Niveau 2 Collection du Musée : Art asiatique et islamique
Niveau 1 Collection du Musée : Archéologie méditerranéenne et art précolombien
Niveau S1 Auditorium Maxwell-Cummings

La scénographie

1912 – Le Musée de la rue Sherbrooke

Des nouvelles galeries d’art asiatique et islamique ont été créées en 2012 permettant la redécouverte de nombreuses œuvres provenant de nos réserves, de certaines acquisitions récentes et d’importants prêts. La scénographie témoigne d’une approche devenue globale qui tient compte de l’interculturalité inhérente à toute tradition artistique et met en perspective certaines questions propres à l’histoire de l’art au travers de sa production matérielle.

Histoire

En 1912, le développement de la collection permanente amène le conseil de l’Art Association à décider de la construction d’un nouveau bâtiment, qui sera situé rue Sherbrooke dans le Square Mile, quartier de l’élite anglophone. Dessiné par les architectes Edward et William S. Maxwell, ce musée sera sobre et imposant : façade de marbre blanc, haut portique à colonnes, escalier monumental. Il comprendra de grandes salles d’exposition, une salle de conférence, une bibliothèque et les ateliers de l’école d’art.

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L’Art Association, qui au tournant du siècle comptait plus de 800 membres, fut victime de son succès. Le bâtiment du square Phillips n’offrait plus assez d’espace. Le plus souvent, les salles de cours servaient de réserves où l’on entassait tableaux et sculptures de la collection permanente. Le square, autrefois un oasis de verdure et de paix, était devenu un lieu bruyant et animé, fortement urbanisé. Les grands arbres qui ombrageaient les lieux avaient été abattus. Un tramway électrique passait maintenant dans la rue Sainte-Catherine qui empiétait chaque année davantage sur les boisés, les vergers et les champs de l’ouest de la ville.

James Wilson Morrice - La vieille maison Holton à Montréal

La maison Holton, rue Sherbrooke, alors abandonnée, était la propriété du sénateur Robert Mackay et avait été construite en 1856 pour Luther H. Holton, ministre des Finances dans le gouvernement de John S. Macdonald, puis président de la Montreal City and District Savings Bank, ancêtre de la Banque Laurentienne. Holton était le beau-père de J. B. Learmont dont les enfants, William John et Agnes, avaient légué en 1909 une importante collection à l’Art Association. C’est David Morrice, le père du peintre James Wilson Morrice, qui eut l’idée d’acheter cette maison et qui amena le sénateur Mackay à céder sa propriété à un prix fort avantageux pour l’Art Association, soit 70 000 dollars. Les terrains du Square Mile de Montréal, en particulier ceux de la très élégante rue Sherbrooke, avaient atteint à cette époque la plus haute valeur foncière jamais enregistrée au Canada. Mais la dépense ne faisait pas peur aux richissimes membres de l’Art Association, qui accueillirent avec enthousiasme la proposition de Morrice. Le contrat de vente fut signé le 31 mars 1910.

James Ross s’occupa personnellement du projet. Ingénieur responsable de la construction d’une partie du chemin de fer du Canadian Pacific, il était considéré comme un véritable génie des affaires et passait pour l’homme le plus riche du Canada. Afin de ne pas perdre trop de temps (sans doute, aussi, plusieurs administrateurs avaient-ils déjà fixé leur choix), on avait décidé de s’en tenir à un concours restreint. Trois bureaux d’architectes furent invités à s’y présenter, soit les frères Maxwell, Percy Nobbs et Brown & Vallance. Institution privée, l’Art Association était tout à fait libre d’agir sans appel d’offres. Sur les conseils de Wheelwright, elle choisit le projet des frères Maxwell. Formés tous deux dans la tradition dite « Beaux-Arts », ils proposèrent un bâtiment très fidèle au goût français de l’époque, une belle masse sobre, majestueuse, dégageant une certaine austérité, ajoutant à l’élégance raffinée de la rue Sherbrooke.

Les frères Maxwell

Au printemps de 1910, le vieil édifice du square Phillips était vendu à l’entrepreneur James H. Maher pour la somme de 275 000 dollars. L’Art Association continuera cependant d’en louer les locaux pendant la construction de la nouvelle Art Gallery. À l’été, on démolissait la maison Holton. À l’automne, l’Art Association accordait à la George A. Fuller Company de New York le contrat de construction du musée. Celui-ci devait coûter 300 000 dollars. Un an et demi plus tard, les travaux allant bon train, on se rendit compte qu’il faudrait débourser près du double, soit 595 800 dollars. On fit alors appel à la générosité des amis de l’Art Association. Et l’édifice fut achevé sans qu’on ait à demander l’aide des gouvernements, ni fédéral, ni provincial, ni municipal.

L’organisation intérieure du bâtiment était assez semblable à celle de tous les musées construits en Amérique entre les années 1890 et 1920. Le hall d’entrée était encadré par des salles d’exposition, les bureaux de l’administration, la bibliothèque, la salle de conférence et une vaste salle où étaient réunis les plâtres. Face aux grandes portes, l’escalier monumental menait les visiteurs vers les salles d’exposition principales éclairées par des verrières.

Saviez-vous que ?

On fut également ravi par le bâtiment lui-même du nouveau musée avec sa façade de marbre blanc rigoureusement symétrique, et son portique monumental porté par quatre colonnes monolithes d’ordre ionique. Habituellement, de telles colonnes étaient formées de plusieurs tronçons superposés. Mais les frères Maxwell, encouragés par James Ross, avaient exigé que chacune soit taillée d’une seule pièce – malgré des coûts exorbitants. Des blocs de marbre non dégrossis, faisant près de dix mètres de longueur et un mètre de diamètre, pesant plus de vingt-six  tonnes chacun, avaient été expédiés à Iberville par chemin de fer, sur des wagons plats, par la Norcross-West Marble Co. du Vermont. Six hommes, utilisant des marteaux et des têtus à air comprimé, travaillèrent pendant trois mois à la taille et au façonnage de chacune des colonnes, qu’ils ont cannelées et amincies à leur faîte. Une fois achevées, elles furent acheminées par train à la gare Windsor. Plusieurs attelages de chevaux tirèrent ensuite jusqu’au chantier du musée les fardiers sur lesquels étaient déposées les colonnes. L’opération, très lente et spectaculaire, fut d’autant plus ardue que la rue Sherbrooke, où la ville effectuait d’importants travaux de réfection, avait été creusée et réduite à la moitié de la largeur normale.

Le Musée joue les stars de cinéma dans quelques films dont :

The Assignment (1997) par Christian Duguay

Les liaisons dangereuses (2003). Partie 2 par Josée Dayan