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23 septembre 2021

Don majeur d’une œuvre de Theaster Gates

Theaster Gates (né en 1973), Les règles du jeu (Ligne rouge, ligne verte), 2015, lattes de plancher, 183,9 x 243,8 x 7 cm. MBAM, don de Lillian et Billy Mauer. Photo Christopher Burke, courtesy of Art Speaks

Grâce à la formidable générosité de Lillian et Billy Mauer, le MBAM vient d’acquérir Les règles du jeu (Ligne rouge, ligne verte), du célèbre artiste afro-américain Theaster Gates. C’est la première œuvre de cet artiste à entrer au Musée, et la première de la série « Ground Rules » à entrer dans une collection publique au Canada.

Mary Dailey Desmarais. Photo Stéphanie Badini

Mary-Dailey Desmarais

Conservatrice en chef

Né à Chicago en 1973, Gates est sans aucun doute l’un des artistes les plus importants de sa génération. S’inspirant d’un vaste éventail de techniques et de savoir-faire – sculpture, performance et recherche archivistique, entre autres –, il a mis au point de nouveaux modèles de création artistique et de transformation sociale par lesquels il explore les notions de valeur, d’économie et d’échange spirituel ou matériel. Notre manière actuelle de penser l’art et l’histoire de l’art a été influencée par son travail.

Gates décrit sa méthode comme « une critique par la collaboration » : souvent en partenariat avec des architectes, des chercheurs et des performeurs, il réalise des œuvres qui élargissent notre compréhension des pratiques en arts visuels. Au cœur de sa démarche s’enracine un engagement envers la culture et l’histoire afro-américaines. En particulier, l’œuvre de Gates suscite la discussion sur l’inégalité raciale aux États-Unis.

Dorchester Projects

Parmi ses projets créatifs les plus ambitieux figure le développement immobilier Dorchester Projects, également le plus connu. Vers la fin de 2006, Gates a acheté une propriété abandonnée située au coin de la 69e Avenue et de l’avenue Dorchester, dans le quartier South Side de Chicago. En collaboration avec une équipe d’architectes et de designers, il en a vidé le contenu et l’a entièrement remise à neuf. L’édifice et, par la suite, plusieurs autres autour ont été transformés en un dynamique carrefour culturel, doté d’une bibliothèque, d’une discothèque, et de différentes salles où l’on peut manger ou assister à des concerts et des performances. De ce projet est née la Rebuild Foundation (2010), plateforme sociale à but non lucratif vouée à la régénération du quartier, à la programmation d’activités artistiques communautaires et au développement culturel de Chicago. Gates parle de son projet comme d’un « art immobilier ». Ce dernier s’inscrit dans un écosystème circulaire où la rénovation des propriétés se finance en grande partie par la vente d’œuvres d’art, elles-mêmes conçues à partir de matériaux récupérés à l’intérieur des bâtiments.

Dorchester Projects, Chicago, 2014. Image Sara Pooley. Courtesy Rebuild Foundation

« Ground Rules »

Notre acquisition, Les règles du jeu (Ligne rouge, ligne verte), est liée conceptuellement à ce projet de renaissance urbaine, en plus d’appartenir à l’une des séries les plus importantes créées par Gates à partir d’objets. Dans « Ground Rules », en effet, l’artiste donne une nouvelle vie à des décombres de planchers provenant de gymnases d’écoles secondaires désaffectées de Chicago. Pour lui, les règles des sports que représentent les marques de couleur sur le plancher d’un gymnase sont l’un des moyens par lesquels les enfants comprennent le fonctionnement de l’ordre social en général. Or, quand on n’a plus accès au gymnase, on n’a plus accès au privilège ni à l’apprentissage des règles, grandes et petites, qui structurent la société1. En fusionnant le sport et la vie, l’histoire de l’art, l’histoire sociale et la collectivité, les œuvres qui composent « Ground Rules » illustrent parfaitement les forces qui animent la pratique de Gates.

Dans Les règles du jeu (Ligne rouge, ligne verte), les planches de bois et les marques rouges, vertes et noires d’un gymnase désaffecté sont reconfigurées pour former une abstraction géométrique rythmée. Celle-ci place l’œuvre en dialogue avec l’histoire de l’art, offre une visibilité nouvelle aux artistes noirs au sein de cette histoire et trouve un écho dans la communauté du South Side de Chicago. Nous sommes profondément reconnaissants à nos mécènes pour ce don majeur.

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