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Lettres patentes d'anoblissement

Lieu

FRANCE

Titre

Lettres patentes d'anoblissement

Date

1809 (signées par Napoléon 1er le 19 décembre)

Matériaux

Burin, inscriptions manuscrites, gouache et encre sur vélin, cire, soie

Dimensions

45,7 x 61,2 cm (approx.)

Crédits

Don de M. Michel Pasquin, inv. 2013.424

Collection

Arts graphiques

La décision de reconstituer, à partir de 1807-1808, une noblesse impériale est l’une des décisions les plus audacieuses de Napoléon, dont le pouvoir procédait directement de la Révolution et de la chute de la société d’Ancien régime. La raison d’être de cette nouvelle noblesse était de s’assurer la fidélité d’une nouvelle élite sociale et militaire pour garantir la stabilité du pouvoir en place.

La noblesse d’Ancien régime ayant été supprimée en 1789, Napoléon rétablit certains titres : il créera ainsi des princes, des ducs, des comtes, des barons et des chevaliers, titres associés à des armoiries établies en fonction de critères stricts.

Les présentes lettres patentes constituent le document officiel par lequel l’administration impériale accordait la noblesse à l’un de ses sujets. François Valterre (1759-1837), général de brigade, avait servi sous la Révolution et participé notamment à la campagne d’Italie en 1797-1798. Il incarne, parmi de nombreux autres officiers sortis du rang, cette élite militaire dont l’empereur souhaite faire les héros de son règne.

Le blason octroyé à Valterre mérite l’attention : on y remarque, dans le deuxième quart supérieur, l’épée sur fond de gueule, attributs des barons d’Empire, et dans le premier quart, la représentation stylisée du célèbre château Saint-Ange, à Rome, un monument que Valterre avait défendu, avec ses hommes, face aux Autrichiens durant la campagne d’Italie, le 27 novembre 1798. Ce fait d’armes était vraisemblablement resté dans les mémoires pour servir, onze ans plus tard, à « illustrer » le droit du général à la noblesse. Le texte autorise d’ailleurs le nouveau baron à se faire appeler désormais Valterre de Saint-Ange.

Les lettres patentes sont signées par Napoléon, depuis le palais de Trianon, l’une des résidences secondaires de l’Empereur, situé dans le parc de Versailles. Elles sont contresignées par l’archichancelier, Francois-Régis de Cambacérès, et portent le grand sceau de l’Empire.

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