LA RESTAURATION DES VITRAUX

La restauration et la reconversion de la nef de l’église en salle de concert ont donné lieu à un immense chantier d’étude et de nettoyage de l’exceptionnel ensemble de vitraux décorant l’édifice et faisant partie de la collection du Musée. Des 146 fenêtres de type vitrail – des plus simples, aux formes géométriques, aux grandes compositions figuratives –, 81 ont été restaurées, dont les 20 vitraux Tiffany commandés au tournant du XXe siècle pour l’église American Presbyterian de la rue Dorchester (maintenant démolie), qui furent réinstallés dans l’église Erskine and American en 1937-1938 ; il s’agit sans contredit de la plus importante collection du genre au Canada. La direction a souhaité permettre aux mélomanes qui assistent aux concerts dans la salle Bourgie, ainsi qu’aux visiteurs du Musée, de pleinement apprécier ces vitraux grâce à un système innovateur de rétroéclairage permanent, une première à une telle échelle.

Dix-huit des vingt vitraux Tiffany sont issus de la meilleure période des ateliers de la Tiffany Glass and Decorating Company, entre 1897 et 1904, soit l’apogée de la production de la fameuse entreprise new-yorkaise. Cet ensemble fit l’objet de l’une des deux seules commandes exécutées par Tiffany pour le Canada et est l’une de ses rares séries religieuses subsistant en Amérique du Nord. Absolument magnifiques, quatre gigantesques verrières à double lancette font près de 4 mètres de haut sur 1,5 mètre de large. Plus de cinq mille heures de travail et un demi-million de dollars ont été requis pour mener à bien la restauration des vitraux Tiffany, au cours de la plus ambitieuse campagne du genre jamais entreprise par le Musée.