Service de la restauration

  • La mission première du Service de la restauration est d’assurer l’intégrité des objets dans les collections duMusée des beaux-arts de Montréal par une conservation préventive et par des interventions curatives nécessaires.

    La préservation de ces objets est complexifiée par leur grande variété ainsi que par les matériaux différents qui les composent. C’est pourquoi le Musée a mis sur pied une équipe de restaurateurs et de techniciens spécialisés dans différents domaines de la restauration : œuvres sur papier, peintures, sculptures et arts décoratifs, sans oublier les installations et les arts numériques.

    Fort de l’expertise de ses professionnels, le Musée peut maintenir en bon état et traiter au besoin les objets exposés dans ses galeries ou prêtés à d’autres institutions. De même, il peut assurer la prise en charge adéquate des nombreuses œuvres qui lui sont prêtées pour des expositions temporaires.

  • Valentin de Boulogne, dit Valentin, Le Sacrifice d’Abraham, vers 1630-1632, huile sur toile (inachevé), 149,2 x 186,1 cm. MBAM, don de Lord Strathcona et de la famille.

Valentin de Boulogne : Le Sacrifice d’Abraham

Restauré grâce au généreux soutien de la Bank of America Merrill Lynch.

Ce chef-d’œuvre monumental de Valentin de Boulogne (1591-1632), un disciple français de Caravage, a fait l’objet d’une importante restauration en vue de la première exposition monographique consacrée à l’artiste au Metropolitan Museum of Art (New York). Cette peinture émouvante est l’une des dernières œuvres exécutées par Valentin alors qu’il était à l’apogée de sa carrière.

Des siècles d’usure et des restaurations médiocres avaient compromis l’aspect et la lisibilité de la peinture. Un examen approfondi de l’œuvre, comportant une analyse technique et scientifique détaillée, a été effectué à l’Institut canadien de conservation d’Ottawa afin de mieux comprendre la structure de la peinture et les méthodes de travail de l’artiste. Un aspect important de l’étude a consisté à déterminer si certains éléments incomplets de la composition étaient attribuables à des dommages subis dans le passé ou s’ils avaient tout simplement été laissés inachevés par l’artiste.

Pour révéler la surface de la peinture, telle qu’elle était au départ, il a fallu enlever les couches de saleté, le vernis décoloré et les retouches obscurcies. Le mauvais état de la couche picturale originale et son aspect non finito exigeaient beaucoup de retenue et de finesse quant à l’approche à adopter. Les pertes de matière ont été réintégrées et les zones d’usure réduites de façon sélective ; de cette façon, plusieurs changements de composition ont été laissés apparents.

Ce travail de restauration, échelonné sur une période de onze mois, a permis non seulement d’améliorer de manière spectaculaire la lisibilité de l’œuvre, mais surtout de nous convaincre de l’aspect inachevé de la composition, guidant ainsi l’approche adoptée pour la réintégration des zones abîmées ou qui se devaient de demeurer en cet état d’origine. L’œuvre retrouvera nos cimaises en mai 2017.

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  • Emanuel de Witte, Intérieur avec une femme jouant du virginal, vers 1660-1667, huile sur toile, 97,5 x 109,7 cm. MBAM, achat, fonds John W. Tempest.

Emanuel de Witte : Intérieur avec une femme jouant du virginal

Restauré grâce au généreux soutien de la Fondation BNP Paribas et de BNP Paribas Canada.

De Witte est un des plus célèbres peintres hollandais de tableaux d’intérieurs. Ses compositions ponctuées d’allusions à la réalité quotidienne se caractérisent par une mise en page imposante, avec des effets de perspective soigneusement construits; la qualité et le jeu de la lumière y sont toujours très étudiés.

L’objectif du traitement était de corriger les travaux antérieurs de restauration, notamment par le retrait d’un vernis synthétique trop épais et altéré, la reprise de l’entoilage antérieur jugé instable, ainsi que par le remplacement des insertions de toile à l’endroit des perforations pour assurer une texture plus homogène de la surface. Le traitement a été complété par une analyse technique approfondie à l’Institut canadien de conservation d’Ottawa qui a permis de mieux comprendre la méthode de travail de l’artiste. Grâce à ces procédures – examen sous ultraviolet, infrarouge et aux rayons X, et analyse transversale d’échantillons de peinture –, on a pu identifier les matériaux utilisés ainsi que le mode d’application des couches de pigments, et confirmer la présence de glacis d’origine.

Un nouveau cadre a également été attribué à cette œuvre : une reproduction, exécutée sur mesure, d’un cadre hollandais du XVIIe siècle aux motifs plus élaborés, mais du même style auriculaire que celui du miroir représenté au-dessus de la jeune femme dans le tableau. Ce cadre a été réalisé par John Davies Framing Ltd, de Londres, qui en a gracieusement fait don au Musée.

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Encadrement & Recadrage

Histoire et fonctions du cadre au Canada
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La section Restauration du site est un projet financé par le ministère de la Culture et des Communications du Québec dans le contexte de la mise en œuvre de la mesure 41 du Plan culturel numérique du Québec et par la Ville de Montréal dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal.

 

 

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