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23 septembre 2021

Écologies : ode à notre planète

Kim Dorland (né en 1974), Nature Painting II, 2008, huile et acrylique sur contreplaqué, 182,2 x 243 x 4,8 cm. MBAM, don de Pierre et Anne Marie Trahan, Collection Majudia. Photo MBAM, Denis Farley

Nouvelle présentation avec plusieurs œuvres récemment installées!

À l’affiche jusqu’au 3 avril 2022, cette exposition réunit près de 90 œuvres issues de la collection du Musée. Chacune d’entre elles – installations, vidéos, sculptures, peintures, dessins et photographies d’artistes canadiens et internationaux – propose une interprétation unique de la notion d’écologie. Revitalisé par la rotation récente de certaines œuvres, l’ensemble offre l’occasion de découvrir de nouvelles acquisitions et des pièces rarement ou jamais montrées, tout en revisitant des coups de cœur du public.

Iris Amizlev. Photo MBAM, Christine Guest

Iris Amizlev

Conservatrice – Projets et engagement communautaires

Le sujet de l’écologie suscite une vaste gamme d’émotions et d’idées. Certaines images sont propres à nous réjouir et à nous émerveiller : un sous-bois où foisonnent fougères, mousse et champignons; un océan bouillonnant de vie, avec des récifs coralliens florissants; une faune qui s’épanouit dans tous les habitats de la Terre... Mais les ravages de l’activité humaine sur l’ensemble de la biosphère compromettent ces visions idéalisées. La crise climatique qui met en péril notre planète et la vie qu’elle abrite accélère le déploiement d’efforts internationaux. Partout, on s’active à renverser cette tendance destructrice avant qu’il ne soit trop tard.

Écologies met en lumière des artistes d’horizons divers, de même que les approches multiples et le vocabulaire formel distinctif qu’ils utilisent. Leurs mises en garde, critiques, hommages et ravissements, leurs portraits d’entités et d’univers dépeints dans des décors variés, ne manqueront pas d’engager une vaste réflexion et un dialogue ouvert au sujet de notre planète. L’exposition aborde de front des thèmes tels que l’impact de la présence humaine sur la terre, l’air et l’eau, le réchauffement planétaire et l’épuisement des ressources naturelles, en même temps qu’elle présente des images de milieux vivants et prospères et des solutions possibles à la crise, comme le suprarecyclage et la collaboration avec la nature.

Ce sont les populations qui vivent en symbiose avec la nature qui subissent les plus grands contrecoups des changements climatiques. Dans les pays qui ont connu la colonisation, l’occupation des terres ancestrales et l’exploitation abusive des ressources ont eu et continuent d’avoir des répercussions désastreuses : elles ont forcé certains groupes à s’adapter à de nouvelles situations et à des modes de vie altérés. La force destructrice des humains est un thème récurrent dans l’œuvre de plusieurs des artistes exposés. Lawrence Paul Yuxweluptun, descendant des Premières Nations Salish et de l’Okanagan, est un acteur engagé dans les enjeux environnementaux. Il dénonce les effets de la colonisation sur les territoires non cédés, de même que sur la faune et la flore des terres autochtones. Sa représentation de la contamination causée par une catastrophe minière, en Colombie-Britannique, en est un exemple éloquent.

Lawrence Paul Yuxweluptun (né en 1957), Pollycouleur, 2014
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Des œuvres d’artistes inuit traitent pour leur part de la réalité écologique de l’Arctique, où les températures grimpent deux fois plus rapidement qu’ailleurs et où la calotte glaciaire diminue à vue d’œil. À la dérive, de la série « Global Warming Awareness Polar Bears » [Sensibilisation au réchauffement climatique – les ours polaires], d’Alec Lawson Tuckatuck, est un rappel brutal des ramifications de la crise pour les populations qui dépendent de la glace pour survivre. Des sculptures animalières comme celle-ci balisent le parcours de visite. Elles sont disposées çà et là sous une ligne d’horizon. Cette juxtaposition souligne le fait que l’augmentation du niveau d’eau causée par l’accélération de la fonte des glaces terrestres, elle-même due au réchauffement, modifie les habitudes migratoires des animaux et menace leur survie. Plus encore, ce phénomène dérègle complètement les cycles météorologiques, ce qui a de graves incidences sur le mode de vie traditionnel des Inuit.

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Par de grands coups d’éclat, certaines œuvres célèbrent les richesses de la nature et honorent les cohabitants vénérés du territoire. Irrémédiablement perdus d’Adrian Stimson incarne la survivance et la régénération culturelle. Pour l’artiste, membre de la Nation Siksika, le sort du bison symbolise la destruction du mode de vie autochtone. Ici, il assimile l’état actuel de son peuple à celui du bison : l’un et l’autre perdurent et font preuve de résilience en résistant aux forces qui les ont poussés au bord de l’extinction.

Adrian Stimson (né en 1964), Irrémédiablement perdus
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L’environnement dénudé de Note d’ornement, de Barbara Steinman, inspire l’étonnement et la contemplation tout en laissant présager un avenir sombre. Sur un arrière-plan de ciel, de vagues et de glace, la scène montre l’image saisissante d’habits vides sur la grève. Elle semble intemporelle, comme si elle flottait quelque part entre le passé et un avenir inconnu. La construction par Holly King d’un paysage miniature, qu’elle photographie et agrandit ensuite, a un effet similaire : ce ciel inquiétant surplombant une étrange forêt a quelque chose de prémonitoire. La photographie d’Edward Burtynsky, elle, documente le plus grand déversement de l’histoire des forages pétroliers en mer. Celui-ci a causé, dans le golfe du Mexique, la mort d’innombrables poissons, mammifères, tortues et oiseaux. En parallèle, les gros plans d’Andreas Feininger sur des coquillages et des coraux nous incitent à réfléchir à la perte d’habitats et de biodiversité, et à la menace que représentent pour les écosystèmes fragiles la pollution, le réchauffement et l’acidification des océans, le ruissellement agricole et les autres conséquences dommageables de l’activité humaine.

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L’installation filmique de Charles Stankievech, L’éther sonifère des terres au-delà des terres au-delà – dont les images ont été tournées pendant la nuit polaire dans l’établissement le plus au nord sur terre, au Nunavut –, étale sous nos yeux l’immensité et la désolation du territoire. Mais des signes de présence humaine, à la station Alert des Forces canadiennes, ponctuent cet espace vierge. Dans Miroirs du cosmos, Marie-Jeanne Musiol se sert de la photographie électromagnétique pour capter la couronne lumineuse des plantes. Son exploration en gros plan des émissions d’énergie et des champs magnétiques donne naissance à des paysages cosmiques où sont gravés, selon l’artiste, des motifs aptes à nous renseigner sur l’évolution et qui pourraient aider à rétablir l’équilibre de la nature. Dans la série intitulée « Paysages étalonnés », Denis Farley s’invite dans des décors industriels ou naturels. Vêtu d’un costume à carreaux rouges et blancs, il sert d’échelle à l’image, de mesure par rapport à l’environnement où il se trouve. Il s’agit peut-être d’une allusion au fait que toute personne, aussi petite soit-elle devant les grands enjeux de notre époque, a le pouvoir de produire des changements radicaux.

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De sublimes représentations de la nature dans toute sa complexité font contrepoids aux prévisions alarmantes annoncées. Ces œuvres porteuses d’espoir invitent le public à s’émerveiller devant la beauté, la majesté et la puissance du monde naturel. Dans Plaines LeBreton, Ottawa, un paysage urbain fabriqué d’images composites, Lorraine Gilbert propose un nouveau royaume enrichi par l’intervention humaine. Ici, les fleurs sauvages du premier plan dominent les constructions artificielles.

Lorraine Gilbert (née en 1955), Plaines LeBreton, Ottawa, de la série « Il était une forêt », 2010, impression à jet d'encre sur polypropylène, 2/5, 152,6 x 492,7 cm. MBAM, don anonyme

Si ce n’était de son titre, le public ne devinerait jamais que la photographie de Robert Walker a été prise dans un décor urbain. L’image immortalise la nature dans toute sa gloire au Jardin botanique de Montréal. Avec sa combinaison savamment orchestrée de plantes, son étourdissante gamme de couleurs et sa composition nette, elle semble presque irréelle – un peu comme la création qu’elle est en réalité.

Donnant à voir une nature tantôt intacte, tantôt transformée par nos forces destructrices, Écologies stimule sans faillir nos réflexions sur le besoin urgent de restaurer l’équilibre que nous avons compromis. L’exposition invite en outre à penser au développement durable et aux solutions à mettre en place pour un monde plus sûr, fruit d’une relation plus harmonieuse entre l’humain et la nature.

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Écologies : ode à notre planète
Jusqu’au 3 avril 2022
Pavillon Jean-Noël Desmarais – niveau S2

Crédits et commissariat Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal. Le commissariat est assuré par Iris Amizlev, conservatrice – Projets et engagement communautaires au MBAM. Écologies est une présentation d’Hydro-Québec. Le Musée reconnaît l’apport essentiel de son commanditaire officiel, Peinture Denalt. Il remercie le Cercle des Jeunes philanthropes du MBAM, qui est fier de contribuer à son programme d’art contemporain, ainsi que le ministère de la Culture et des Communications, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.

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