ELLES Aujourd’hui

ELLES aujourd’hui

Six artistes peintres québécoises et canadiennes

Marie-Claude Bouthillier ㅡ Wanda Koop ㅡ Christine Major ㅡ Angèle Verret ㅡ Carol Wainio ㅡ Janet Werner

Presque cent ans après l’existence du Groupe de Beaver Hall (1920-1923), qui joua un rôle essentiel dans l’affirmation des femmes en tant qu’artistes peintres professionnelles à Montréal, qu’en est-il de la place occupée par les artistes féminines en peinture, aujourd’hui ? Le contexte d’une exposition sur le Groupe de Beaver Hall cette année au Musée était propice pour réfléchir à la place que se sont appropriée depuis les femmes artistes sur les scènes québécoise et canadienne.

Cette exposition rassemble et célèbre le travail de six artistes qui se consacrent au métier de peintre et participent à son développement contemporain.

ELLES nous invitent à considérer ce médium au-delà de la stricte opposition abstraction/figuration, sur laquelle s’est construite en grande partie l’histoire de l’art du XXe siècle, et en particulier l’histoire de la peinture. Leurs œuvres, parfois de nature hybride, suggèrent de nouvelles formes d’inscription du réel en peinture, interrogent et confrontent les stéréotypes, relèvent d’un fin travail d’observation et d’analyse de l’espace environnant, tout en étant empreintes d’une charge émotive, affective ou mélancolique.

ELLES enseignent dans les écoles et participent au renouveau des approches pédagogiques ou créent des établissements parallèles, tels les centres d’artistes autogérés et communautaires qui font partie de notre écosystème culturel.

ELLES nous font partager ici quelques œuvres récemment réalisées, de superbes morceaux de peinture provenant pour la plupart de l’atelier.

ELLES sont peintres et comptent parmi les artistes qui ont su renouveler les problématiques picturales avec finesse et intelligence. Cette exposition offre un aperçu de leurs recherches actuelles.

Marie-Claude Bouthillier

ELLE s’est intéressée à la représentation de l’artiste dans la littérature et en a fait le propos de plusieurs œuvres. Son exploration des rapports entre la peinture et le textile apparaît en filigrane dans sa recherche picturale depuis la fin des années 1990. Elle présente ici Dans le ventre de la baleine, un refuge enveloppant, un antre, un lieu de gestation. Élaboré autour de la chambre-atelier de l’artiste, cet environnement pictural dégage une ambiance feutrée et englobante. Ses qualités tactiles, optiques et hypnotiques donnent l’impression d’habiter un des tableaux de l’artiste.

Wanda Koop

ELLE est une coloriste d’exception. Au carrefour de l’abstraction et de la figuration, la peinture de Wanda Koop est une transposition de ses expériences vécues en langage visuel et en métaphores, issue d’une réflexion sur l’image et sur la concurrence directe de la peinture avec les technologies contemporaines de l’information. Depuis le début des années 2000, l’artiste s’intéresse au spectacle des informations télévisées, à leur rapport avec le réel, à leurs effets sur notre perception du monde environnant.

Christine Major

ELLE travaille à débusquer tous les gestes d’affranchissement pour fuir ou faire dévier le sens des images produites par notre société de consommation, provoquant ainsi une forme de déroute interprétative. L’univers pictural de Christine Major se construit dans un aller-retour entre la réalité et la fiction, en dialogue constant avec les enjeux artistiques et politiques soulevés par la représentation dans la culture populaire et publicitaire.

Angèle Verret

ELLE s’intéresse au photographique, à sa façon de diversifier le réel en le fragmentant, de le ramener à ses flous, à ses bougés, à sa lumière, à son rapport au temps et à la mémoire. Sorte de trompe-l’œil abstrait, la peinture d’Angèle Verret n’est qu’illusion. Elle réalise des œuvres qui s’emparent des moindres accidents de la toile et des aléas du processus de réalisation du tableau pour créer des images qui mettent le regard en doute. Ses compositions découlent d’un brouillage dans la peinture : elles sont essentiellement interrogatives, énigmatiques et introspectives.

Carol Wainio

ELLE se sert de la peinture, technique lente, complexe et chargée d’histoire, pour créer un discours visuel dans des espaces énigmatiques, des lieux où les représentations du passé et du présent peuvent se rencontrer. Son œuvre reflète un travail d’entrelacement de références diverses : histoire occidentale et économies émergentes, rareté et excès, temps reculés et espaces lointains, tous ces thèmes – motifs empruntés à différentes formes de représentation, depuis le « grand art » jusqu’aux productions vernaculaires – sont explorés et revisités en peinture.

Janet Werner

ELLE s’intéresse depuis de nombreuses années au portrait fictif et peint des personnages complexes sur le plan psychologique et troublants par leur pose, remettant en question les conventions dans la représentation de la figure. Ces figures sont majoritairement féminines et participent à une exploration de la perpétuelle recherche de l’idéal. Janet Werner propose une réflexion sur la consommation des images et l’enracinement de nos idéaux. L’idéal véhiculé est ici ramené au niveau de la chair, non sans évoquer les désordres et déviances qui y sont liés.

LE CERCLE FORCES FEMMES
DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL

Cette exposition met en exergue le travail de peintres contemporaines du Québec et du Canada, en hommage aux femmes du Groupe de Beaver Hall. Ce projet a été rendu possible grâce au généreux soutien du Cercle Forces Femmes du MBAM.

Le Musée remercie les membres fondatrices du Cercle Forces Femmes :

Sandra Abitan, Alix d’Anglejan-Chatillon, Christiane Bergevin, Sylvie Boileau, Johanne Champoux, Hélène Couture, Viviane Croux, France Denis Royer, Giovanna Francavilla, Carolina Gallo, Diane Giard, Anne- Marie Hubert, Isabelle Hudon, Suzanne Legge Orr, Constance Lemieux, Johanne Lépine, Mary Leslie, Isabelle Marcoux, Monique Parent, Miriam Pozza, Gurjinder P. Sall, Michelle R. Savoy, Marie Senécal-Tremblay et Martine Turcotte, sous l’impulsion de Françoise E. Lyon.