Niveau 4 Collection du Musée : Art inuit
Niveau 3Collection du Musée : Les identités fondatrices (1700-1880)
Niveau 2Collection du Musée : L’époque des salons (1880-1930)
Niveau 1Collection du Musée : Les chemins de la modernité (1930-1940)
Niveau S1Collection du Musée : Le temps des manifestes (1940-1960)
Salle de concert Bourgie
Niveau S2Collection du Musée : Champs libres (1960-1980)

Le bâtiment ajouté à l’église permet de déployer enfin les extraordinaires collections d’art canadien ancien et moderne du Musée. Des centaines d’œuvres sont (re)découvertes, dont plusieurs acquisitions majeures récemment obtenues, notamment dans le cadre de la campagne du 150e anniversaire du Musée en 2010. Un grand nombre d’œuvres ont aussi été restaurées ou réencadrées. Cette collection patrimoniale déroule son fil chronologique de haut en bas.

Le parcours muséographique conceptualisé principalement par Jacques Des Rochers, conservateur de l’art québécois et canadien, avec l’aide des conservateurs Anne Grace (art moderne) et Stéphane Aquin (art contemporain), regroupe quelque six cents œuvres dans une scénographie conçue par le designer Daniel Castonguay. Chacun des six niveaux met en valeur une période historique pour laquelle une proposition muséographique distincte facilite aujourd’hui, pour la première fois, la lecture et l’appréciation de l’art québécois et canadien.

Une campagne de restauration sans précédent

La construction puis l’aménagement du pavillon Claire et Marc Bourgie ont offert une occasion unique aux Services de la conservation et de la restauration de travailler conjointement pour mener de rigoureuses restaurations. Jamais, depuis sa fondation, le Musée n’a fourni un tel effort pour étudier, restaurer, exposer et valoriser cette collection. Sous la direction de Richard Gagnier, une centaine d’œuvres ont été remises en état :

« Non seulement une telle campagne ciblée nous a permis d’entreprendre des traitements précis sur des œuvres jugées matériellement instables ou esthétiquement inacceptables, mais elle nous a également permis d’évaluer l’état de l’ensemble d’un corpus et de prendre connaissance des multiples mesures qui ont été appliquées au fil des ans afin d’assurer sa pérennité, sa bonne santé. »

– Richard Gagnier, chef du Service de la restauration

Les vitraux Tiffany

La restauration et la reconversion de la nef de l’église en salle de concert ont aussi donné lieu à un immense chantier d’étude et de nettoyage de l’exceptionnel ensemble de vitraux décorant l’édifice et faisant partie de la collection du Musée. Dix-huit des vingt vitraux Tiffany sont issus de la meilleure période des ateliers de la Tiffany Glass and Decorating Company, entre 1897 et 1904, à l’apogée de la production de la fameuse entreprise new-yorkaise. Cet ensemble fut l’une des deux seules commandes exécutées par Tiffany pour le Canada et demeure l’une de ses rares séries religieuses subsistant en Amérique du Nord. Aujourd’hui, après un demi-siècle d’oubli, ce patrimoine inestimable est enfin accessible !

Visites guidées de la salle Bourgie et de ses vitraux

La Salle Bourgie, un écrin unique

Salle Bourgie

Pendant que Bernard Lamarre rêvait d’acquérir l’église Erskine and American, un autre Montréalais, Pierre Bourgie, collectionneur d’art contemporain… et passionné de musique, souhaitait ardemment redonner à une église montréalaise désaffectée une vocation musicale. Il voulait que le grand public puisse apprécier une grande variété de courants et d’ensembles musicaux dans un de ces lieux où l’acoustique est généralement excellente.

Par ses dimensions et ses 444 places assises, cette salle est parfaitement adaptée aux besoins des ensembles de musique de chambre et autres formations, tels les orchestres à cordes. Elle possède deux pianos Steinway neufs, deux clavecins et un clavicythérium, un orgue de chambre de douze jeux du facteur montréalais Hellmuth Wolff.

Consultez la programmation des concerts de la Fondation Arte Musica à la salle Bourgie.

Les concerts programmés, tant par la Fondation Arte Musica que par des organismes musicaux privés, confirment l’intérêt de la communauté pour une telle salle, à la fois intimiste et spectaculaire dont le répertoire couvre la musique ancienne et contemporaine, dont le jazz et les musiques des cultures du monde, pour offrir aux amateurs des expériences musicales reflétant la diversité des collections du Musée.

L’église Erskine and American

Un monument historique sauvegardé

Depuis longtemps, un homme caressait l’idée d’acquérir une magnifique église, voisine du Musée…

En savoir plus

Bernard Lamarre aimait la solidité de son architecture de pierre, sa nef grandiose, ses vitraux somptueux. Il savait aussi les difficultés financières auxquelles faisait face sa communauté peu nombreuse. Et il lui paraissait impensable que ce monument de l’histoire de Montréal puisse perdre sa vocation d’espace public. De par sa proximité et sa vocation, le Musée était le mieux placé pour préserver ce bâtiment dont l’avenir paraissait menacé. L’église va donc s’offrir une nouvelle vie en devenant le quatrième pavillon du Musée. Avec l’acquisition de l’église Erskine and American, le Musée a réalisé un projet original, unique au Canada : d’un côté un pavillon d’art canadien, de l’autre une salle multidisciplinaire dans laquelle seront présentés majoritairement des concerts, tout en permettant de sauvegarder un lieu « d’importance historique nationale ».

Cette histoire témoigne de l’ascension de la communauté d’origine écossaise vivant à Montréal. Issue du presbytérianisme, une religion née en Écosse en 1560, l’Église « Erskine » s’établit officiellement au Canada en 1833. Devenue de plus en plus riche, la communauté décide de construire un nouveau lieu de culte dans l’enclave anglophone bien nantie du Square Mile où elle est établie. Elle choisit un architecte né à Montréal mais de parents écossais, Alexander Cowper Hutchison (1838-1921). Il deviendra l’un des architectes les plus productifs et les plus prestigieux du Montréal victorien, en participant notamment à la construction de l’Hôtel de Ville et du musée Redpath de l’Université McGill. En 1925, l’Église Erskine rejoint la United Church of Canada. Quelques années plus tard, en 1934, l’Église Erskine United fusionne avec une autre communauté presbytérienne,  l’Église American United, située rue Dorchester (auj. boul. René-Lévesque), pour former l’Erskine and American United Church. Forte de cette communauté élargie, il faut déjà penser à modifier, agrandir et moderniser le bâtiment. En 1937-1938, pour les réaménagements majeurs de l’église Erskine and American, Percy E. Nobbs est associé à George T. Hyde, avec qui il a réalisé plusieurs bâtiments de l’Université McGill dans la tradition Arts and Crafts. Le plan intérieur est entièrement repensé, avec la construction d’un narthex, l’ajout d’un nouveau mobilier et d’ornements de style Arts and Crafts, l’installation d’un orgue Casavant et surtout la mise en place d’un ensemble unique de vitraux. Suite à la fusion des deux Églises Erskine et American, l’église American United de la rue Dorchester fut démolie. Mais auparavant, on avait pris soin de conserver son ensemble exceptionnel de vingt vitraux sortant des ateliers de la Tiffany Glass and Decorating Company.