Joan Miró, l’une des principales figures du surréalisme, a découvert l’art moderne à Barcelone. Dans ses dernières années de carrière, il se gardait délibérément de faire de la peinture « propre ». Sa flagrante négligence de la matière faisait état de ses nouvelles expérimentations visuelles de l’époque : brûlures, coulures, traînées, applications de peinture irrégulières. Le fond noir, le croissant de lune et la tête en forme de poisson révèlent, dans un appel à l’imaginaire, l’univers pictural de Miró. Par sa grande économie de forme et de technique, ce tableau est un exemple éloquent de la vitalité artistique d’un artiste au crépuscule de ses jours.