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MARIE LAURENCIN
Paris 1883 – Paris 1956

Célimène
1937
Huile sur toile
61,3 x 50,5 cm

Don d’Eric Klinkhoff en l’honneur de M. et Mme Walter Klinkhoff

© Marie Laurencin / Fondation Foujita / ADAGP, Paris / CARCC Ottawa 2026
Photo MBAM


Caractérisé par des formes arrondies, des contours épurés et une palette de couleurs douces, le style distinctif de Marie Laurencin ne s’est révélé pleinement qu’autour des années 1920. Si, par le passé, les critiques ont souvent associé les sujets et le style de la peintre à une sensibilité toute féminine, les historiens de l’art y voient aujourd’hui quelque chose de plus complexe : le reflet des choix conscients de l’artiste, son interprétation évolutive des tendances de l’époque.

Représentative du style tardif de Laurencin, Célimène (1937) témoigne d’ailleurs de l’aisance avec laquelle elle arrive à représenter et à combiner différents univers : celui d’un modernisme très assumé, et celui, plus féminin et discret, de la scène queer parisienne. Une femme vêtue d’une robe fluide et colorée, portant un foulard et des perles, pose devant un fond sans relief ni profondeur, une guitare à sa gauche. Il s’agit de la charmante et spirituelle Célimène, personnage du Misanthrope de Molière. Elle semble être dans une pièce sombre et étouffante, mais sa tenue flamboyante et la présence de l’instrument de musique en arrière-plan évoquent un sentiment de liberté. Laurencin essaie peut-être ainsi de nous dire que, pour elle, l’art est un précieux moyen d’évasion.

Célimène a été offerte au Musée par Eric Klinkhoff, dont le père, le marchand d’art montréalais Walter Klinkhoff (1919-1997), appréciait grandement le travail de Laurencin. En février 1981, l’œuvre a été présentée dans sa galerie, dans le cadre d’une exposition consacrée à Marie Laurencin et à Suzanne Valadon.

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