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Kent Monkman

Trappeurs d'hommes

Artiste(s)

Kent Monkman
Né à Saint Marys (Ontario) en 1965

Titre

Trappeurs d'hommes

Date

2006

Matériaux

Acrylique sur toile, encadrement de bois

Dimensions

262 x 415 x 9 cm

Crédits

Achat, legs Horsley et Annie Townsend, don anonyme et don du Dr Ian Hutchison, inv. 2006.87

Collection

Art québécois et canadien

Au XIXe siècle, l’opinion généralement admise que les Premières Nations d’Amérique du Nord étaient vouées à l’extinction fournissait l’un de leurs thèmes préférés aux artistes romantiques tels que Paul Kane, George Catlin, Albert Bierstadt et Edward Curtis. Ces artistes faisaient peu de cas des Aborigènes civilisés qu’étaient les Cherokees et d’autres tribus qui vivaient à l’intérieur ou à proximité des colonies de l’Est et dont les usages et le sang s’étaient, à cette époque, mêlés à ceux des Européens. L’adoption de tenues vestimentaires et d’habitudes nouvelles, qui ne cadrait pas avec l’authenticité supposée de la race malheureuse, était soigneusement escamotée dans leurs peintures et photographies.


Le besoin des artistes de magnifier l’image du bon sauvage dans toute sa pureté avait pour résultat, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui, de brouiller la compréhension de la complexité des cultures des Premières Nations, en perpétuelle évolution. Pour les romantiques, si les Aborigènes n’étaient pas montrés vêtus de peaux et emplumés jusque dans leur vie quotidienne, comme on le voit sur les tableaux de Catlin et sur les photos de Curtis, ils seraient effectivement poussés sur la voie de l’extinction. Enfermés dans la poubelle de l’histoire de l’art et dans l’aile ethnographique des musées, les Premières Nations sont figées pour toujours dans ces tableaux et photos, tels les monuments d’une noble race (Catlin). Mais bien de nos nations sont toujours là — bridées par la difficulté de voir leur authenticité mesurée à l’aune de cet idéal romantique.


Cet art servait en réalité de propagande pour répandre la théorie de la race en train de disparaître : cette idée emportait l’adhésion du public euro-américain et facilitait la saisie de territoires et l’expansion des colonies vers l’Ouest. Les expulsions forcées, répétées, des peuples aborigènes loin de leurs terres « caractérisent une période singulièrement brutale et tragique de l’histoire des États-Unis, et pourtant aucune allusion à ces faits n’apparaît sur un tableau. » »1 Combien d’autres récits des Aborigènes ne sont-ils pas exclus du discours qui fait autorité en histoire de l’art ? [...]


Dans Trappeurs d’hommes, c’est un célèbre paysage de Bierstadt qui sert de fond à un tableau, lequel entremêle les éléments d’un récit où se croisent l’art, les histoires et les mythologies. Les protagonistes représentent plusieurs artistes, trappeurs, coureurs des bois, trafiquants de fourrures et explorateurs, saisis dans un instant révélateur.


Comme personnages notables, on voit, de gauche à droite : Edward Curtis accompagné de modèles, Miss Chief Eagle Testickle, Piet Mondrian, Jackson Pollock, George Catlin, Lone Dog et son décompte d’hiver (la cache du bison), Bruce Bailey Esq., Whistlejacket, Lewis et Clark, et Alexander Mackenzie.


Kent Monkman

Le 14 août 2006


1 Julie Schimmel, Inventing the Indian, tiré de The West as America : Re-interpreting Images of the Frontier, 1820-1920, National Museum of American Art, par the Smithsonian Institution Press, 1991

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