Vingt-huit ans après sa dernière exposition au Musée, Keith Haring est de retour. Présentée en primeur canadienne, Keith Haring en 3D est la première exposition consacrée à l’œuvre tridimensionnelle de l’un des artistes les plus influents et emblématiques de la fin du 20e siècle – une invitation à circuler au cœur et autour de ses créations comme jamais auparavant.
Keith Haring (1958-1990) rêvait d’un art universel et omniprésent : au cours de sa brève carrière, qui n’aura duré qu’un peu plus de dix ans, il a animé la moindre surface disponible de ses silhouettes reconnaissables au premier regard. Ce sont ces images qui ont surtout fait sa renommée, cet univers visuel né de dessins esquissés clandestinement dans le métro de New York, puis déployé à grande échelle dans de vastes murales. Mais sa créativité débordante ne s’est jamais limitée à la surface plane.
Keith Haring a créé des centaines d’œuvres en trois dimensions. Ses premières interventions, réalisées sur des objets glanés dans la rue ou dans des magasins, se sont ensuite transposées sur le corps de ses amis, avant de prendre la forme de sculptures monumentales en bois et en métal. L’artiste a même ouvert une boutique entièrement consacrée à ses œuvres, baptisée le « Pop Shop ». Chemin faisant, il a collaboré avec des artistes de différents horizons – graffiti, musique et danse –, dont de grandes vedettes comme Madonna et Grace Jones. Avec cet entourage artistique, dans lequel gravitaient aussi ses amis Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat, il a contribué à forger l’esthétique des années 1980 : l’ère des boîtes de nuit, du hip-hop et de MTV, mais aussi, tragiquement, du sida, qui devait l’emporter prématurément à l’âge de trente et un ans.
Première exposition consacrée à la pratique tridimensionnelle de l’artiste, Keith Haring en 3D en révèle toute l’étendue et la richesse : objets trouvés, vases en terre cuite, sculptures usinées, vêtements, accessoires de scène et autres créations peintes. À travers cet ensemble foisonnant, l’exposition célèbre non seulement la créativité de Haring, mais aussi le bouillonnement culturel d’une époque à laquelle il a insufflé une formidable énergie. Surtout, elle met en lumière l’actualité de sa vision : celle d’un art public et rassembleur, puissant vecteur d’inclusion, de dialogue et d’action collective.
Keith Haring (1958-1990), Robot, 1983. Collection Keith Haring Foundation. © Keith Haring Foundation. Photo Joshua White
Crédits et commissariat
Une exposition organisée par le musée Crystal Bridges, Bentonville (Arkansas).
Le commissariat est assuré par Glenn Adamson, conservateur indépendant, et Victor Gomez, conservateur adjoint de l’art contemporain, Crystal Bridges. Iris Amizlev, conservatrice des projets spéciaux au MBAM, est responsable de la présentation montréalaise.



