Mot de la Directrice

LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL, UN VECTEUR DE PROGRÈS SOCIAL INSPIRANT À L’INTERNATIONAL

 

Avec 450 partenariats sur une base régulière avec des associations, des cliniques, des hôpitaux, des centres de recherche ou des universités, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) s’impose par la diversité et l’étendue de son action dans le champ social à Montréal, modèle commenté et remarqué à l’international.

L’art fait du bien socialement et individuellement. La culture mobilise 100 % de nos débats sur les enjeux d’intégration du modèle multiculturel dans notre nouvelle ère interculturelle… mais nous constatons que la culture, et pas juste au Québec, correspond à seulement 1 % de nos budgets. Pourtant, selon nous, la culture a un mandat supraministériel. Si le soutien aux artistes et à l’histoire de l’art est conservé au cœur de la mission muséale, ce n’est pas suffisant.

Repenser l’art comme une force de cohésion sociale et de bien-être individuel s’impose. Si le XXe siècle a promu notre être instinctif et primitif – en art comme en psychologie – dans un corps désormais libéré, je pense que le XXIe siècle valorisera toujours davantage l’être expérientiel dans notre monde virtuel, à l’instar du philosophe Gilles Lipovetsky.

 

NOTRE VISION VEUT REDÉFINIR LE RÔLE D’UN MUSÉE DES BEAUX-ARTS DANS LA SOCIÉTÉ. COMMENT ?

Repenser la pertinence institutionnelle : est-ce qu’un musée interroge, converse, s’engage et agit en faveur des grands enjeux de son temps ? Plus qu’un coffre-fort où serait déposé un capital d’œuvres d’art, autant de valeurs dans la bourse informelle d’échanges qui régit l’économie de l’évènementiel, le musée doit servir des valeurs, et pas seulement dans le cadre d’expositions ponctuelles.

Repenser les collections, c’est accepter d’ouvrir en grand les portes d’un musée des beaux-arts à d’autres disciplines ; c’est envisager les œuvres dans leur complexité réelle en multipliant les perspectives. Au-delà de l’histoire de l’art, les œuvres doivent s’affranchir des monologues disciplinaires pour rejoindre tous les champs du savoir, pour décadenasser le discours et susciter une maïeutique décloisonnée.

Repenser les publics, c’est repenser le visiteur biologique et expérientiel. Notre besoin de « beauté », ou tout au moins d’émotion esthétique, est physiologique, et pas seulement philosophique ou culturel. Le musée est une école du sensible où se connecter avec notre être émotionnel. En ce sens, comme l’amour ou l’amitié, l’émotion esthétique suscite des sentiments positifs et de bien-être, tel que démontré par les neurosciences : l’art constitue une soft power, une puissance douce, en activant nos circuits de l’empathie.

Repenser le contexte, c’est favoriser les partenariats cocréatifs avec d’autres experts –, écoles, organismes, associations, instituts, universités –, non pas pour cohabiter, mais bien pour coévoluer. Se mettre à la disposition des acteurs de changement social exige humilité, générosité, flexibilité, réactivité, ouverture, inventivité. Susciter et nourrir l’interdisciplinarité devient constitutif du nouvel ADN d’un musée cré-actif.

2019 : LE NOUVEAU CHANTIER DU MBAM

L’AILE DES CULTURES DU MONDE ET DU VIVRE-ENSEMBLE STÉPHAN CRÉTIER ET STÉPHANY MAILLERY

Avec D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face, d’hier à aujourd’hui et Nous sommes ici, d’ici : l’art contemporain des Noirs canadiens, nous lançons notre chantier (réinstallations, acquisitions, éducation, associations…) pour une diversité culturelle toujours plus inclusive. Forme de préfiguration, cette saison annonce l’aile des cultures du monde et du vivre-ensemble. Elle sera inaugurée dans un an grâce à l’exceptionnel soutien de Stéphan Crétier et Stéphany Maillery, nouveaux grands donateurs : merci pour leur engagement et leur générosité, essentiels à la réalisation de ce projet d’avenir, celui d’une métropole culturelle pour le nouveau siècle.