dans ses yeux, dans ses épaules, dans son sourire, et surtout, dans son besoin furieux de rêve, de lumière, de beauté. »

NATHALIE BONDIL