Monkman se moque subtilement du roi Louis XV (1710-1774), figure majeure de la colonisation française en Amérique du Nord au 18e siècle. Bien qu’il ait commandé nombre de peintures de scènes de chasse exotiques, il n’a jamais fait représenter la traite des fourrures, pierre angulaire de l’économie de la Nouvelle-France. Monkman met les amiskwak (castors) au premier plan, qui sont encore à ce jour porteurs de significations spirituelles et écologiques profondes pour de nombreuses nations autochtones. Leur abattage massif, destiné à répondre à la demande européenne en peaux, a provoqué d’importants ravages environnementaux. L’œuvre souligne le rôle central et la valeur symbolique de ces créatures dans la région des Grands Lacs.