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13 décembre 2021

Une œuvre de Kapwani Kiwanga entre croyances spirituelles et engagement politique

Kapwani Kiwanga (née en 1978), Nations: Burning of Cap-Français, June 1793 [Nations : Incendie du Cap-français, juin 1793], 2020, tissu, sequins, perles de verre, passementerie, acier peint à l’époxy, 158 x 327 x 22 cm. MBAM, achat, fonds de la Campagne du Musée 1998-2002. © Kapwani Kiwanga / SOCAN (2021). Photo MBAM, Jean-François Brière

Le Musée vient d’acquérir Nations: Burning of Cap-Français, June 1793 [Nations : Incendie du Cap-Français, juin 1793] – première œuvre de l’artiste afro-canadienne de renommée internationale Kapwani Kiwanga à faire son entrée dans la collection permanente. Actuellement présentée dans les salles d’art contemporain réaménagées du pavillon Jean-Noël Desmarais, cette œuvre fait partie de MonMBAM, expérience numérique offerte dans notre nouvelle application Écho.

eunice bélidor

Conservatrice de l’art québécois et canadien contemporain (1945 à aujourd’hui), titulaire de la Chaire Gail et Stephen A. Jarislowsky

Née en 1978 à Hamilton, en Ontario, Kiwanga est l’une des artistes les plus importantes de sa génération. Elle est reconnue pour son utilisation créative de techniques artistiques variées, ainsi que pour les idées et propos qu’elle véhicule dans ses œuvres. Dans AFROGALACTICA: A brief history of the future, par exemple, elle s’est servie de la performance pour articuler une réflexion sur les grands thèmes de l’afrofuturisme. Et pour réaliser Flowers for Africa, un projet évolutif qui porte sur les images d’archives de l’indépendance du continent africain, elle emploie des fleurs fraîches et du feuillage qu’elle laisse ensuite se dégrader. « De même que l’enthousiasme présent pendant la période des indépendances s’est estompé, les rêves panafricains ont été éclipsés par les difficultés quotidiennes du citoyen africain moyen », explique Kiwanga au sujet de ce processus. Sa démarche est en forte résonance avec les débats actuels : les rapports de domination entre êtres et civilisations, le féminisme et ses différentes formes culturelles, les effets encore visibles du colonialisme, les situations d’oppression et de contrôle, les questions de genre, de classe et de racisation... Autant de thèmes qui traversent les installations, sculptures, vidéos et films de l’artiste, et qui poussent sa production aux confins du postminimalisme et de l’art conceptuel.

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Série « Nations »

Ce projet a pris forme lors d’un séjour de Kiwanga en Haïti, en 2009. S’inscrivant dans le prolongement des recherches de l’artiste sur les liens entre croyances spirituelles et politique, « Nations » s’inspire de la nature syncrétique du vaudou. Kiwanga a fait broder des bannières à partir de fragments de tableaux historiques européens réalisés au XIXe siècle – des peintures et des gravures qui illustrent la révolution haïtienne. Pour réinterpréter ces œuvres, elle a fait appel à l’atelier Jean-Baptiste Jean-Joseph, où Françoise Hazel a coordonné le travail de broderie et de perlage d’artisans locaux. Elle leur a fourni une image de base, mais est intervenue le moins possible dans leurs choix formels, les laissant même décider des couleurs. Les compositions qui en résultent peuvent aussi bien être vues comme des drapeaux que des tableaux. Or, le drapeau revêt ici une double signification : il symbolise les États-nations et renvoie au « drapo » vaudou à paillettes, objet sacré.

Nations: Burning of Cap-Français, June 1793 [Nations : Incendie du Cap-Français, juin 1793]

Notre acquisition fait référence à la naissance d’Haïti, premier État noir indépendant, après la révolution haïtienne et l’émancipation des esclaves. En 1793, la guerre civile s’intensifie : un incendie se déclare et ravage la « Perle des Antilles ». Sous la pression des nouvelles élites, représentées par des généraux noirs comme Toussaint Louverture, la Convention nationale signe le décret de l’abolition de l’esclavage le 4 février 1794. Le 1er janvier 1804, Haïti devient la première république noire du monde.

Cette œuvre trouve un écho profond auprès de la communauté haïtienne de Montréal, plus grande diaspora noire établie dans la métropole. Nous avons maintenant l’honneur de présenter au public l’histoire si importante qu’elle évoque.

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Vivez une toute nouvelle expérience numérique au cœur de la collection!

Lors de votre prochaine visite au Musée, faites l’essai de notre application Écho, basée sur une technologie de reconnaissance d’image très simple à utiliser. À partir de votre téléphone intelligent, vous aurez accès à des contenus vidéo inédits sur une sélection d’œuvres de la collection. Repérez les pastilles Écho, puis laissez-vous guider par les coups de cœur de membres du personnel du MBAM et de plusieurs personnalités publiques, dont la poétesse Joséphine Bacon, le chef David McMillan, le designer Denis Gagnon, la réalisatrice Sophie Deraspe et l’athlète olympique Marie-Philip Poulin.
Assurez-vous d’apporter vos écouteurs pour profiter pleinement de cette expérience numérique novatrice, une première dans un musée canadien!

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