
Roland Poulin (né en 1940), In Extenso 2, 2007-2008, bois peint, 118,3 x 487 x 92 cm. MBAM, don de Roland Poulin à l’occasion du 150e anniversaire du Musée des beaux-arts de Montréal. Photo MBAM

Roland Poulin (né en 1940), In Extenso 2, 2007-2008, bois peint, 118,3 x 487 x 92 cm. MBAM, don de Roland Poulin à l’occasion du 150e anniversaire du Musée des beaux-arts de Montréal. Photo MBAM
Hors socle
Cette exposition explore, à travers des œuvres de la collection du MBAM réalisées par des artistes d’ici et d’ailleurs, les approches qui ont radicalement transformé la sculpture à partir des années 1960.
Produites à l’aide d’une variété de techniques et de matériaux, ces œuvres revêtent différentes formes et dimensions, allant des constructions massives et monumentales aux compositions plus fines et éthérées. Ensemble, elles incarnent l’esprit de liberté qui caractérise les années 1960-1970 et qui a inspiré, depuis, plusieurs générations d’artistes.
Au cours de ces deux décennies, les artistes ont cherché de nouvelles manières d’aborder l’art tridimensionnel et ont poussé l’expérimentation toujours plus loin. Pour les adeptes du minimalisme et du land art, les propriétés physiques de l’œuvre – ses dimensions, sa structure, sa masse, sa position dans l’espace et son caractère interactif – prennent le pas sur les autres considérations artistiques.
Pour ceux de l’art conceptuel, en revanche, la matérialité est secondaire – la représentation de l’idée, du concept, est plus importante que l’apparence du produit fini. Les tenants de ces trois mouvements radicaux ont brouillé les frontières préétablies, nous obligeant à revoir notre définition de la sculpture tout comme la terminologie qui lui est associée.
En présentant des pièces à même le sol, accrochées aux murs ou suspendues dans les airs, l’exposition redéfinit notre façon d’interagir avec la sculpture dans l’espace. Elle nous invite à établir un contact non seulement visuel, mais aussi expérientiel, avec les œuvres qui nous entourent.
Sterling Ruby (né en 1972), Vampire 108, 2013, coton, polyester, fibre de polyester, 217 x 94 x 18 cm. MBAM, achat, grâce à la générosité de Lynn Factor et Sheldon Inwentash. Photo MBAM
Une conception nouvelle de la sculpture
Faire descendre la sculpture de son socle et la placer directement sur le sol ; l’accrocher à un mur ou la suspendre au plafond ;la réduire à un monticule de terre, ou encore la faire sortir de la salle d’exposition et l’intégrer dans un environnement naturel… Toutes ces approches ont ouvert la voie à une conception nouvelle de la sculpture.
Sans les contraintes physiques du socle, les artistes se sont sentis libres de jouer avec l’échelle, le volume, la composition et même le lieu de présentation. Pouvant être créées n’importe où, avec n’importe quels matériaux, les œuvres tridimensionnelles sont souvent devenues monumentales, massives, voire immersives. Certaines sont produites dans des lieux inusités ou isolés, notamment en plein désert. Adaptées au site, immobiles et intégrées au paysage, elles s’étendent parfois sur des kilomètres. D’autres ne consistent qu’en un espace vide, ou sont éphémères, vouées à disparaître sans laisser de trace.
Richard Artschwager (1923-2013), Splatter Chair III, 1992, aluminium chromé, contreplaqué, peinture‑émail, 112,5 x 107 x 57,9 cm. MBAM, don d’Ann Birks à la mémoire de son époux, Barrie Drummond Birks. © Richard Artschwager / Artists Rights Society (ARS), New York / CARCC Ottawa. Photo MBAM
Ulysse Comtois (1931-1999), prototype pour la sculpture Maille, 1966, bois peint, 503,5 x 6,7 x 6,7 cm. MBAM, don de Louise Masson. Photo MBAM
Crédits et commissariat
Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal.
Le commissariat est assuré par Iris Amizlev, conservatrice des projets spéciaux au MBAM.




