Alanis Obomsawin, œuvres gravées

Une artiste et sa nation : les vanniers waban-akis d’Odanak

Du 7 juin 2019 au 25 août 2019

En primeur dans un musée d’art canadien, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente les œuvres gravées d’Alanis Obomsawin : éminente cinéaste, artiste de renom et trésor culturel chéri de tous. Depuis près de cinquante ans, essentiellement en collaboration avec l’Office national du film, l’artiste membre de la Nation des Waban-Akis réalise des œuvres cinématographiques exceptionnelles ayant pour thèmes de prédilection les légendes, expériences, réminiscences, souffrances et revendications de son peuple, comme celles d’autres communautés autochtones. Avec plus de 40 estampes et 4 plaques d’impression, l’exposition Alanis Obomsawin, œuvres gravées. Une artiste et sa nation : les vanniers waban-akis d’Odanak démontre que le talent de cette grande dame est loin de se limiter au cinéma et à la musique.

Le vendredi 21 juin 2019 aura lieu la Journée nationale des peuples autochtones. À cette occasion, le MBAM offre l’accès gratuit à l’exposition.

Alanis Obomsawin a grandi à Odanak, où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Sa famille subsistait grâce à la pratique traditionnelle de la vannerie. Aujourd’hui, les membres de la communauté continuent fièrement de travailler avec du foin d’odeur et des éclisses de frêne. L’exposition comprend 12 ouvrages de leur production.

À partir des années 1960, et surtout dans les années 2000, Alanis Obomsawin s’est consacrée assidûment à la gravure, facette souvent méconnue de sa pratique. L’artiste possède un sens remarquable de la couleur et de son potentiel évocateur, en plus de se servir avec inspiration de papiers raffinés fabriqués à la main.

Certaines de ses compositions sont tirées de ses rêves. D’autres œuvres se rattachent plus généralement aux expériences des Waban-Akis. Au sujet des nombreuses représentations de mères avec leurs enfants, elle explique : « J’ai réalisé cette série de gravures pour rendre hommage aux femmes, elles qui possèdent le plus grand des pouvoirs : donner la vie… Dans les temps anciens, la mère et son enfant étaient inséparables, au travail comme à la maison. »

À propos de l'artiste

Alanis Obomsawin est une figure de proue du cinéma autochtone canadien. Riche de plus de 50 titres, sa production filmique comprend des documentaires marquants comme On ne peut pas faire deux fois la même erreur, Waban-Aki : peuple du soleil levant, Kanehsatake, 270 ans de résistance, Richard Cardinal : le cri d’un enfant métis, Sans adresse et Mère de tant d’enfants. L’un des premiers documentaires de l’artiste donne la parole à une aînée crie de 108 ans, Agatha Marie Goodine : « Le Grand Esprit a créé une femme et l’a fait mère de nombreux enfants. Le Grand Esprit a de l’affection et de la sympathie pour la femme. [Quand elle] prend la parole, il faut lui porter le plus grand respect, de même qu’à ses enfants, [qui sont] si précieux. »

Parallèlement au cinéma, Obomsawin mène avec brio une carrière d’auteure, de conteuse et de chanteuse ; sa musique croise chants traditionnels et compositions originales. Elle a reçu d’innombrables distinctions, notamment le prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, les grades d’officière de l’Ordre du Canada et de grande officière de l’Ordre national du Québec, le prix Pioneer de l’International Documentary Association, de même que plusieurs récompenses internationales et doctorats honorifiques. Son œuvre a fait le tour des festivals canadiens et européens et a été exposée au Museum of Modern Art (MoMA) de New York. Depuis 2018, cette « Grande Montréalaise » est immortalisée sur une murale de notre métropole, près de la station Atwater.

Crédits et commissariat

Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec Alanis Obomsawin et la Nation Waban-Aki. Le commissariat est assuré par Hilliard T. Goldfarb, conservateur sénior – Collections et conservateur des maîtres anciens, MBAM.