Jean-Baptiste Greuze
Tournus 1725 – Paris 1805
Portrait de Madame Mercier
Vers 1780
Huile sur toile
63 x 52 cm
Achat, don des Musées nationaux du Canada, inv. 1973.10
Ce délicieux portrait, entre innocence et volupté, est caractéristique de Greuze avec sa composition suave et son format ovale. La robe de mousseline enrubannée de bleu clair est en vogue avec les robes à la polonaise blanches et légères de Marie-Antoinette. La chevelure brune vaporeuse, parsemée de perles, entoure un visage délicatement dessiné au regard doux et mélancolique. Greuze représente à lui seul un phénomène dans le domaine de la peinture au milieu du dix-huitième siècle en créant un nouveau genre appelé peinture morale. Admirée par les critiques comme Diderot, sa peinture offrait une nouveauté incomparable.


Il n’en reste pas moins un admirable portraitiste. L’époux du modèle, Louis-Sébastien Mercier, personnage du milieu littéraire parisien de l’époque, est romancier et essayiste. Il développe une œuvre puissante autour du drame historique. Amis, Greuze et Mercier, partagent curiosité et habileté à montrer les mœurs des classes moyennes et populaires : « Greuze et moi, nous sommes deux grands peintres, du moins Greuze me reconnaissait comme tel. Nous nous connaissions depuis longtemps, il a mis le drame dans la peinture et moi la peinture dans le drame ». Ce tableau fut sans doute commandé en pendant au portrait de Mercier, aujourd’hui non localisé.
Cette oeuvre est présentement exposée en salle